vendredi 14 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2303240 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | MATRAND LUCILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 août 2023, Mme B C épouse A, représentée par la SELARL Coté Joubert Prado, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler le titre de recette du 5 juin 2023 d'un montant de 5 504,90 euros émis par le syndicat intercommunal à vocation scolaire de l'Oison pour le recouvrement d'un trop-perçu de rémunération et de la décharger de l'obligation de payer ladite somme ;
2°) à titre subsidiaire, de déduire de la créance du syndicat les sommes de 2 200,59 euros et de 1 257,48 euros correspondant au supplément familial de traitement auquel elle avait droit respectivement du mois de septembre 2022 au mois d'avril 2023 inclus et du mois de mai 2023 au mois de juillet 2023 inclus, de condamner le syndicat à lui verser lesdites sommes, et de lui accorder un délai pour s'acquitter du solde restant dû ;
3°) de déduire ultérieurement l'intégralité des sommes au titre du supplément familial de traitement qui ne lui seront pas versées ;
4°) de mettre à la charge du syndicat intercommunal à vocation scolaire de l'Oison une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle avait droit au supplément familial de traitement pendant toute la période de son congé de maladie, en particulier celle concernée par le titre de recette attaqué.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 mars 2024, le syndicat intercommunal à vocation scolaire de l'Oison, représenté par Me Matrand, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête de Mme A est irrecevable dès lors, d'une part, qu'elle est insuffisamment motivée et d'autre part, que les conclusions indemnitaires n'ont pas été précédées d'une réclamation indemnitaire préalable ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un courrier du 24 janvier 2025, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office les moyens suivants :
- irrecevabilité des conclusions de Mme A tendant à obtenir la compensation entre la dette mise à sa charge par le titre de recette attaqué et la créance qu'elle détient sur le syndicat au titre du supplément familial de traitement auquel elle avait droit du mois de septembre 2022 au mois de juillet 2023 ;
- irrecevabilité des conclusions de Mme A tendant à obtenir un délai de paiement pour s'acquitter de la somme restant mise à sa charge par le titre de recette attaqué dès lors qu'il n'entre pas dans les pouvoirs du juge administratif de prononcer une mesure de cette nature.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cotraud, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Delacour, rapporteure publique,
- et les observations de Me Matrand, représentant le syndicat intercommunal à vocation scolaire de l'Oison.
Mme A n'était pas présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C épouse A a été recrutée le syndicat intercommunal à vocation scolaire de l'Oison en qualité d'agent non titulaire de droit public, à temps non complet, par un contrat à durée déterminée, à compter du 31 août 2020 jusqu'à la fin de l'année scolaire 2020-2021, le 6 juillet 2021, renouvelé par un contrat à durée indéterminée, à compter du 1er septembre 2021. L'intéressée a été placée en arrêt de travail, en congé de maladie ordinaire, du 4 mai 2022 jusque, au plus tôt, le 30 juin 2023. Par un courrier du 25 avril 2023, le syndicat intercommunal a informé Mme A de l'existence d'un trop-perçu de rémunération à hauteur de 5 504,90 euros. Celle-ci s'est vu notifier un titre de recette émis le 5 juin 2023 en vue du recouvrement de cette somme, dont elle doit être regardée comme en sollicitant l'annulation.
Sur la recevabilité de la requête :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. () ".
3. La requête de Mme A comporte des conclusions, tendant notamment à l'annulation du titre de recette émis le 5 juin 2023, et des moyens invoqués à leur soutien. La fin de non-recevoir opposée en défense tirée de l'insuffisance de motivation de la requête ne peut dès lors qu'être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu et d'une part, aux termes de l'article 10 du décret du 24 octobre 1985 susvisé relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l'Etat, des personnels des collectivités territoriales et des personnels des établissements publics d'hospitalisation : " Le droit au supplément familial de traitement, au titre des enfants dont ils assument la charge effective et permanente à raison d'un seul droit par enfant, est ouvert () aux agents () de la fonction publique territoriale () dont la rémunération est fixée par référence aux traitements des fonctionnaires ou évolue en fonction des variations de ces traitements, à l'exclusion des agents rétribués sur un taux horaire ou à la vacation. () ".
5. D'autre part, aux termes de l'article 7 du décret du 15 février 1988 susvisé relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " L'agent contractuel en activité bénéficie, sur présentation d'un certificat médical, de congés de maladie pendant une période de douze mois consécutifs ou, en cas de service discontinu, au cours d'une période comprenant trois cents jours de services effectifs, dans les limites suivantes : / 1° Après quatre mois de services, un mois à plein traitement et un mois à demi-traitement ; / 2° Après deux ans de services, deux mois à plein traitement et deux mois à demi-traitements ; / 3° Après trois ans de services, trois mois à plein traitement et trois mois à demi-traitement ". Aux termes de l'article 12 du même décret : " Le montant du traitement servi pendant une période de maladie () est établi sur la base de la durée journalière d'emploi de l'intéressé à la date d'arrêt du travail. / Les prestations en espèces servies en application du régime général de la sécurité sociale par les caisses de sécurité sociale () en matière de maladie () sont déduites du plein ou du demi-traitement maintenu par les collectivités ou établissements en application des articles 7 à 10 ".
6. Enfin, aux termes de l'article L. 822-3 du code général de la fonction publique : " Au cours de la période définie à l'article L. 822-2, le fonctionnaire en congé de maladie perçoit : () / Il conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement () ". Aux termes de l'article L. 829-1 du même code : " Les agents contractuels bénéficient de règles de protection sociale semblables à celles des fonctionnaires, sauf en ce qui concerne les régimes d'assurance maladie et d'assurance vieillesse ".
7. D'une part, les dispositions précitées ne prévoient pas qu'un agent contractuel placé en congé de maladie ordinaire conserve son droit au supplément familial de traitement, qui constitue un accessoire de la rémunération.
8. D'autre part, les dispositions précitées, ni aucune autre, ni davantage aucun principe, ne rendent applicables aux agents contractuels le dernier alinéa de l'article L. 822-3 précité, qui prévoit que les fonctionnaires en congé de maladie conservent la totalité du supplément familial de traitement. Par ailleurs, ce dernier n'est pas au nombre des règles de protection sociale mentionnées à l'article L. 829-1 précité.
9. Enfin, les stipulations du contrat de Mme A ne lui confèrent pas davantage un tel droit.
10. Dans ces conditions, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le trop-perçu de rémunération recouvré par le titre de recette attaqué incluait le supplément familial de traitement qui lui avait été indûment versé pendant son congé de maladie ordinaire.
11. En second lieu, à supposer qu'elle ait entendu invoquer ce moyen, la circonstance que Mme A n'ait pas perçu le supplément familial de traitement entre les mois de septembre 2022 et août 2023 est, par principe, sans incidence sur la légalité du titre de recette émis en vue du recouvrement d'un trop-perçu de rémunération. Ce moyen doit par suite être écarté comme inopérant.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du titre de recette du 5 juin 2023 émis par le syndicat intercommunal à vocation scolaire de l'Oison doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, les conclusions à fin de décharge.
Sur les conclusions tendant au versement du supplément familial de traitement :
13. Aux termes de R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
14. En l'absence, au jour du présent jugement, de toute décision rejetant la demande indemnitaire de Mme A, ni même en tout état de cause de réclamation préalable adressée au syndicat intercommunal à vocation scolaire de l'Oison, en dépit de l'invitation en ce sens adressée, en vain, par le tribunal, les conclusions présentées par l'intéressée tendant au versement par ledit syndicat du supplément familial de traitement non perçu sont irrecevables et ne peuvent dès lors qu'être rejetées. La fin de non-recevoir opposée en défense par le syndicat intercommunal doit par suite être accueillie.
Sur le surplus des conclusions :
15. En premier lieu, s'il est loisible au syndicat défendeur d'accorder à Mme A un délai pour s'acquitter de la somme restant due, il n'appartient pas au tribunal, saisi d'une demande d'annulation d'un titre de recette, d'ordonner une telle mesure. Par suite, et ainsi que le tribunal l'a relevé d'office, les conclusions en ce sens doivent être rejetées comme irrecevables.
16. En second lieu, dès lors qu'il n'appartient qu'à une personne publique de pouvoir procéder à une compensation, les conclusions présentées par Mme A tendant à ce que l'intégralité des sommes non versées ultérieurement au titre du supplément familial de traitement soit déduite de la somme restant mise à sa charge par le titre de recette en litige doivent être rejetées comme irrecevables, ainsi que le tribunal l'a également relevé d'office.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du syndicat intercommunal à vocation scolaire de l'Oison, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens. Il n'y a en outre pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de cette dernière une somme au titre des frais exposés par le syndicat intercommunal à vocation scolaire de l'Oison et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le syndicat intercommunal à vocation scolaire de l'Oison au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C épouse A et au syndicat intercommunal à vocation scolaire de l'Oison.
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Van Muylder, présidente,
M. Armand, premier conseiller,
M. Cotraud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 février 2025.
Le rapporteur,
Signé : J. Cotraud
La présidente,
Signé : C. Van MuylderLe greffier,
Signé : J.-B. Mialon
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J.-B. MIALON
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026