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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401711

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401711

jeudi 2 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401711
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantKOUM DISSAKE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 mai 2024 à 12 h 47, M. A C, représenté par Me Koum Dissaké, demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner au ministre de l'Europe et des affaires étrangères et au préfet de la Seine-Maritime concurremment de le munir d'un laissez-passer lui permettant le retour en France à l'issue d'un voyage d'études au Maroc se déroulant du 11 mai 2024 au 18 mai 2024.

Vu :

-la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. B comme juge des référés ;

-les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2004-1543 du 30 décembre 2004 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est, notamment, mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique permet d'admettre provisoirement un demandeur à l'aide juridictionnelle. S'il n'appartient qu'au bureau d'aide juridictionnelle de statuer sur toutes les conditions d'admission à l'aide juridictionnelle, l'admission provisoire à cette aide peut être refusée si une de ces conditions apparaît manifestement non remplie.

3. Les dispositions de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 prévoient que l'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement. Ainsi qu'il est dit ci-après, la requête de M. C apparaît manifestement dénuée de fondement au sens de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Par suite, la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle doit être rejetée.

Sur la demande de référé :

4. En premier lieu, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas été saisi d'une demande de laissez-passer permettant un retour régulier en France, qu'il ne serait d'ailleurs pas compétent pour délivrer mais n'a été saisi que d'une demande de titre de séjour par lettre du 9 février 2024. Les autorités diplomatiques et/ou consulaires françaises n'ont, quant à elles, pas été saisies d'une quelconque demande de document de circulation ou de voyage.

5. En deuxième lieu, le droit de participer à un échange pédagogique universitaire ne constitue pas un droit fondamental.

6. En dernier lieu, il résulte de la requête et des pièces qui l'accompagnent que M. C ressortissant ivoirien, a essuyé un refus de délivrance d'une carte de séjour en qualité d'étudiant par un arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 18 août 2022. Le recours en excès de pouvoir formé contre cette décision, assortie d'une obligation de quitter le territoire français, a été rejeté par le jugement n° 2204444 du 21 mars 2023 devenu définitif. S'étant maintenu sur le territoire français pour y poursuivre des études au mépris d'une mesure de police légale prise au vu d'un examen de sa situation d'étudiant et de sa situation familiale, M. C revendique, par le présent recours, le droit de circuler entre le Maroc et la France. Toutefois, d'une part, le requérant, qui ne pouvait ignorer la précarité de sa situation administrative, ne peut raisonnablement jouir d'un droit à participer à une excursion pédagogique organisée dans le cadre d'un cursus qu'il suit sans être en règle avec les règles nationales relatives au droit au séjour des étudiants étrangers et ce, alors même que l'établissement d'enseignement a, sous sa responsabilité, accepté son inscription en 2e année de bachelor universitaire de technologie. D'autre part, la seule production d'une lettre du 8 février 2024 par laquelle le chef de département Génie électrique et informatique industrielle de l'institut universitaire de technologie de l'université du Havre indique que le jeune requérant a été sélectionné pour participer à des échanges pédagogiques avec l'université de Meknès (Maroc) ne suffit pas à conclure que l'obtention de son diplôme est subordonnée à sa participation à cet évènement.

7. Il résulte de ce qui précède qu'il apparaît manifeste, au vu de la demande de référé, que les prétendus refus de délivrance d'un laissez-passer adoptés par les autorités préfectorales et diplomatiques françaises, ne traduisent aucune atteinte grave et manifestement illégale à un droit ou liberté fondamental de M. C.

O R D O N N E :

Article 1er : M. C n'est pas admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C et à Me Vanessa Koum Dissaké.

Copie en sera transmise, pour information, au ministre de l'Europe et des affaires étrangères et au préfet de la Seine-Maritime.

Fait à Rouen, le 2 mai 2024.

Le juge des référés,

P. B

La République mande et ordonne au ministre de l'Europe et des affaires étrangères en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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