LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2403988

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2403988

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2403988
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en référé, a suspendu l'exécution du permis de construire délivré par le maire de Saint-Sulpice-de-Grimbouville pour une maison individuelle. La suspension a été prononcée car le maire a commis une erreur de droit en ne suivant pas l'avis conforme défavorable du préfet, requis en application de l'article L. 422-6 du code de l'urbanisme, en l'absence de document d'urbanisme. Le tribunal a considéré que le moyen soulevé par le préfet était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de l'acte, sans qu'il soit nécessaire d'examiner la condition d'urgence, celle-ci étant présumée satisfaite en vertu de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré, enregistré le 3 octobre 2024, le préfet de l'Eure demande au juge des référés :

1°) de suspendre l'exécution du permis de construire n° 027 604 24 S0001 en date du 31 mai 2024 délivré par le maire de la commune de Saint-Sulpice-de-Grimbouville à M. C A en vue de créer une maison individuelle après démolition totale du bâtiment existant sur le terrain situé au 1184 chemin de la Mare à Saint-Sulpice-de-Grimbouville ;

2°) d'enjoindre au pétitionnaire du permis de construire, dans le cas où il aurait engagé les travaux, de les interrompre dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'en vertu de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme, elle est présumée satisfaite ;

- il existe un moyen de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, dès lors que le maire a entaché sa décision d'erreur de droit en refusant de suivre l'avis conforme défavorable rendu par le préfet de l'Eure sur le fondement des dispositions de l'article L. 422-6 du code de l'urbanisme, applicables en l'espèce en raison de la caducité du plan d'occupation des sols de la commune.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2024, la commune de Saint-Sulpice-de-Grimbouville conclut au rejet du déféré.

Elle soutient que :

- l'avis défavorable du préfet de l'Eure n'est pas justifié dès lors que le terrain d'assiette du projet se situe dans une zone urbanisée de la commune car il existe une douzaine de maisons dans un rayon de 200 mètres, ayant la défense incendie, et la parcelle se situe à l'extrémité d'un espace agricole et au début d'une zone urbanisée ;

- une nouvelle construction est une source de revenu et implique des habitants supplémentaires pour la commune.

Le déféré a été communiquée à M. A, qui n'a pas produit d'observations.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le déféré préfectoral enregistré le 3 octobre 2024 sous le n° 2403987.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Galle, juge des référés ;

- les observations de M. B, maire de la commune de Saint-Sulpice-de-Grimbouville, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures par les mêmes moyens et précise que le terrain ne se trouve pas dans une zone agricole mais dans une dent creuse du hameau situé le long de la route, et à proximité de la route ; qu'un terrain à proximité a été cédé à la commune par M. A pour réaliser un bassin de lutte contre l'incendie ;

- les observations de M. A, qui soutient que le projet se trouve dans les parties déjà urbanisées de la commune dès lors que le terrain n'est plus consacré à une exploitation agricole depuis 2004, date à laquelle il a acquis ce terrain, qu'il a déjà obtenu par le passé un permis de construire pour la transformation de la grange en habitation sur ce terrain sous l'empire du plan d'occupation des sols alors applicable, qu'il a commencé les travaux de démolition de la grange et a engagé des frais auprès du constructeur pour la construction de la maison.

Considérant ce qui suit :

1. Le préfet de l'Eure demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution du permis de construire n° 027 604 24 S0001 en date du 31 mai 2024 délivré par le maire de la commune de Saint-Sulpice-de-Grimbouville à M. C A en vue de créer une maison individuelle après démolition totale du bâtiment existant sur le terrain situé au 1184 chemin de la Mare à Saint-Sulpice-de-Grimbouville.

Sur les conclusions à fin de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Les demandes de suspension assortissant les requêtes du représentant de l'Etat dirigées contre les actes des communes sont régies par le 3e alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales ". Et aux termes du 3ème alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales : " Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. () ".

3. D'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme : " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu ; / (). " Lorsque la délivrance d'une autorisation d'urbanisme est subordonnée à l'avis conforme d'une autre autorité, le refus d'un tel accord s'impose à l'autorité compétente pour statuer sur la demande d'autorisation.

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune ".

5. Il est constant que le plan d'occupation des sols de la commune de Saint-Sulpice-de-Grimbouville est devenu caduc et que cette commune n'est pas couverte par une carte communale ou un plan local d'urbanisme, de sorte que la délivrance du permis de construire était soumise à l'avis conforme du préfet de l'Eure. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que le maire de la commune de Saint-Sulpice-de-Grimbouville a commis une erreur de droit en accordant le permis de construire en cause alors qu'un avis conforme défavorable avait été émis par le représentant de l'Etat le 25 mars 2024, du fait de la localisation du terrain hors des parties actuellement urbanisées de la commune, est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité du permis de construire dont la suspension est demandée.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre l'exécution de l'arrêté du 31 mai 2024 par lequel le maire de la commune de Saint-Sulpice-de-Grimbouville a accordé un permis de construire à M. C A.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7. La présente ordonnance prononçant la suspension d'un permis de construire implique par elle-même nécessairement pour le pétitionnaire l'arrêt immédiat de tous travaux de construction et il n'appartient pas en tout état de cause au juge administratif d'ordonner au pétitionnaire l'arrêt des travaux entrepris à la suite d'un permis de construire sur la construction. Ce n'est que dans le cas où l'ordonnance ne serait pas exécutée par le titulaire du permis de construire suspendu qu'il appartiendrait à la commune, spontanément ou saisie par telle personne qui y aurait intérêt, de faire usage des prérogatives que lui confèrent les articles L. 480-1 et suivants du code de l'urbanisme relatifs aux infractions à ce code. Au demeurant, la présente ordonnance de suspension est transmise au procureur de la République conformément aux dispositions de l'article R. 522-14 du code de justice administrative. Les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par le préfet de l'Eure ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution du permis de construire n° 027 604 24 S0001 en date du 31 mai 2024 délivré par le maire de la commune de Saint-Sulpice-de-Grimbouville à M. C A est suspendue.

Article 2 : Le surplus des conclusions du déféré est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de l'Eure, à M. C A et à la commune de Saint-Sulpice-de-Grimbouville.

Copie en sera transmise au procureur de la République près le tribunal judiciaire d'Evreux en application de l'article R. 522-14 du code de justice administrative.

Fait à Rouen, le 22 octobre 2024.

La juge des référés,

Signé

C. GalleLa greffière,

Signé

A. Hussein

La République mande et ordonne au préfet de l'Eure, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

A. HUSSEINah

Décisions similaires

TA78Plein contentieux

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076

03/08/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781

03/08/2026

← Retour aux décisions