LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2303121

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2303121

mardi 11 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2303121
TypeDécision
PublicationC
Formation1 ère Chambre
Avocat requérantEDEN AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen a rejeté la requête de Mme D, ressortissante burkinabé, qui contestait le refus du préfet de la Seine-Maritime d’autoriser le regroupement familial pour son enfant. Le tribunal a jugé que la décision attaquée était suffisamment motivée et que le préfet avait légalement appliqué les articles L. 434-7 et L. 434-8 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, en retenant que les ressources de Mme D, inférieures au seuil réglementaire, ne permettaient pas de subvenir aux besoins de sa famille. Les moyens tirés de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne des droits de l’homme et de l’article 3 de la convention internationale des droits de l’enfant ont également été écartés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2023, et des mémoires en production de pièces, enregistrés le 3 août 2023, le 5 juillet 2024 et le 19 février 2025, Mme B D, représentée par la SELARL Eden Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 15 novembre 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé l'autorisation de regroupement familial sollicitée au bénéfice de son enfant A C ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime d'autoriser le regroupement familial demandé ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande, le tout dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte journalière de 100 euros ;

3°) de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de l'État en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, à titre subsidiaire, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme D soutient que la décision attaquée :

- est insuffisamment motivée ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- a été prise sans examen de sa situation particulière ;

- est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet a méconnu l'étendue de son champ de compétence et s'est cru tenu par la condition relative aux ressources ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu :

- la décision du 14 juin 2023 par laquelle Mme D a été admise à l'aide juridictionnelle totale ;

- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jeanmougin, première conseillère,

- et les observations de Me Vérilhac, pour Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante du Burkina-Faso, demande au tribunal d'annuler la décision du 15 novembre 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime lui a refusé l'autorisation de regroupement familial au bénéfice de son enfant A C et la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

2. En premier lieu, d'une part, la décision du 15 novembre 2022 comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée et est, nonobstant la circonstance qu'elle ne vise pas la convention internationale relative aux droits de l'enfant, suffisamment motivée. D'autre part, Mme D n'établissant pas avoir demandé la communication des motifs de la décision implicite rejetant son recours gracieux, n'est pas fondée à soutenir que cette dernière décision n'est pas motivée.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille () " Aux termes de l'article L. 434-8 de ce code : " Pour l'appréciation des ressources mentionnées au 1° de l'article L. 434-7 toutes les ressources du demandeur et de son conjoint sont prises en compte, indépendamment des prestations familiales, de l'allocation équivalent retraite et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 5423-1 et L. 5423-2 du code du travail. / Ces ressources doivent atteindre un montant, fixé par décret en Conseil d'Etat, qui tient compte de la taille de la famille du demandeur et doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième. () " Aux termes de l'article R. 434-4 du même code " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : 1° Cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes ; 2° Cette moyenne majorée d'un dixième pour une famille de quatre ou cinq personnes () "

4. La décision du 15 novembre 2022 est motivée par la circonstance que Mme D a perçu, dans les douze mois précédant sa demande de regroupement familial, des revenus mensuels moyens de 883,51 euros nets alors que le montant exigé par la réglementation était, pour une famille composée alors de trois personnes, de 1 237,75 euros nets mensuels. La requérante soutient qu'elle n'a jamais cessé de percevoir des ressources depuis juillet 2020 mais reconnaît, sans contester le montant retenu par le préfet, qu'elle a perçu, au cours de la période de référence courant de janvier 2021 à janvier 2022, des " revenus légèrement inférieurs au montant exigé ". Elle ne peut, en outre, utilement se prévaloir de prestations familiales perçues postérieurement à la décision en litige et elle n'établit pas avoir signé le contrat à durée indéterminée à temps partiel qui lui a été proposé en janvier 2024. Enfin, il ne ressort pas des pièces récemment produites par l'intéressée qu'elle percevrait des ressources correspondant au montant mensuel du SMIC majoré d'un dixième ou suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille désormais composée de quatre personnes. Par suite, Mme D n'établit pas que les décisions en litige ont été prises en méconnaissance des dispositions de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. En troisième lieu, il ressort des termes de la décision en litige que le préfet de la Seine-Maritime a pris en compte la situation personnelle et familiale de son fils né en avril 2005 et résidant au Burkina-Faso et il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen de la situation particulière de Mme D avant de lui refuser l'autorisation de regroupement familial ou qu'il se serait cru lié par la condition relative aux ressources. Les moyens tirés du défaut d'examen et de l'erreur de droit doivent donc être écartés.

6. En dernier lieu, Mme D n'apporte pas la preuve, par les pièces qu'elle produit, d'une amélioration de sa situation financière depuis la décision en litige lui permettant de subvenir aux besoins de sa famille de quatre personnes. Si Mme D fait état de la situation sécuritaire au Burkina-Faso, elle n'établit par aucune pièce ni allégation précise que son fils, âgé de 17 ans à la date de la décision du 15 novembre 2022, serait exposé à des risques particuliers dans ce pays dans lequel il a toujours vécu et où il réside avec son père. Elle ne justifie d'ailleurs pas entretenir de liens avec cet enfant qu'elle a quitté lorsqu'il avait 10 ans. Le refus d'autoriser son regroupement familial ne porte donc pas atteinte à l'intérêt supérieur de cet enfant, désormais majeur, ni une atteinte disproportionnée, compte tenu des buts poursuivis, au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent donc être écartés, comme celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.

7. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du préfet de la Seine-Maritime du 15 novembre 2022 refusant l'autorisation de regroupement familial au bénéfice de son enfant A C et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et au titre des frais d'instance doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à la SELARL Eden Avocat et au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 25 février 2025, à laquelle siégeaient :

M. Minne, président,

Mme Jeanmougin, première conseillère,

Mme Ameline, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mars 2025.

La rapporteure,

H. JEANMOUGIN Le président,

P. MINNE

Le greffier,

N. BOULAY

N°2303121

Décisions similaires

TA76Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2505208

Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête de Mme C... visant à annuler l'arrêté préfectoral du 12 mai 2025 refusant un titre de séjour et prononçant une obligation de quitter le territoire français (OQTF). La juridiction a estimé que les griefs soulevés, notamment les vices de procédure et la méconnaissance des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ainsi que de la Convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés. En conséquence, les demandes d'injonction et de condamnation aux dépens ont également été rejetées.

07/04/2026

TA76Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2501565

Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête d'un brigadier-chef de police visant l'annulation de son arrêté de révocation disciplinaire. Le tribunal a jugé que la procédure disciplinaire était régulière, le requérant ayant été dûment informé de son droit à la communication du dossier et le droit de se taire ne s'appliquant pas aux échanges hiérarchiques ordinaires dans ce cas. La décision s'appuie sur les dispositions du code général de la fonction publique et les principes issus de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

07/04/2026

TA76Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2404730

Le Tribunal Administratif de Rouen a annulé un avertissement et une exclusion prononcés à l'encontre d'une étudiante en formation paramédicale pour violation des droits de la défense. La juridiction a jugé que la procédure disciplinaire était irrégulière, notamment en raison du défaut de communication préalable du dossier à l'étudiante avant la décision, comme l'exige l'article 66 de l'arrêté du 21 avril 2007. Les sanctions sont donc annulées pour vice de procédure.

07/04/2026

TA76Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2505203

Le Tribunal Administratif de Rouen rejette la requête de Mme A... visant à annuler un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). La juridiction estime que la procédure a respecté le droit d'être entendu et que la motivation de l'arrêté est suffisante, notamment au regard des conditions d'entrée et de séjour. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

07/04/2026

← Retour aux décisions