lundi 16 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403721 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé ;
- la requête, enregistrée le 12 septembre 2024 sous le n° 2403720, tendant notamment à l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénitentiaire,
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article R. 522-8-1 du même code : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance. "
2. D'autre part, aux termes de l'article R. 312-1 du code précité : " Lorsqu'il n'en est pas disposé autrement par les dispositions de la section 2 du présent chapitre ou par un texte spécial, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège l'autorité qui, soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision attaquée ou a signé le contrat litigieux. / (). ". Aux termes de l'article R. 312-8 de ce code : " Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions. () ".
3. M. A est détenu au centre de détention de Val-de-Reuil. Par une décision du 18 juillet 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, a affecté M. A, à sa demande, au " quartier centre de détention " (QCD) du centre pénitentiaire de Caen et prescrit que cette décision serait exécutée par les services de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Bretagne, Normandie et Pays de la Loire, située à Rennes. Par la décision contestée du 16 août 2024, la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Rennes a indiqué au conseil du requérant que ce transfert ne pouvait être exécuté dans l'immédiat faute de place disponible.
4. Une mesure de transfert d'un détenu d'un centre de détention vers un autre, ou un refus de mettre en œuvre une décision de transfert faute de place disponible, ne constitue pas une décision individuelle prise à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police, au sens des dispositions précitées de l'article R. 312-8 du code de justice administrative. La nature de la décision attaquée ne fait entrer le présent litige dans le champ d'aucun autre des articles R. 312-6 à R. 312-18 du code de justice administrative, qui déterminent limitativement les exceptions à la règle générale de compétence territoriale édictée par les dispositions de l'article R. 312-1 du même code. Il suit de là qu'en application des dispositions de l'article R. 312-1 de ce code, la requête de M. A relève de la compétence du tribunal administratif de Rennes, la décision litigieuse ayant été prise par la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Rennes. Par suite, la requête doit être rejetée en application de l'article R. 522-8-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Rouen, le 16 septembre 2024.
La juge des référés,
C. Galle
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2403721ah
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