jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2302818 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 3 |
| Avocat requérant | MORIVAL AMISSE MABIRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 et 13 juillet 2023, le préfet de la Seine-Maritime défère au tribunal, comme prévenu d'une contravention de grande voirie, M. B C et conclut à ce que le tribunal :
1°) constate que les faits établis par le procès-verbal du 17 juin 2023, constituent les contraventions prévues et réprimées aux articles R. 5333-10 et R. 5333-24 du code des transports ;
2°) condamne M. B C au paiement des amendes de 3 750 euros et 22 500 euros prévues par les articles L. 5337-4 du code des transports et L. 945-4 du code rural et de la pêche maritime.
Le préfet de la Seine-Maritime soutient que :
- le 16 juin 2023, le navire de plaisance appartenant et commandé par M. C a accosté sur le ponton de la vedette de la gendarmerie dans l'arrière port du port de Dieppe ;
- le 16 juin 2023, M. C a pratiqué la pêche à la ligne dans l'arrière port du port de Dieppe ;
- ces faits sont constitutifs de contraventions de grande voirie prévues et réprimées par les articles R. 5333-10 et R. 5333-24 du code des transports ;
- le contrevenant est passible de deux amendes d'un montant respectif de 3 750 euros et 22 500 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2023, M. B C, représenté par Me Corinne Morival, soutient qu'il n'a pas prêté attention au fait qu'il s'était amarré sur le ponton de la vedette de gendarmerie alors qu'il attendait que la marée soit haute pour pouvoir sortir du port et qu'il reconnait avoir fait usage de sa canne à pêche. Il demande au tribunal de réduire à juste proportion la peine qui sera prononcée.
Vu :
- le procès-verbal du 17 juin 2023 ;
- la notification du procès-verbal à M. B C, comportant invitation à produire une défense écrite ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des transports ;
- le code pénal ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 774-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus à l'audience publique :
- Le rapport de Mme A,
- Les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1.Un procès-verbal de contravention de grande voirie a été dressé le 17 juin 2023 à l'encontre de M. B C pour avoir, le 16 juin 2023, d'une part, amarré son navire de plaisance dans l'arrière port du port de Dieppe au ponton réservé à la vedette de la gendarmerie maritime YSER, d'autre part, pour avoir pratiqué la pêche à la ligne depuis ce navire alors que l'article 27 du règlement particulier de police du port de Dieppe l'interdit.
2. Aux termes de l'article L 5335-3 du code des transports : " Il est interdit de laisser les marchandises séjourner sur les quais, terre-pleins et dépendances d'un port maritime au-delà du délai prévu par le règlement général de police ou, si le délai prévu est plus long, par le règlement particulier ". L'article L 5335-4 du même code rend applicables les dispositions de l'article L 5335-4 aux " véhicules, objets, matériaux ou autres, dès lors qu'ils stationnent ou ont été déposés sans autorisation sur les quais, terre-pleins et dépendances d'un port maritime. Selon l'article R 5333-24 du même code : " Dans les limites administratives du port, il est interdit, sauf si le règlement particulier du port en dispose autrement ou si une autorisation exceptionnelle est accordée par l'autorité portuaire : 1° De rechercher et de ramasser des végétaux, des coquillages et autres animaux marins ; 2° De pêcher ; 3° De se baigner. ".
3. M. C ne conteste pas avoir commis les faits reprochés, lesquels sont au demeurant établis par le procès-verbal du 17 juin 2023. La circonstance que le contrevenant n'aurait pas prêté attention au fait qu'il s'amarrait sur un ponton qui n'était pas accessible à son navire ou celle que sa pêche aurait été infructueuse n'est pas de nature à l'exonérer de sa responsabilité. Ils sont constitutifs de deux contraventions de grande voirie.
4. Aux termes de l'article L. 5337-4 du code des transports: " Est puni de 3 750 € d'amende le fait, pour le propriétaire ou la personne responsable qui en a la garde :
() 2° De laisser stationner ou de déposer sans autorisation des véhicules, objets, matériaux ou autres en violation de l'article L. 5335-4 ". Aux termes de l'article R. 5337-1 du même code: " Constitue une contravention de grande voirie la violation des interdictions ou le manquement aux obligations prévues par le règlement général de police défini au chapitre III et par les règlements locaux le complétant. / Sauf disposition législative contraire, ces contraventions sont punies de l'amende prévue par le premier alinéa de l'article L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques. ". Aux termes de l'article L 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve des textes spéciaux édictant des amendes d'un montant plus élevé, l'amende prononcée pour les contraventions de grande voirie ne peut excéder le montant prévu par le 5° de l'article 131-13 du code pénal ", soit la somme de 1500 euros. Enfin, selon l'article 132-7 du code pénal : " Par dérogation aux dispositions qui précèdent, les peines d'amende pour contraventions se cumulent entre elles et avec celles encourues ou prononcées pour des crimes ou délits en concours ".
5. Lorsqu'il retient la qualification de contravention de grande voirie s'agissant des faits qui lui sont soumis, le juge est tenu d'infliger une amende au contrevenant. Alors même que les dispositions précitées ne prévoient pas de modulation des amendes, le juge, qui est le seul à les prononcer, peut toutefois, dans le cadre de ce contentieux répressif, moduler leur montant dans la limite du plafond prévu par la loi et du plancher que constitue le montant de la sanction directement inférieure, pour tenir compte de la gravité de la faute commise, laquelle est appréciée au regard de la nature du manquement et de ses conséquences.
6. Par application des dispositions des articles L 5337-4 et R 5337-1 du même code, ces dernières devant être substituées à l'article L 945-4 du code rural et de la pêche maritime invoqué par le préfet de la Seine-Maritime qui n'est applicable que par le juge judiciaire de la répression, le montant maximum de l'amende encourue par M. C est de 5250 euros. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de le condamner à payer une amende de 1 000 euros.
D É C I D E :
Article 1er : M. B C est condamné à payer une amende de 1 000 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Seine-Maritime pour notification à M. B C dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024
La magistrate désignée,
signé
A. ALe greffier,
signé
H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
S. Combes
N°2302818
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026