vendredi 10 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401783 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 mai 2024, Mme B C demande d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la saisie administrative à tiers détenteur (SATD) décernée le 10 avril 2024 par le comptable du service des impôts des particuliers du Havre pour le recouvrement d'une somme de 1 142 euros correspondant à une cotisation primitive de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2023 dans la commune du Havre.
Vu :
- la décision par laquelle le président a désigné M. A comme juge des référés ;
- la requête, enregistrée le 8 mai 2024 sous le n° 2301782, par laquelle Mme C demande la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 142 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci () est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "
2. Après avoir invoqué les dispositions de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen en vertu desquelles les hommes naisent libres et égaux en droits et que ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression, Mme C soutient qu'elle n'a confié aucun mandat à quiconque pour la représenter et l'administrer au niveau local, national ou supranational. Elle en déduit qu'elle n'a aucune obligation de payer la taxe foncière qui lui est réclamée et que le comptable public chargé d'en assurer le recouvrement n'a pas de légitimité pour décerner des actes de poursuite. A les supposer opérants, ces moyens sont manifestement dépourvus de précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, il apparaît manifeste, au vu de la demande de référé, que celle-ci est mal fondée.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'urgence à statuer, que Mme C n'est pas fondée à demander la suspension des effets de la SATD décernée le 10 avril 2024 par le comptable du service des impôts des particuliers du Havre pour le recouvrement d'une somme de 1 142 euros correspondant à une cotisation impayée de taxe foncière sur les propriétés bâties due au titre de l'année 2023 à raison d'un bien situé au Havre.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C.
Copie en sera transmise, pour information, au directeur régional des finances publiques de Normandie.
Fait à Rouen, le 10 mai 2024.
Le juge des référés,
Signé :
P. A
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N. BOULAY
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