mardi 16 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301887 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCP THEMIS AVOCATS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 mai 2023, M. B, représenté par la SCP Themis Avocats et Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur du centre de détention de Val-de-Reuil a refusé de lui délivrer la copie de la décision ordonnant sa fouille à nu le 28 novembre 2022 ;
2°) d'enjoindre au directeur du centre de détention de Val-de-Reuil de lui communiquer la décision sollicitée dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le refus de communication de la décision sollicitée méconnait les articles L. 311-1 et L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision sollicitée est communicable.
Par un mémoire, enregistré le 8 août 2023, le ministère de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la décision faisant l'objet de la demande de communication est inexistante.
Par lettre du 28 août 2023, M. B a été invité à confirmer expressément le maintien de ses conclusions en application de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative.
Par une lettre du 5 septembre 2023, le requérant a confirmé le maintien de sa requête.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens
() ".
2. Aux termes de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargés d'une telle mission ". Aux termes de l'article L.311-1 du même code : " () Les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de () communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande ".
3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'historique des fouilles individuelles de M. B au centre de détention de Val-de-Reuil, produit en défense, que celui-ci n'a fait l'objet d'aucune fouille le 28 novembre 2022. Dans ces conditions, les conclusions par lesquelles M. B demande l'annulation de la décision refusant la communication d'une décision matériellement inexistante sont manifestement irrecevables et doivent être rejetées en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Ses conclusions aux fins d'injonction, ainsi que celles qu'il présente sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ne peuvent, par suite, qu'être également rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Fait à Rouen, le 16 janvier 2024.
La présidente de la 2ème chambre,
P. Bailly
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
ah
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