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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2400510

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2400510

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2400510
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge Unique 1

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête de M. C, qui contestait son assujettissement à la taxe d'habitation sur les logements vacants pour l'année 2023. Le juge a estimé que le requérant, propriétaire d'un immeuble depuis trente ans et ancien professionnel du bâtiment, ne justifiait pas que la vacance du logement était due à une cause étrangère à sa volonté, comme des travaux rendant le local inhabitable. La solution s'appuie sur l'article 1407 bis du code général des impôts, qui permet aux communes d'assujettir les logements vacants depuis plus de deux ans, sauf si la vacance résulte d'un obstacle indépendant de la volonté du propriétaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 février 2024, M. B C demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d'habitation sur les logements vacants à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2023 dans la commune de Saint-Aubin-lès-Elbeuf.

M. C soutient que le local d'habitation en cause, en travaux, est inhabitable.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2024, le directeur régional des finances publiques de Normandie conclut au rejet de la requête.

Le directeur soutient qu'aucun moyen n'est fondé.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. A comme juge statuant seul dans les matières indiquées à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;

- les autres pièces du dossier, notamment celles produites par M. C le 15 février 2024.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après la présentation du rapport, ont été entendues les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article 1407 du code général des impôts : " La taxe d'habitation est due : 1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation () " Aux termes de l'article 1407 bis du même code : " Les communes autres que celles visées à l'article 232 peuvent, par une délibération prise dans les conditions prévues à l'article 1639 A bis, assujettir à la taxe d'habitation, pour la part communale et celle revenant aux établissements publics de coopération intercommunale sans fiscalité propre, les logements vacants depuis plus de deux années au 1er janvier de l'année d'imposition. La vacance s'apprécie au sens des V et VI de l'article 232 () " Il résulte des V et VI de l'article 232 du code général des impôts, auxquels renvoient les dispositions de l'article 1407 bis du même code, tels que l'a interprété le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 98-403 DC du 29 juillet 1998, que ne sauraient être assujettis des logements dont la vacance est imputable à une cause étrangère à la volonté du bailleur, faisant obstacle à leur occupation durable, à titre onéreux ou gratuit, dans des conditions normales d'habitation, ou s'opposant à leur occupation, à titre onéreux, dans des conditions normales de rémunération du bailleur. Ainsi, doivent notamment échapper à la taxe les logements ayant vocation, dans un délai proche, à disparaître ou à faire l'objet de travaux dans le cadre d'opérations d'urbanisme, de réhabilitation ou de démolition, ou les logements mis en location ou en vente au prix du marché et ne trouvant pas preneur.

2. M. C est propriétaire à Saint-Aubin-lès-Elbeuf, depuis 1993, d'un immeuble situé au 49, rue Denfert Rochereau, mitoyen de sa résidence principale située au 47. Il résulte de l'instruction que le contribuable, qui exerçait d'ailleurs la profession d'artisan dans plusieurs corps de métier tels que maçonnerie, plomberie, électricité, chauffage et sanitaire, a produit à l'administration quelques factures d'achat de matériaux et d'éléments d'équipement de salle de bain représentant une dépense inférieure à 1 800 euros au titre de la période couvrant les années 2020 à 2023. Les photographies produites, non datées, représentant des pièces en travaux ne suffisent pas à expliquer la raison pour laquelle l'immeuble, détenu depuis une trentaine d'année par un ancien professionnel du bâtiment habitant le local mitoyen, se trouve dans un état de dégradation, d'une gravité au demeurant relative compte tenu du faible montant des dépenses exposées. Faute de justifier que le local était inhabitable pendant une durée de deux années pour une cause étrangère à la volonté du requérant, ce bien pouvait légalement être soumis à la taxe d'habitation sur les logements vacants en application des dispositions précitées de l'article 1407 bis du code général des impôts.

3. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander la décharge de la cotisation de taxe d'habitation sur les logements vacants à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2023 à raison de la maison située au 49, rue Denfert Rochereau à Saint-Aubin-lès-Elbeuf.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au directeur régional des finances publiques de Normandie.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

P. ALe greffier,

N. BOULAY

N°2400510

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