vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401715 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 mai 2024 à 16 h 16, M. B D demande :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner à " l'administration " d'enregistrer sa demande de renouvellement de certificat de résidence et de le munir d'un récépissé de cette demande, sous astreinte journalière de cent euros à compter de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que le refus d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour :
- porte atteinte à sa liberté fondamentale d'aller et venir ;
- porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- méconnaît les articles 5, 7 et 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- méconnaît les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu :
-la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. A comme juge des référés ;
-les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1.
2. M. C, ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence expirant le 9 mai 2024 en a demandé le renouvellement en souscrivant le 8 mars 2024 le formulaire disponible à cet effet et qu'il aurait déposé concomitamment dans la boîte postale de la sous-préfecture du Havre. Contrairement à ce que paraît affirmer le requérant sans en justifier, l'absence de délivrance d'un récépissé constatant l'enregistrement de sa demande de renouvellement de certificat de résidence ne l'expose pas à des difficultés tenant à son inscription au tableau des avocats du barreau de Paris. La crainte qu'il dit éprouver quant au respect de sa vie privée et familiale, caractérisée par le foyer qu'il compose avec son épouse de nationalité française et leur deux jeunes enfants, n'est pas justifiée par le retard, s'élevant à moins de deux mois, de délivrance du récépissé en cause. Dans ces conditions, et alors que le titre de séjour de l'intéressé est encore valide à la date de la présente ordonnance, aucune atteinte particulièrement grave à la situation professionnelle, familiale ou personnelle de M. C n'impose l'intervention dans le très bref délai de 48 heures d'une mesure en référé. Par suite, la condition tenant à l'urgence n'est pas remplie pour la mise en œuvre des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
3. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander d'ordonner à une autorité qu'il n'identifie d'ailleurs pas d'enregistrer sa demande de renouvellement de certificat de résidence et de le munir d'un récépissé de cette demande. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Rouen, le 3 mai 2024.
Le juge des référés,
P. A
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2401715
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