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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2301801

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2301801

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2301801
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation-

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 mai 2023, Mme C B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 14 avril 2023 par laquelle une remise gracieuse de son indu de prime d'activité de 912,09 euros lui a été accordée à hauteur de la seule somme de 228,02 euros ;

2°) de lui accorder la remise gracieuse totale de sa dette.

Mme B soutient que l'indu est lié à une erreur commise par la caisse d'allocations familiales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Le directeur soutient que la précarité de la requérante n'est pas démontrée.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Jeanmougin en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;

- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

A l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B demande au tribunal, d'une part, d'annuler la décision du 14 avril 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime lui a accordé une remise gracieuse de son indu de prime d'activité de 912,09 euros à hauteur de la seule somme de 228,02 euros et, d'autre part, de lui accorder la remise gracieuse totale de sa dette.

2. En premier lieu, il résulte de l'instruction, compte tenu des termes du recours du 10 février 2023 présenté par M. A, compagnon de Mme B, et de l'absence de réponse explicite apportée par la caisse d'allocations familiales, que la caisse doit être regardée comme ayant implicitement rejeté le recours exercé par Mme B contre l'indu de prime d'activité mis à sa charge. A supposer que la requérante ait entendu attaquer ce rejet implicite, elle se borne à faire état d'une prétendue erreur qu'aurait commise la caisse d'allocations familiales, alors qu'il résulte de l'instruction que Mme B a omis de déclarer les salaires perçus par son fils entre janvier et août 2021, dont la prise en compte a généré l'indu en litige. Mme B n'établit donc pas que l'indu ne serait pas fondé dans son principe et dans son montant.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, aux aides personnelles au logement, dont fait partie l'aide personnalisée au logement : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, () par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. ".

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant totalement ou partiellement une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

5. Mme B ne conteste pas que les ressources mensuelles de son foyer, composé désormais de son compagnon et d'elle-même, étaient au jour de l'examen de sa demande de remise de dette supérieures à 1 900 euros et que son quotient familial, qui était de 830 euros, est de 865 euros depuis octobre 2023. La requérante n'allègue pas, dans sa requête, être en situation financière précaire et ne produit aucune pièce justifiant des ressources et des charges de son foyer. Dès lors, Mme B n'établit pas être dans une situation de précarité telle qu'elle ne pourrait pas faire face, au jour du jugement, au paiement de sa dette d'un montant restant dû de 684,07 euros et alors qu'elle pourra demander à la caisse d'allocations familiales un échéancier de remboursement.

6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition de bonne foi, que Mme B n'est fondée à demander ni l'annulation de la décision implicite rejetant le recours exercé contre l'indu de prime d'activité mis à sa charge ni l'annulation de la décision du 14 avril 2023 de remise gracieuse partielle. Elle n'est pas non plus fondée à demander la remise gracieuse totale de sa dette.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.

La magistrate désignée,

signé

H. JEANMOUGINLe greffier,

signé

J.-L. MICHEL

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2301801

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