LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2303540

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2303540

mardi 9 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2303540
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1 ère Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en plein contentieux, annule la décision du 8 août 2023 par laquelle le directeur interrégional de la mer Manche Est - Mer du Nord a refusé d’accorder un congé de longue maladie à Mme B. Le tribunal estime que l’administration s’est méprise sur l’étendue de sa compétence en se bornant à constater l’avis défavorable du conseil médical, sans exercer son propre pouvoir d’appréciation, en méconnaissance de l’article 7 du décret du 14 mars 1986. En revanche, les conclusions pécuniaires et indemnitaires de Mme B sont déclarées irrecevables, faute d’avoir été précédées d’une demande préalable auprès de l’administration, conformément à l’article R. 421-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 septembre 2023, Mme A B demande au tribunal ;

1°) d'annuler la décision du 8 août 2023 par laquelle le directeur interrégional de la mer Manche Est - Mer du Nord a refusé de faire droit à sa demande de congé de longue maladie ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme égale au plein traitement qu'elle aurait dû percevoir à compter du 8 février 2023 ainsi qu'une somme au titre des troubles dans ses conditions d'existence ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient que :

- elle n'a pas été informée de la date de réunion du comité médical ;

- elle n'a pas pu consulter le dossier au vu duquel s'est prononcé le comité ;

- elle n'a pas eu l'occasion de présenter ses observations ;

- elle a été privée de la garantie de faire entendre un médecin de son choix ;

- l'article 7 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ne prévoyant qu'une consultation pour avis des conseils médicaux, l'autorité administrative a méconnu sa compétence propre en se bornant à constater que le conseil médical siégeant en formation restreinte avait émis un avis défavorable en séance du 5 juillet 2023 ;

- la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée ;

- sur la légalité interne, elle remplit les conditions prévues par l'article L. 822-6 du code général de la fonction publique pour obtenir un congé de longue maladie ;

- elle laisse au tribunal et à l'administration le soin de calculer la somme correspondant à la différence entre la rémunération à plein traitement à laquelle elle aurait pu prétendre et la rémunération à demi-traitement qu'elle a effectivement perçue ;

- un autre préjudice, né de l'impossibilité d'obtenir une autorisation de sortie, l'a empêchée de pratiquer l'activité physique douce préconisée par ses médecins ;

- un autre préjudice encore provient de ce que la moindre rémunération perçue l'a empêchée de financer la prise en charge psychologique qu'impose sa pathologie.

Vu :

- la mise en demeure de produire des observations du 4 mars 2025 adressée à l'administration en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, laissée sans réponse ;

- l'ordonnance du 4 mars 2025 fixant la clôture de l'instruction au 24 avril 2025 à 12 h ;

- la lettre du 19 juin 2025 par laquelle les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions pécuniaires et indemnitaires de la requête, non précédées d'une réclamation adressée à l'administration ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Minne, président de chambre,

- et les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique,

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, technicienne supérieure du développement durable, est affectée à la direction interrégionale de la mer Manche Est - Mer du Nord où elle exerce des fonctions de géomaticienne à l'unité géomatique du secrétariat général. Placée en congé de maladie ordinaire depuis une intervention chirurgicale effectuée le 28 novembre 2022, elle a demandé le 27 janvier 2023, le bénéfice d'un congé de longue maladie. À l'issue de sa séance du 5 juillet 2023, le conseil médical en formation restreinte de la Seine-Maritime a émis un avis défavorable sur cette demande. Par l'acte dénommé décision du 8 août 2023 attaqué, le directeur interrégional de la mer Manche Est - Mer du Nord a indiqué que la demande de congé de longue maladie de Mme B avait reçu un avis défavorable du conseil médical en formation restreinte

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En disposant que les conseils médicaux en formation restreinte sont consultés pour avis sur, notamment, l'octroi d'une première période de congé de longue maladie, le 1° du I de l'article 7 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires n'a pas dispensé l'autorité administrative d'exercer son pouvoir d'appréciation sur la demande de congé de longue maladie présentée par un de ses agents.

3. Par l'article 1er de la décision du 8 août 2023 attaquée, l'administration s'est bornée à constater que la demande de congé de longue maladie de Mme B avait reçu un avis défavorable du conseil médical en formation restreinte. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'autorité administrative aurait exercé son pouvoir d'appréciation sur la demande de congé de la requérante. Cette dernière est, par suite, fondée à soutenir que l'employeur public s'est mépris sur l'étendue de sa propre compétence.

Sur les conclusions pécuniaires et indemnitaires :

4. En vertu du 2e alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle.

5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B ait saisi l'administration, préalablement à l'enregistrement de la requête, d'une réclamation tendant au versement des rémunérations dont elle aurait été illégalement privée et au versement d'une indemnité de réparation des préjudices de toute nature résultant du refus de faire droit à sa demande de congé de longue maladie.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 8 août 2023 par laquelle le directeur interrégional de la mer Manche Est - Mer du Nord a refusé de faire droit à sa demande de congé de longue maladie du 27 janvier 2023 et n'est pas recevable à demander la condamnation de l'Etat à lui verser un rappel de rémunération et à réparer ses préjudices, au demeurant non chiffrés. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 8 août 2023 par laquelle le directeur interrégional de la mer Manche Est - Mer du Nord a refusé de faire droit à la demande de congé de longue maladie de Mme B est annulée.

Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche.

Copie en sera transmise, pour information, au préfet de la région Normandie.

Délibéré après l'audience du 26 août 2025 à laquelle siégeaient :

M. Minne, président,

M. Deflinne, premier conseiller,

Mme Ameline, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 septembre 2025.

Le président-rapporteur,

signé

P. MINNEL'assesseur le plus ancien,

signé

T. DEFLINNE

Le greffier,

signé

N. BOULAY

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N. BOULAY

N°2303540

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions