mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301870 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | - |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mai 2023 et un mémoire en production de pièces enregistré le 22 mai 2023, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 mars 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a refusé de lui accorder une remise gracieuse de son indu d'aide personnelle au logement de 1 761,94 euros ;
2°) de lui accorder la remise gracieuse totale de sa dette.
M. B soutient qu'il a toujours fait les démarches nécessaires et qu'il se trouve dans une situation financière précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le directeur soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Jeanmougin en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
A l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au tribunal, d'une part, d'annuler la décision du 21 mars 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a refusé de lui accorder une remise gracieuse de son indu d'aide personnelle au logement de 1 761,94 euros et, d'autre part, de lui accorder la remise gracieuse de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, applicable aux aides personnelles au logement, dont fait partie l'aide personnalisée au logement : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, () par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'allocation personnalisée de logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. M. B ne conteste pas que les ressources mensuelles de son foyer, composé de lui-même et de sa fille désormais majeure, étaient au jour de l'examen de sa demande de remise de dette supérieures à 1 400 euros et que son quotient familial, qui était de 764 euros, est de 896 euros depuis novembre 2023. Le requérant ne précise en outre pas s'il partage ses charges locatives avec Mme C B, mentionnée sur la quittance de loyer qu'il produit. Dès lors, M. B n'établit pas être dans une situation de précarité telle qu'il ne pourrait pas faire face, au jour du jugement, au paiement de sa dette d'un montant restant dû de 1 761,94 euros et alors qu'il pourra demander à la caisse d'allocations familiales un échéancier de remboursement.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition de bonne foi, que M. B n'est fondé à demander ni l'annulation de la décision du 21 mars 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a refusé de lui accorder la remise gracieuse de son indu d'aide personnelle au logement de 1 761,94 euros ni la remise gracieuse de sa dette.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La magistrate désignée,
signé
H. JEANMOUGINLe greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2301870
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