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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2304774

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2304774

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2304774
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge Unique 1

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête de M. A, qui contestait son assujettissement à la taxe foncière sur les propriétés bâties pour 2023. Le requérant demandait l'exclusion de la surface de son parking de la base d'imposition, estimant la taxe excessive. Le tribunal a jugé que le parking constituait une dépendance indispensable et immédiate du restaurant, et que son inclusion dans le calcul, avec un coefficient de pondération de 0,2, était conforme aux articles 1494 et 1498 du code général des impôts. La solution retenue est le rejet de la demande de décharge ou de réduction de la cotisation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 décembre 2023 et un mémoire enregistré le 17 décembre 2023, M. C A, demande au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2023 dans la commune d'Armentières-sur-Avre.

M. A soutient que :

- le parking du restaurant ne devrait pas être pris en compte pour la totalité de sa surface brute dans la base d'imposition à la taxe foncière pour l'année 2023 ;

- le montant des impositions locales en cause est exorbitant et prohibitif ;

- sa situation devrait être réexaminée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2024, le directeur régional des finances publiques de Normandie conclut au rejet de la requête.

Le directeur soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. B comme juge statuant seul dans les matières indiquées à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après la présentation du rapport, ont été entendues les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A est propriétaire, dans la commune d'Armentières-sur-Avre, d'un ensemble immobilier composé d'un restaurant et d'un parking de stationnement de poids lourds situé au droit de la route nationale 12. Il sollicite la décharge de la taxe foncière à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2023.

2. Aux termes de l'article 1494 du code général des impôts : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties () est déterminée conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte () " Aux termes de l'article 1498 du même code : " I. La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie, autres que les locaux mentionnés au I de l'article 1496, que les établissements industriels mentionnés à l'article 1499 et que les locaux dont la valeur locative est déterminée dans les conditions particulières prévues à l'article 1501, est déterminée selon les modalités prévues aux II ou III du présent article. / Les propriétés mentionnées au premier alinéa sont classées dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination. A l'intérieur d'un sous-groupe, elles sont classées par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance. Les sous-groupes et catégories de locaux sont déterminés par décret en Conseil d'Etat. / II. () C. - La surface pondérée d'un local est obtenue à partir de la superficie de ses différentes parties, réduite, le cas échéant, au moyen de coefficients fixés par décret, pour tenir compte de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques respectives. " Aux termes de l'article 324 Z de l'annexe III au même code : " Pour l'application du C du II de l'article 1498 du code général des impôts, la surface pondérée d'un local est la somme, le cas échéant arrondie au mètre carré inférieur, des superficies de ses différentes parties, affectées, le cas échéant, du coefficient mentionné au troisième alinéa. / La superficie des différentes parties d'un local, y compris celle des dégagements et sanitaires, est la superficie réelle, mesurée au sol, entre murs ou séparations et arrondie au mètre carré inférieur. / Lorsque l'une de ces parties a une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale du local, la superficie de cette partie est réduite par application d'un coefficient fixé à 0,5 lorsque cette partie est couverte et à 0,2 dans le cas contraire "

3. Il résulte de l'instruction que le local à évaluer est un restaurant-routier situé à Armentières-sur-Avre en bordure de la route nationale 12. Ce local, en bon état et bien aménagé, est entouré d'un très grand parking pouvant accueillir une cinquantaine de semi-remorques et leur tracteur. Le site, d'une surface totale de 9 000 m², est notamment composé de surfaces principales 1 035 m² et de surfaces secondaires de 7 000 m², correspondant à une surface pondérée de 1 607 m². Le parking constitue en l'espèce, une dépendance indispensable et immédiate du restaurant, ce qui n'est au demeurant pas contesté par le requérant, dès lors que ce parc sert à l'accès au restaurant et constitue un espace de stationnement non couvert à usage des clients routiers. Le contribuable n'apporte aucun élément permettant d'exclure légalement la superficie du parking dans le calcul de la base d'imposition. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a inclus cet espace dans la surface extérieure taxable, et l'a placée en zone Pk2, affecté d'un coefficient de pondération de 0,2. Dans ces conditions, en ayant retenu une surface pondérée totale de 1 607 m², l'administration a fait une exacte application de la loi fiscale.

4. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la décharge ou la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2023 dans la commune d'Armentières-sur-Avre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au directeur régional des finances publiques de Normandie.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

P. BLe greffier,

signé

N. BOULAY La République mande et ordonne au directeur régional des finances publiques de Normandie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N. BOULAY

N°2304774

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