mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2403866 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BARON COSSE ANDRE |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 24 septembre 2024, et un mémoire complémentaire enregistré le 8 octobre 2024, le préfet de l'Eure demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, l'exécution du permis de construire n° 027 438 24 O0001 en date du 9 avril 2024 délivré par le maire de la commune de Nonancourt à M. B A en vue de créer un garage pour y stationner plusieurs engins et matériels nécessaires pour son entreprise d'entretien d'espaces verts (Jardiseb) sur le terrain situé au 13 rue de la Paquetterie à Nonancourt ;
2°) d'enjoindre au pétitionnaire du permis de construire, dans le cas où il aurait engagé les travaux, de les interrompre dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'en vertu de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme, elle est présumée être satisfaite ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, dès lors que :
o la parcelle AE 0005 sur laquelle se trouve le terrain d'assiette du projet en litige se situe en zone Ae du plan local d'urbanisme de la commune de Nonancourt, dans laquelle la construction d'un garage, qui n'est pas un bâtiment agricole dès lors qu'il sert en l'espèce à l'exercice d'une activité de paysagiste, et qui n'est pas un équipement public autorisé en sous-secteur Ae, est interdite ;
o le permis a été délivré en méconnaissance de l'article L. 431-1 du code l'urbanisme, dès lors que les personnes morales déposant un permis de construire pour un projet de construction sont tenues de recourir à un architecte, ce qui n'a pas été le cas en l'espèce.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2024, M. A, représenté par Me André, demande au tribunal d'ordonner une médiation sur le fondement de l'article L. 213-7 du code de justice administrative, de rejeter la requête et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'y a pas d'urgence à suspendre le permis de construire litigieux dès lors que les travaux autorisés sont quasiment achevés et qu'il a engagé des frais importants pour la construction de ce garage ;
- les moyens soulevés ne sont pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
La requête a été communiquée à la commune de Nonancourt, qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le déféré préfectoral enregistré le 5 septembre 2024 sous le n° 2403596 ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Galle,
- les observations de Me André, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures par les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
1. Le préfet de l'Eure demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution du permis de construire n° 027 438 24 O0001 en date du 9 avril 2024 délivré par le maire de la commune de Nonancourt à M. B A en vue de créer un garage pour y stationner des véhicules et matériels nécessaires pour son entreprise individuelle d'entretien des espaces verts et de paysagiste, sur le terrain situé au 13 rue de la Paquetterie à Nonancourt (27 320).
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / () / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué () "
3. En premier lieu, les dispositions citées au point 2 ne subordonnent pas la suspension d'un acte d'une commune à la demande du préfet à une condition d'urgence. Ainsi, M. A ne peut utilement soutenir que la condition d'urgence n'est pas remplie en l'espèce.
4. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article 1er Zone 1 du règlement du plan local d'urbanisme approuvé par délibération du conseil municipal de la commune de Nonancourt le 26 février 2020 : " Dans l'ensemble de la zone, excepté en sous-secteur Ae et Air, sont seuls autorisés : / - les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole ou à l'élevage.() En sous-secteur Ae, sont autorisés : / Les constructions, ouvrages, installations, travaux à condition qu'ils soient liés au fonctionnement des services publics ou d'intérêt collectif et à la réalisation des équipements d'infrastructure ; / La reconstruction à l'identique en cas de sinistre ; / Les affouillements et exhaussements du sol (). "
5. En l'état de l'instruction, est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué du 9 avril 2024, le moyen tiré de ce que la construction en litige n'est pas autorisée en zone A, sous-secteur Ae, du plan local d'urbanisme de la commune de Nonancourt dès lors qu'elle n'est pas nécessaire à l'exploitation agricole, et qu'elle n'est pas non plus liée au fonctionnement des services publics ou d'intérêt collectif et à la réalisation d'équipements d'infrastructures.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre l'exécution du permis de construire accordé par le maire de la commune de Nonancourt à M. A le 9 avril 2024. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, l'autre moyen du déféré n'est pas susceptible de fonder la suspension de l'exécution de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
7. La présente ordonnance prononçant la suspension d'un permis de construire implique par elle-même nécessairement pour le pétitionnaire l'arrêt immédiat de tous travaux de construction et il n'appartient pas en tout état de cause pas au juge administratif d'ordonner au pétitionnaire l'arrêt des travaux entrepris à la suite d'un permis de construire sur la construction. Ce n'est que dans le cas où l'ordonnance ne serait pas exécutée par le titulaire du permis de construire suspendu qu'il appartiendrait à la commune, spontanément ou saisie par telle personne qui y aurait intérêt, de faire usage des prérogatives que lui confèrent les articles L. 480-1 et suivants du code de l'urbanisme relatifs aux infractions à ce code. Au demeurant, la présente ordonnance de suspension est transmise au procureur de la République conformément aux dispositions de l'article R. 522-14 du code de justice administrative. Les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par le préfet de l'Eure ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme de 2 000 euros demandée par M. A soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution du permis de construire n° 027 438 24 O0001 en date du 9 avril 2024 délivré par le maire de la commune de Nonancourt à M. B A en vue de créer un garage pour son entreprise d'espaces verts (Jardiseb) est suspendue.
Article 2 : Le surplus des conclusions du déféré est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de l'Eure, à M. B A et à la commune de Nonancourt.
Copie en sera transmise au procureur de la République près le tribunal judiciaire d'Evreux en application de l'article R. 522-14 du code de justice administrative.
Fait à Rouen, le 9 octobre 2024.
La juge des référés,
C. GalleLa greffière,
N. Drouilhet
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
nd
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026