mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301965 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | - |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 mai 2023 et un mémoire enregistré le 27 février 2024, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 mars 2023 par laquelle une remise gracieuse de son indu de prime d'activité de 660,27 euros lui a été accordée à hauteur de la seule somme de 165,07 euros ;
2°) de lui accorder la remise gracieuse totale de sa dette.
Elle soutient que l'indu est lié à une erreur commise par la caisse d'allocations familiales et qu'elle est dans une situation financière précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le directeur soutient que la requérante a obtenu une remise supplémentaire le 8 juin 2023 et la précarité de la requérante ne justifie pas une remise supplémentaire.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Jeanmougin en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
A l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B demande au tribunal, d'une part, d'annuler la décision du 21 mars 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime lui a accordé une remise gracieuse de son indu de prime d'activité de 660,27 euros à hauteur de la seule somme de 165,07 euros et, d'autre part, de lui accorder la remise gracieuse totale de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant totalement ou partiellement une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
4. Il résulte de l'instruction que la caisse d'allocations familiales a accordé à Mme B en juin 2023, postérieurement à l'introduction de la requête, une remise supplémentaire de 123,80 euros. La requérante, qui vit seule avec une enfant mineure, argue essentiellement de la précarité de sa situation professionnelle mais ne produit pas de pièces justifiant de la réalité de ses ressources et de ses charges courantes. Elle ne conteste pas que ses ressources mensuelles étaient de près de 3 000 euros au moment de l'examen de sa demande de remise et que son quotient familial était de 977 euros. Dès lors Mme B, qui ne démontre aucune aggravation de sa situation financière, n'établit pas être dans une situation de précarité telle qu'elle ne pourrait pas faire face, au jour du jugement, au paiement de sa dette d'un montant restant dû de 371,40 euros et alors qu'elle pourra demander à la caisse d'allocations familiales un échéancier de remboursement.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition de bonne foi, que Mme B n'est fondée à demander ni l'annulation de la décision de remise gracieuse partielle ni la remise gracieuse totale de sa dette.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La magistrate désignée,
signé
H. JEANMOUGINLe greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2301965
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