mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401279 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 avril 2024 à 16 h 10, M. A C demande :
1°) sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner à la maire de Notre-Dame-de-Bondeville de suspendre la parution en ligne, sur le site internet de cette commune, du bulletin d'information municipal Le Papillon n° 27 du mois de mars 2024 dans sa rédaction actuelle, de lui enjoindre d'insérer la tribune intitulée " Trop c'est trop ! " que le groupe d'opposition Osez le Renouveau avait soumise à la directrice de publication le 30 janvier 2024 et d'ordonner la publication en première page du Papillon de l'ordonnance à intervenir dès le prononcé de cette ordonnance, sous astreinte journalière de 100 euros ;
2°) de condamner la maire de Notre-Dame-de-Bondeville, en qualité de directrice de publication, à verser la somme de 6 000 euros au groupe Osez le Renouveau en réparation des préjudices résultant d'un abus de pouvoir et d'une entrave illégale à la liberté d'expression des élus concernés ;
Vu :
-la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. B comme juge des référés ;
-les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est, notamment, irrecevable, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1.
2. En premier lieu, M. C, élu d'opposition au sein du conseil municipal de Notre-Dame-de-Bondeville représentant le groupe Osez le Renouveau, a, par courriel du 30 janvier 2024, soumis à la publication dans le bulletin d'information municipal Le Papillon une tribune intitulée " Trop c'est trop " composée d'extraits d'une lettre ouverte dénonçant des faits que ce groupe présente comme autant d'errements de la gestion financière de la municipalité. Par une lettre du 25 mars 2024 et une insertion dans la rubrique " Expression " du Papillon n° 27 du mois de mars 2024, la maire de la commune, agissant en qualité de directrice de publication, a refusé la publication de la tribune au motif qu'elle contenait des propos calomnieux, outrageants, diffamatoires ou injurieux. L'absence d'espace réservé à cette publication dans le Papillon ne caractérise, en l'absence de circonstances particulières exigeant que les lecteurs du bulletin municipal diffusé en ligne sur le site internet de la commune aient connaissance immédiatement de son contenu, aucune urgence dès lors que cette tribune indique elle-même que l'intégralité de la lettre ouverte est lisible sur le site internet du groupe Osez le Renouveau et sur sa page du réseau social Facebook et qu'elle a, par ailleurs, été adressée au Président de la République, au préfet, à la rectrice, au procureur de la République, au président du conseil départemental, au comptable public, à l'ensemble des membres du conseil municipal et à des médias. Dans ces conditions, la demande tendant à faire assurer par la directrice de publication du Papillon le respect de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales qui garantit la libre expression des conseillers n'appartenant pas à la majorité municipale ne porte pas une atteinte à cette liberté fondamentale d'une gravité telle qu'elle imposerait l'intervention sous 48 heures d'une mesure en référé.
3. En second lieu, à supposer qu'une telle demande relève de la compétence de la juridiction administrative, des conclusions à fin de condamnation d'un directeur de publication à verser une indemnité de réparation n'est manifestement pas recevable à l'appui d'une procédure engagée devant le juge des référés en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative qui obéit à une procédure particulière, en première instance comme en appel, et qui ne peut déboucher que sur le prononcé de mesures provisoires.
4. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est manifestement pas fondé à demander d'ordonner à la maire de Notre-Dame-de-Bondeville d'insérer dans le Papillon actuellement mis en ligne la tribune intitulée " Trop c'est trop ! " du groupe d'opposition Osez le Renouveau et n'est pas recevable à engager la responsabilité de la directrice de cette publication.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.
Fait à Rouen, le 2 avril 2024.
Le juge des référés,
P. B
La République mande et ordonne à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2401279
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