mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301754 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 4 |
| Avocat requérant | LAUNOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 avril 2023, M. A, représenté par la SELARL " Launois Fondaneche " (Me Launois), demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 septembre 2022 par laquelle la commission de médiation de la Seine-Maritime a rejeté son recours tendant à reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande d'hébergement présentée sur le fondement du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
2°) d'annuler la décision du 23 novembre 2022 par laquelle la commission de médiation de la Seine-Maritime a rejeté son recours gracieux ;
3°) d'enjoindre à la commission de médiation de la Seine-Maritime de la reconnaître prioritaire et de prononcer un accueil dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la décision litigieuse :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de la demande ;
- méconnaît les dispositions des articles L. 300-1 et L. 441-2-3, III du code de la construction et de l'habitation, qu'en outre le préfet y a ajouté une condition ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation concernant sa situation ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Van Muylder a été entendu au cours de l'audience publique, en présence de M. Mialon, greffier.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant bangladais, est entré sur le territoire français avec sa compagne et ses deux enfants, et a été admis dans un logement du centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA). Depuis le 15 mars 2021, M. A et sa famille sont domicilié au CCAS de Rouen. Par une décision du 16 février 2021 l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) a rejeté la demande d'asile de M. A et celle de sa compagne. La famille du requérant s'est maintenue dans le logement au sein du CADA, malgré la décision de rejet de leurs demandes d'asile. Le 30 août 2022, M. A a saisi la commission de médiation de la Seine-Maritime sur le fondement du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, en vue d'une offre d'hébergement ou une offre de logement de transition, logement-foyer ou résidence à vocation hôtelière. Par une décision du 28 septembre 2022, le recours amiable de M. A a été rejeté par la commission de médiation du fait de régularité de séjour du requérant. La commission de médiation de la Seine-Maritime a ensuite rejeté le recours gracieux du requérant, formé le 28 octobre 2022, par une décision du 23 novembre 2022, sur les mêmes motifs. M. A demande l'annulation des deux décisions de rejet de la commission de médiation, des 28 septembre et 23 novembre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que, pour rejeter sa demande, la commission de médiation s'est fondée sur les dispositions des articles L. 300-1 et L. 441-2-3, III, du code de la construction et de l'habitation. La commission a retenu que le requérant ne dispose d'aucun titre de séjour ni aucune ressource, qu'il n'a donné aucune suite aux offres d'aide au retour proposées par l'OFII et n'a engagé aucune démarche effective en vue d'une solution alternative de relogement ou hébergement, que dès lors le droit à l'hébergement opposable ne peut orienter que vers un hébergement stable permettant de bénéficier d'un accompagnement adapté vers le logement, quelle que soit la dénomination de ladite structure. Dès lors, la décision litigieuse mentionne les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision attaquée et permet ainsi à l'intéressée d'en contester utilement le bien-fondé. Il ne ressort pas plus des pièces du dossier que la commission de médiation n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. A. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen sérieux de sa demande ne peuvent qu'être écartés.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1. " Aux termes du III de l'article L. 441-2-3 du même code : " La commission de médiation peut également être saisie, sans condition de délai, par toute personne qui, sollicitant l'accueil dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande. Si le demandeur ne justifie pas du respect des conditions de régularité et de permanence du séjour mentionnées au premier alinéa de l'article L. 300-1, la commission peut prendre une décision favorable uniquement si elle préconise l'accueil dans une structure d'hébergement. () ". Il résulte des textes précités que la commission ne peut refuser d'examiner une demande d'hébergement qui lui est soumise au seul motif de l'irrégularité du séjour de l'intéressée.
4. Il ressort des pièces du dossier que la commission de médiation de la Seine-Maritime a rejeté le recours amiable formé par M. A, ainsi que son recours gracieux, au motif que sa demande était irrecevable dès lors qu'il ne disposait d'aucun titre de séjour ni d'aucune ressource, et qu'il n'a donné aucune suite aux offres d'aide au retour proposées par l'OFII et n'a engagé aucune démarche effective en vue d'une solution alternative de relogement ou hébergement. Si la commission de médiation ne pouvait rejeter le recours amiable de M. A en se fondant exclusivement sur sa situation administrative sans reconnaître les dispositions du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation précitées, la commission a également recherché si le requérant présentait par ailleurs les conditions lui ouvrant droit à ce dispositif d'urgence dans une structure d'hébergement. C'est également en se fondant sur le motif tiré du fait que M. A ne justifie pas avoir donné de suite aux offres d'aide au retour proposées par l'OFII et n'a engagé aucune démarche effective en vue d'une solution d'hébergement, que la commission de médiation de la Seine-Maritime a rejeté le recours amiable ainsi que le recours gracieux formés par M. A. Dès lors, M. A, qui ne justifie pas remplir les conditions lui ouvrant droit au dispositif d'urgence, ne peut se prévaloir que la commission de médiation aurait méconnu les dispositions de l'article L. 300-1 et du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation précitées. Par suite, le moyen soulevé en ce sens ne peut qu'être écarté.
5. En troisième lieu, il ressort de ce qui a été dit au point précédent que la commission de médiation de la Seine-Maritime n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. M. A soutient qu'il vit dans des conditions de précarité en dépit de sa bonne volonté, de ses démarches de régularisation et de ses recherches de relogement, qu'il est marié et que sa compagne présente des problèmes graves de santé, et qu'il est père de deux enfants dont le dernier est né en France. Toutefois, en tout état de cause, dès lors que le rejet de la demande de logement de M. A a été pris en application des dispositions mentionnées au point 3 ci-dessus, la requérante ne saurait se prévaloir, à l'encontre de la décision litigieuse, de la méconnaissance par l'administration des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation des décisions du 28 septembre et 23 novembre 2022 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions relatives aux frais de l'instance doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Launois et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
La magistrate désignée,
C. VAN MUYLDER
Le greffier,
J-B. MIALON
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026