vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301635 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 17 avril 2023 et le 17 décembre 2023, M. A B, demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime (CAF) a rejeté son recours exercé à l'encontre de la décision mettant fin à son droit à la prime d'activité et de le rétablir dans ses droits à la percevoir.
Il soutient que :
* sa situation n'a pas changé et que son fils est toujours à sa charge ;
* le plafond de ressources pour une personne seule est de 2 029 euros en 2023.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 21 novembre 2023 et le 11 janvier 2024, la CAF de la Seine-Maritime, représentée par son directeur, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
* la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Deflinne en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
* la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
* les autres pièces du dossier.
Vu :
* le code de la sécurité sociale ;
* le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Deflinne, magistrat désigné, ayant été entendu au cours de l'audience publique.
À l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a régulièrement bénéficié de la prime d'activité. Suite à la déclaration de ressources effectuée le 5 novembre 2022, le montant de la prime servie était modifiée, ce dont l'intéressé a été averti par courrier du 6 novembre 2022. Par courriel du 23 janvier 2023, M. B contestait le montant de prime nouvellement attribué. Après une explication adressée au requérant le 28 janvier 2023, M. B saisissait la commission de recours amiable de la CAF par courrier du 7 février 2023. Sa demande a été rejetée, ce dont il a été informé par courrier du 25 avril 2023. M. B demande l'annulation de cette décision et le rétablissement de son droit à perception de la prime d'activité.
2. Il appartient au juge administratif, saisi de conclusions dirigées contre une décision modifiant le montant de la prime d'activité servie, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et notamment des pièces justificatives le cas échéant produites en cours d'instance par le requérant. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé pour la période courant à compter de la date de suspension des droits et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 512-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne française ou étrangère résidant en France, au sens de l'article L. 111-2-3, ayant à sa charge un ou plusieurs enfants résidant en France, bénéficie pour ces enfants des prestations familiales dans les conditions prévues par le présent livre sous réserve que ce ou ces derniers ne soient pas bénéficiaires, à titre personnel, d'une ou plusieurs prestations familiales, de l'allocation de logement sociale ou de l'aide personnalisée au logement. () "
4. Il résulte de l'instruction que le fils de M. B bénéficiait, au cours de la période en litige, de l'aide personnalisée au logement, de sorte que c'est sans erreur de droit ni d'appréciation que la CAF a considéré, en application des dispositions du code de la sécurité sociale citées au point précédent, qu'il ne pouvait plus être regardé comme à la charge de l'intéressé pour évaluer le droit de ce dernier à bénéficier de la prime d'activité.
5. En second lieu, M. B se borne à soutenir que le droit à la prime d'activité est ouvert pour les personnes seules dont les ressources sont inférieures à 2 029 euros sans apporter aucun élément au soutien de cette argumentation et sans remettre en cause les éléments produits par la CAF de la Seine-Maritime. Par suite, le moyen tiré de ce que la CAF aurait appliqué un barème erroné, qui n'est pas assorti des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé, doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions de la requête doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la caisse d'allocations familiales de Seine-Maritime et à la ministre du travail et de l'emploi.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024
Le magistrat désigné,
Signé
T. DEFLINNE
La greffière,
Signé
C. DUPONT
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
C. DUPONT
N°2301635
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