lundi 3 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2304826 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CABINET PEYRICAL & SABATTIER ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 8 décembre 2023, le 15 janvier 2024 et le 23 janvier 2024, le département de l'Eure, représenté par Me Sabattier, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, portant sur les désordres affectant le collège Jean de la Fontaine à Grand-Bourgtheroulde ;
2°) de mettre dans la cause la SMABTP, en qualité d'assureur de la société Concrete Ingénierie, et Me Cécile Dür, en qualité d'administratrice de la société De Biasio ;
3°) de mettre à la charge des parties défenderesses une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 76-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2024, la société Eurotech France, représentée par Me Menestrier, formule protestations et réserves quant à la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2024, la société Les Alerions TLTP, représentée par Me Vallet :
1°) formule protestations et réserves quant à la mesure d'expertise sollicitée et demande que la mission confiée à l'expert soit complétée suivant les termes de son mémoire ;
2°) conclut au rejet des conclusions présentées par le département de l'Eure sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2024, M. A C et la société Victor et Julien - Atelier des Deux Anges, représentés par Me Güney :
1°) formule protestations et réserves quant à la mesure d'expertise sollicitée et demande que la mission confiée à l'expert soit complétée suivant les termes de son mémoire ;
2°) conclut au rejet des conclusions présentées par le département de l'Eure sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2024, la société MMA Iard, la société MMA Iard Assurances Mutuelles et la société Cabinet Reber, représentées par Me Touzé :
1°) formulent protestations et réserves quant à la mesure d'expertise sollicitée ;
2°) demandent que l'expertise se déroule au contradictoire de la société Semofi, de la société Bureau Veritas, de la société Atelier des Deux Anges, de M. A E la société Bet SICRE, de la société Sogeti Ingénierie de la société Acoustibel, de la société De Biasio, de Me Maxime Diesbecq, en qualité de mandataire judiciaire de la société De Biasio et de liquidateur judiciaire de la société SEMAP, de la société SEMAP, de la société Eurotech France, de la société SN Adernorm, de la société Les Alerions TLTP, de la société Mutuelle des Architectes Français, de la société Lloyd's of London, de la société SMABTP, de la société Axa France Iard et de la société QBE European Services LTD ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Eure le versement des dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2024, la société Axa France Iard, représentée par Me Poirot-Bourdain, formule protestations et réserves sans toutefois s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée et conclut au rejet des conclusions présentées par le département de l'Eure au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2024, la société De Biasio, Me Cécile Dür et la Scp Mandateam, représentées par Me Ohanian, formulent protestations et réserves.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2024, la société Sogeti Ingénierie et son assureur, la société Lloyd's Insurance Company, représentées par Me Malbesin, formulent protestations et réserves quant à la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2024, la société Acoustibel et son assureur, la société Lloyd's Insurance Company, représentées par la Scp Boquet-Dagorn, concluent à leur mise hors de cause ainsi qu'à celle de la société Lloyd's Of London.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2023, la SMABTP, représentée par Me Gray, formule protestations et réserves quant à la mesure d'expertise sollicitée et conclut au rejet des conclusions présentées par le département de l'Eure au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2023, la société Semofi et la SMABTP, représentées par Me Gray, formule protestations et réserves quant à la mesure d'expertise sollicitée et conclut au rejet des conclusions présentées par le département de l'Eure au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. Les mesures d'expertise demandées par le département de l'Eure entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a donc lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 2 de la présente ordonnance.
3. En l'état de l'instruction, rien ne s'oppose à ce que l'expertise se déroule au contradictoire de la SMABTP, en qualité d'assureur de la société Concrete Ingénierie, de Me Cécile Dür, en qualité d'administratrice de la société De Biasio, de la société Semofi, de la société Bureau Veritas, de la société Atelier des Deux Anges, de M. A C, du Bet SICRE, de la société Sogeti Ingénierie, de Me Maxime Diesbecq, en qualité de mandataire judiciaire de la société De Biasio et de liquidateur judiciaire de la société SEMAP, de la société SEMAP, de la société Eurotech France, de la société SN Adernorm, de la société Les Alerions TLTP, de la Mutuelle des Architectes Français, de la société Axa France Iard et de la société QBE European Services LTD. Il y a donc lieu de mettre l'ensemble de ces parties dans la cause.
4. En l'état de l'instruction la société Acoustibel fait valoir, sans être contredite, que la nature de sa prestation dans le domaine de l'acoustique qu'elle a exécutée au titre du lot n° 6 " Isolation - cloisons - doublage " est dépourvue de lien avec les désordres invoqués par le département de l'Eure au soutien de sa demande d'expertise. Dans ces conditions, il y a lieu de mettre hors de cause la société Acoustibel et, par voie de conséquence, son assureur, la société Lloyd's Insurance Company. Il n'est pas davantage contesté que la société Lloyd's Of London n'est pas l'assureur de la société Acoustibel. Il y a donc lieu de la mettre également, en cette qualité, hors de cause.
5. Aux termes de l'article R. 621-13 du même code : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires (). Dans les cas mentionnés au premier alinéa, il peut être fait application des dispositions des articles R. 621-12 et R. 621-12-1 " et aux termes de l'article R. 761-1 du même code : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ".
6. Il résulte des dispositions précitées qu'il appartient au seul président de la juridiction de désigner la ou les parties qui assumeront la charge, après l'accomplissement de l'expertise, des frais et honoraires de l'expertise. Il suit de là que les conclusions de la société MMA Iard, de la société MMA Iard Assurances Mutuelles et du Cabinet Reber tendant à ce que les frais d'expertise soient mis à la charge du département de l'Eure ne peuvent qu'être rejetées.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du département de l'Eure présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La société Acoustibel, la société Lloyd's Insurance Company et la société Lloyd's Of London, en leur qualité d'assureur de la société Acoustibel, sont mises hors de cause.
Article 2 : M. D B, demeurant 37 rue de Saint-Cyr à Incarville (27400), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :
1°) de se rendre sur les lieux situés que le site du collège Jean de La Fontaine à Gand-Bourgtheroulde (27520) ;
2°) de se faire communiquer l'ensemble des éléments qu'il estimera utiles au bon accomplissement de sa mission et d'entendre tout sachant ;
3°) de décrire les désordres, tels que rapportés dans la requête du département de l'Eure, affectant l'extension du collège Jean de La Fontaine ;
4°) de donner un avis motivé sur les causes et origines de ces désordres, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, à la conception, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'ouvrage endommagé et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
5°) d'indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination ;
6°) de donner son avis motivé sur la demande chiffrée présentée par le département de l'Eure tendant à l'évaluation du coût des travaux ;
7°) d'une façon générale, de recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 4 : Le rapport d'expertise sera déposé au greffe par voie électronique, via la plateforme TransfertPro (https://send.transfertpro.com/'c=TA76) à l'adresse suivante : expertises.ta-rouen@juradm.fr, dans les huit mois suivant la notification de la présente ordonnance. En application des dispositions de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, des copies du rapport seront notifiées aux parties par l'expert. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 5 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 6 : La SMABTP, en qualité d'assureur de la société Concretye Ingénierie, Me Cécile Dür, en qualité d'administratrice de la société De Biasio, la société Semofi, la société Bureau Veritas, la société Atelier des Deux Anges, M. A C, le Bet SICRE, la société Sogeti Ingénierie, Me Maxime Diesbecq, en qualité de mandataire judiciaire de la société De Biasio et de liquidateur judiciaire de la société SEMAP, la société SEMAP, la société Eurotech France, la société SN Adernorm, la société Les Alerions TLTP , la Mutuelle des Architectes Français, la société Axa France Iard et la société QBE European Services LTD sont mis dans la cause.
Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 8 : Les conclusions présentées par la société MMA Iard, la société MMA Iard Assurances Mutuelles et le Cabinet Reber tendant à mettre à la charge du département de l'Eure le versement des dépens sont rejetées.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée au département de l'Eure, à la société Semofi, au Bureau Veritas Construction, à la société Atelier des Deux Anges, à M. A C, au Cabinet Reber, au BET Sicre, à la société Sogeti Ingénierie, à la société Acoustibel, à la société De Biasio, à Me Maxime Diesbecq, à la société Semap, à la société Eurotech France, à la société SN Adenorm, à la société Les Alerions TLTP, à la Mutuelle des Architecte Français, à la société MMA Iard, à la société Lloyd's Insurance Company, à la SMABTP, à la société Axa France Iard, à la société QBE European Sevices Ltd, à Me Cécile Dür, à la MMA Iard Assurances Mutuelles, à la SCP Mandateam et à M. D B, expert.
Fait à Rouen, le 3 juin 2024.
La juge des référés,
C. VAN MUYLDER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026