mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2302235 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | MONANGE VICTOIRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juin 2023, M. E G, représenté par Me Monange, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 avril 2023 par laquelle le président du conseil départemental de la Seine-Maritime a rejeté son recours préalable contre un indu de revenu de solidarité active et de le décharger de l'obligation de payer cet indu ;
2°) d'enjoindre au directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime de rembourser les sommes prélevées et de le rétablir dans ses droits au revenu de solidarité active ou à titre subsidiaire d'enjoindre au président du conseil départemental de la Seine-Maritime de lui accorder la remise gracieuse de son indu ;
3°) de mettre à la charge du département de la Seine-Maritime la somme de 1 800 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. G soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, faute de saisine de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales pour avis ;
- elle a été prise sur la base d'un rapport de contrôle réalisé par un agent dont l'agrément et l'assermentation ne sont pas établis ;
- il avait des motifs légitimes de prolonger son séjour à l'étranger et ne peut être regardé comme ayant séjourné à l'étranger plus de trois mois par année civile 2021 et 2022 et avait donc droit à la prime de solidarité et aux primes exceptionnelles de fin d'année ;
- il remplit les conditions pour bénéficier d'une remise gracieuse de son indu.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2023, et un mémoire en production de pièces du 19 juin 2024 non communiqué, le département de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Jeanmougin en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport.
A l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. G demande au tribunal d'annuler la décision du 13 avril 2023 par laquelle le président du conseil départemental de la Seine-Maritime a rejeté son recours préalable contre un indu de revenu de solidarité active socle de 12 051,60 euros au titre de la période de janvier 2021 à décembre 2022.
2. Lorsque le juge administratif est saisi d'un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur, et enfin des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, de la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. En premier lieu, la décision en litige a été prise par Mme F C qui disposait, en qualité de responsable de l'unité allocations RSA par intérim d'une délégation de signature du président du département de la Seine-Maritime pour la prendre, par arrêté n° 2023-252 du 23 mars 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du département du même jour. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision relative au revenu de solidarité active doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. () " Aux termes de l'article R. 262-89 du même code : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. / Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée. ".
5. L'article 3 de la convention de gestion du revenu de solidarité active conclue entre la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime et le département de la Seine-Maritime, dont ce dernier verse un extrait aux débats, prévoit explicitement que l'avis de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales ne sera pas requis pour les recours administratifs dirigés contre une décision relative au revenu de solidarité active. Par suite, M. G n'est pas fondé à soutenir que la décision est entachée d'un vice de procédure faute de saisine de la commission de recours amiable.
6. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que le rapport de contrôle fondant l'indu en litige a été rédigé par Mme B A épouse D qui disposait d'un agrément du 25 juillet 2014 du directeur de la caisse nationale des allocations familiales et d'une assermentation du 19 novembre 2013.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () " Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ".
8. Il résulte de l'instruction que M. G a été hospitalisé en Tunisie, où il affirme d'être rendu le 23 juin 2021, du 20 juillet 2021 au 2 septembre 2021, du 10 au 11 septembre 2021 puis du 14 octobre 2021 au 9 novembre 2021. L'intéressé, qui n'établit ni être rentré en France pendant l'année 2021 ni que son retour était médicalement impossible, a donc séjourné hors de France pendant plus de trois mois et n'avait droit au revenu de solidarité active qu'au titre des mois civils de l'année 2021 pendant lesquels il avait été présent en France pendant toute leur durée. Si l'intéressé produit un billet d'avion de la France vers la Tunisie pour le 23 juin 2021, il n'établit pas l'avoir utilisé de manière effective alors que son passeport comporte un tampon d'entrée à l'étranger le 21 décembre 2020 et n'apporte aucune pièce démontrant ni sa présence en France entre le 1er janvier 2021 et le 22 juin 2021 ni l'origine des sommes créditées sur son compte bancaire. Au titre de 2022, M. G admet avoir été hors de France en janvier et février, du 15 mars au 13 mai, du 12 au 15 juillet, du 20 au 26 octobre, du 18 au 28 novembre et du 12 au 31 décembre et il n'apporte aucune pièce démontrant qu'il aurait résidé en France en juin, août et septembre 2022. Par suite, M. G ne justifie pas qu'il résidait en France de manière stable et effective pendant la période de l'indu en litige et qu'il avait droit au versement du revenu de solidarité active et d'autres allocations exceptionnelles entre janvier 2021 et décembre 2022. Il n'est donc pas fondé à remettre en cause le bien-fondé de l'indu en litige, dans son principe comme dans son montant.
9. En dernier lieu, la circonstance que M. G remplirait les conditions pour bénéficier d'une remise gracieuse de son indu, ce qu'il n'a pas demandé au président du conseil départemental et alors qu'il ne relève pas de l'office du juge d'accorder directement une remise gracieuse, est sans influence sur le bien-fondé de l'indu mis à sa charge.
10. Il résulte de ce qui précède que M. G n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 13 avril 2023 de rejet du recours dirigé contre l'indu de revenu de solidarité active de 12 051,60 euros au titre de la période de janvier 2021 à décembre 2022 ni, par voie de conséquence, la décharge de l'obligation de payer cette somme. Par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction et au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E G et au département de la Seine-Maritime.
Copie en sera adressée, pour information à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La magistrate désignée,
signé
H. JEANMOUGINLe greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2302235
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026