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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402956

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402956

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402956
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge Unique 4

Résumé IA

Logement prioritaire – Tribunal Administratif de Rouen – Injonction sous astreinte – Article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Le tribunal a enjoint au préfet de l'Eure de proposer un logement à M. A, reconnu prioritaire par la commission de médiation, en raison de l'absence d'offre malgré son hébergement continu et l'ancienneté de sa demande. Cette injonction est assortie d'une astreinte de 200 euros par mois de retard à compter du 1er décembre 2024, versée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2024, M. B A demande au tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'enjoindre au préfet de l'Eure de lui attribuer un logement décent et durable en tenant compte du nombre de personnes constituant sa famille et de ses ressources dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 500 euros par jours de retard.

Il soutient que :

' il a été reconnu prioritaire par la commission de médiation ;

' il n'a pas reçu d'offre d'hébergement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 août 2024, le préfet de l'Eure s'en remet à la sagesse du tribunal.

Il soutient que :

- les logements de type 1 ou 2 sont peu nombreux sur le secteur recherché et très peu de ces logements se libèrent ;

- M. A a été expulsé en 2021 par son bailleur à la suite de plaintes pour troubles de voisinage et d'une dette locative pour des loyers impayés de plus de 13 000 euros, ces dettes locatives antérieures pouvant faire craindre de nouvelles difficultés financières.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

' le code de la construction et de l'habitation ;

' le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Van Muylder, vice-présidente, en application des dispositions des articles R. 222-13 et R. 778-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Van Muylder, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique, en présence de M. Mialon, greffier.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes des dispositions du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'État et peut assortir son injonction d'une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. / Lorsqu'il est manifeste, au vu de la situation du demandeur, que son logement ou relogement doit être ordonné, le président du tribunal ou le magistrat désigné peut y procéder par ordonnance, après avoir mis le représentant de l'Etat en mesure de présenter ses observations et clôturé l'instruction. / Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. / Pour les seules astreintes prononcées après le 1er janvier 2016, tant que l'astreinte n'est pas liquidée définitivement par le juge, le versement de l'astreinte au fonds est effectué deux fois par an, le premier versement devant intervenir à la fin du sixième mois qui suit le mois à compter duquel l'astreinte est due en application du jugement qui l'a prononcée. Toute astreinte versée en application du jugement la prononçant reste acquise au fonds. Lorsque l'astreinte a été liquidée définitivement, le versement du solde restant dû, le cas échéant, est effectué dans le mois qui suit la notification de la décision de liquidation définitive. ".

2. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation que le juge doit, s'il constate qu'un demandeur de logement a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et devant être logé ou relogé d'urgence et que ne lui a pas été offert un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonner à l'administration de loger ou reloger l'intéressé conformément à la décision de cette commission, sauf si l'urgence a ultérieurement disparu. Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné peut y procéder par ordonnance, en application du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation précité, lorsque le prononcé d'une injonction s'impose avec évidence au vu de la situation du requérant.

3. Le 15 avril 2024, la commission de médiation de l'Eure a reconnu M. A comme prioritaire et devant être logé d'urgence.

4. Il résulte de l'instruction que M. A est hébergé de façon continue dans une structure d'hébergement depuis plus de six mois et que sa demande de logement a été déposée depuis plus de dix-huit mois. Le préfet relève le faible nombre de logements de type T1 ou T2 et s'en remet à la sagesse du tribunal. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Eure de proposer un logement à M. A. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte de 200 euros par mois de retard à compter du 1er décembre 2024. Cette astreinte sera versée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, jusqu'au jugement de liquidation définitive.

DÉCIDE :

Article 1er : Il est enjoint au préfet de l'Eure de proposer à M. A un logement de type T1 ou T2 sur la commune d'Evreux sous astreinte destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

Article 2 : L'astreinte, d'un montant de 200 euros par mois de retard à compter du 1er décembre 2024, sera versée par les services de l'État au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement selon les modalités prévues par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, jusqu'à sa liquidation définitive par le juge.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.

Copie en sera adressée au préfet de l'Eure.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.

La magistrate désignée,

Signé : C. VAN MUYLDER

Le greffier,

Signé : J.-B. MIALON

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

J.-B. MIALON

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