mercredi 14 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403102 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2024, le préfet de la Seine-Maritime demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion immédiate de M. C A, occupant d'un logement géré par le centre d'accueil pour demandeurs d'accueil dénommé Carrefour des Solidarités et situé 22 rue Julian Grimau à Saint-Etienne-du-Rouvray (76800).
Il soutient que :
- Les conditions tenant à l'urgence et à l'utilité de la mesure sont remplies ;
- M. A se maintient illégalement dans un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile.
La requête a été communiquée à M. A qui n'a pas produit d'écritures en défense.
Vu :
- la décision par laquelle le président a désigné M. B comme juge des référés ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Mialon, greffier d'audience, a été entendu, le rapport de M. B.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu. Le premier alinéa n'est pas applicable aux personnes qui se sont vues reconnaître la qualité de réfugié ou qui ont obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire. Il est en revanche applicable aux personnes qui ont un comportement violent ou commettent des manquements graves au règlement du lieu d'hébergement. La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l'ordonnance est immédiatement exécutoire. ". Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
2. Il résulte de ces dispositions que, saisi par le préfet d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile d'un demandeur d'asile dont la demande a été définitivement rejetée, ou d'un demandeur d'asile ayant eu un comportement violent ou ayant commis des manquements graves au règlement du lieu d'hébergement, le juge des référés du tribunal administratif y fait droit dès lors que la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.
3. M. A, de nationalité bangladaise, a sollicité le statut de réfugié et a bénéficié, en qualité de demandeur d'asile, d'un accueil dans les conditions prévues par les dispositions du code de l'action sociale et des familles au sein du centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) dénommé Carrefour des Solidarités de Rouen, à compter du 6 juin 2023. Toutefois, sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) par une décision du 24 août 2023, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 22 février 2024. Le 14 juin 2024, M. A a demandé le réexamen de sa demande d'asile auprès de l'OFPRA qui l'a déclarée irrecevable le 10 juillet 2024. Par une décision en date du 27 mars 2024, M. A a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise par le préfet de la Seine-Maritime. Cette mesure d'éloignement a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Rouen le 22 mai 2024. Par conséquent, l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a demandé, suite au rejet de sa demande d'asile, de quitter son lieu d'hébergement par courrier du 14 mars 2024. Par courrier du 27 juin 2024, le préfet de la Seine-Maritime l'a mis en demeure de quitter les lieux sous vingt-et-un jours, sans que l'intéressé s'exécute.
4. Eu égard aux besoins non contestés d'accueil des demandeurs d'asile dans la Seine-Maritime, la libération par l'intéressé des lieux qu'il occupe présente un caractère d'urgence et d'utilité.
5. Il résulte de ce qui précède que le préfet de la Seine-Maritime est fondé à demander qu'il soit enjoint à M. A d'évacuer, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, le logement qu'il occupe au sein du Carrefour des Solidarités de Rouen. Le préfet de la Seine-Maritime est autorisé à recourir au concours de la force publique pour procéder à l'expulsion de M. A s'il n'a pas libéré les lieux spontanément dans ce délai.
ORDONNE :
Article 1er : Il est enjoint à M. A de libérer, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, le logement qu'il occupe, dépendant du centre d'accueil pour demandeurs d'asile dénommé Carrefour des Solidarités, et situé au 22 rue Julian Grimau à Saint-Etienne-du-Rouvray.
Article 2 : Le préfet de la Seine-Maritime est autorisé à recourir au concours de la force publique pour procéder à l'expulsion de M. A s'il n'a pas libéré les lieux spontanément dans le délai prévu à l'article 1er de la présente ordonnance.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à M. C A.
Copie en sera transmise au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Rouen, le 14 août 2024.
Le juge des référés,
Signé :
G. BLe greffier,
Signé :
J-B. Mialon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026