vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402578 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | RICHER ET ASSOCIES DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 juillet 2024, la commune de Menilles, représentée par son maire en exercice, demande au juge des référés d'annuler la délibération du n°8 du 27 juin 2024 par laquelle le conseil communautaire de Seine Normandie Agglomération a autorisé son président ou son représentant à signer le renouvellement de la convention d'objectifs relative à l'attribution d'une subvention intercommunale de 60 000 euros au Club des Commerçants de Vernon.
Il soutient que :
- la délibération attaquée méconnaît les modalités de renouvellement d'attribution de subvention fixées par le procès-verbal du conseil communautaire du 29 novembre 2022 ;
- les membres du conseil communautaire ne disposaient pas d'informations suffisantes pour exercer utilement leur mandat, dès lors que, malgré sa demande, aucun élément de facturation n'a été présenté ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1.La commune de Mesnilles, représentée par son maire en exercice, a saisi le tribunal de céans d'une " requête auprès du juge des référés du tribunal administratif " et indique qu'elle " sollicite monsieur le juge des référés pour une annulation de la décision d'attribution de cette subvention ". Nonobstant l'absence de fondement de sa demande, la requête de la commune de Mesnilles peut être regardée comme étant fondée sur les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
2.Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du second alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, () qu'elle est irrecevable (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Il ressort des dispositions précitées que l'office du juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est limité à la suspension, en cas d'urgence justifiée, de l'exécution d'une décision avant que le juge du fond statue sur la demande d'annulation de cette décision, qui accompagne obligatoirement, à peine d'irrecevabilité, la demande de suspension.
4. En l'espèce et d'une part, la commune de Mesnilles ne justifie pas avoir introduit une requête distincte dirigée contre la délibération attaquée. Sa requête en référé suspension est, dès lors, manifestement irrecevable. D'autre part, les conclusions présentées par la commune de Mesnilles ne sont pas au nombre de celles qui relèvent de l'office du juge des référés tel que défini au point 3.
5. Il y a lieu, dans ces conditions et en application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative, de rejeter la requête dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la commune de Menilles est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Menilles.
Fait à Rouen, le 12 juillet 2024.
La juge des référés,
Signé : C. VAN MUYLDER
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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