vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301453 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 avril 2023, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 10 mars 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Eure ne lui a accordé qu'une remise partielle de son indu d'aide personnalisée au logement (APL) de 166,01 euros, ainsi que la remise gracieuse de sa dette.
Elle soutient que :
- elle est de bonne foi dès lors qu'elle n'a pas effectué de déclaration tardive, ses déclarations trimestrielles de ressources étant effectuées dans les délais impartis ;
- elle se trouve dans une situation financière précaire, son foyer ne disposant que d'un salaire pour subvenir aux besoins de la famille.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 août 2023, la CAF de l'Eure, représentée par son directeur, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la requérante n'est pas fondée à demander une remise gracieuse supplémentaire dès lors qu'elle ne justifie pas de la précarité de sa situation.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Deflinne en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Deflinne, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
A l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, qui bénéficie d'un droit à l'APL, s'est vu réclamer, par courrier du 18 décembre 2022, la somme de 166,01 euros au titre d'un indu de cette aide afférent à la période du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2022. L'intéressée a sollicité la remise gracieuse de sa dette par courrier du 29 janvier 2023. Par décision du 10 mars 2023, le directeur de la CAF de l'Eure a partiellement fait droit à sa demande. Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler cette décision et de lui accorder la remise gracieuse de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable, en vertu des dispositions de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, aux aides personnelles au logement, dont fait partie l'aide personnalisée au logement, dans sa rédaction applicable au litige : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, () par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnalisée au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. Il est constant que, pour justifier l'indu en litige, la CAF reproche à Mme A de ne pas avoir déclaré la pension alimentaire qu'elle a perçue en 2021 dans ses déclarations trimestrielles de ressources.
5. Tout d'abord, Mme A a bénéficié d'une remise partielle de sa dette à hauteur de 41,50 euros, par décision du 10 mars 2023 du directeur de la CAF de l'Eure, laissant à sa charge la somme de 124,51 euros.
6. Ensuite, pour solliciter une nouvelle remise gracieuse de sa dette, Mme A, qui invoque ses difficultés financières, soutient notamment que son foyer composé d'elle-même, de son conjoint et de leurs deux enfants en bas-âge ne dispose que d'un salaire pour subvenir à leurs besoins. Elle ne produit toutefois, au soutien de ses allégations, aucune pièce de nature à justifier de la réalité de ses ressources et de ses charges. De plus, la requérante ne conteste pas que, si son quotient familial s'élevait à 649 euros au moment de l'examen de sa demande de remise gracieuse, les ressources mensuelles de son foyer s'élevaient à plus de 1 900 euros en juillet 2023. Dans ces conditions, Mme A ne justifie pas être actuellement dans une situation de précarité telle qu'elle serait dans l'incapacité de rembourser l'intégralité de l'indu restant à sa charge, soit la somme de 124,51 euros. Par suite, il n'y a pas lieu d'accorder à Mme A une remise supplémentaire de son indu d'APL.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à B A, à la caisse d'allocations familiales de l'Eure et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
T. DEFLINNE La greffière,
Signé
C. DUPONT
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
C. DUPONT
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