LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2404091

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2404091

jeudi 30 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2404091
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge Unique 3

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a été saisi par le préfet de la Seine-Maritime de deux contraventions de grande voirie commises par M. C... dans le port du Tréport le 26 août 2024 : une pollution aux hydrocarbures et un refus d'obtempérer aux ordres d'un officier de port. Le tribunal a retenu la matérialité des deux infractions, fondées sur les articles L. 5335-2, R. 5333-28 et L. 5334-5 du code des transports. Toutefois, il a écarté l'application de l'article L. 218-19 du code de l'environnement, inapplicable aux contraventions de grande voirie. En conséquence, M. C... a été condamné à une amende de 1 500 euros pour la pollution et à une amende de 500 euros pour le refus d'obtempérer, sur le fondement des articles R. 5337-1 du code des transports et L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2024, le préfet de la Seine-Maritime défère au tribunal, comme prévenu de contraventions de grande voirie, M. A... C... et conclut à ce que le tribunal :

1°) constate que les faits établis par le procès-verbal du 26 août 2024 constituent la contravention prévue par l’article L 5335-2 du code des transports ;

2°) condamne M. A... C... au paiement de l’amende prévue par l’article L 218-19 du code de l’environnement.

.
Le préfet de la Seine-Maritime soutient que :
- le 26 août 2024, le navire de M. C... a été à l’origine d’une pollution aux hydrocarbures dans le port du Tréport ;
- contacté par téléphone, l’intéressé a refusé de se déplacer immédiatement, alors que sa venue plus rapide aurait pu réduire la pollution ;
- ces faits sont constitutifs de contraventions de grande voirie prévues par les articles L 5335-2 et R 5333-28 du code des transports s’agissant de la pollution, et par l’article L 5334-5 s’agissant du refus d’obtempérer ;
- le contrevenant est passible de deux amendes d’un montant respectif de 4000 euros maximun s’agissant de la pollution, et de 500 euros s’agissant du refus d’obtempérer.

La requête du préfet de la Seine-Maritime a été communiqué à M. A... C... .
M. C... a été mis en demeure, le 26 février 2025, de produire un mémoire en défense.

Vu :
- le procès-verbal du 26 août 2024 ;
- la notification du procès-verbal à M. A... C..., comportant invitation à produire une défense écrite , l’intéressé n’ayant pas été retirer le pli la contenant ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des transports ;
- le code pénal ;
- le code de justice administrative.
- le code de l’environnement.

Le président du tribunal a désigné Mme B... pour statuer sur les litiges visés à l’article L. 774-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus à l’audience publique :
- Le rapport de Mme B...,
- Les conclusions de M. Dujardin, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1.Un procès-verbal de contravention de grande voirie a été dressé, le 26 août 2024, à l’encontre de M. A... C... pour avoir, d’une part, provoqué une pollution dans le port du Tréport en laissant des résidus d’hydrocarbure s’échapper de son bateau, d’autre part, pour avoir tardé à se rendre dans le port afin de tenter de limiter les conséquences de cette pollution.

2. D’une part, aux termes de l’article L. 5335-2 du code des transports : « Il est interdit de porter atteinte au bon état et à la propreté du port et de ses installations, notamment de jeter dans les eaux du port tous déchets, objets, terre, matériaux ou autres. ». Aux termes de l’article R. 5333-28 du même code inséré dans le chapitre III « Règlement général de police » du titre III intitulé « Police des ports maritimes »: « Conformément aux dispositions de l'article L. 5337-1, il est notamment défendu : 1° De porter atteinte au plan d'eau et à la conservation de ses profondeurs: a) En rejetant des eaux contenant des hydrocarbures, des matières dangereuses, sédiments, ou autres matières organiques ou non, pouvant porter atteinte à l'environnement ; (…). ». D’autre part, aux termes de l’article L 5334-5 du code précité : «
Dans les limites administratives du port maritime et à l'intérieur de la zone maritime et fluviale de régulation mentionnée à l'article L. 5331-1, tout capitaine, maître ou patron d'un navire, d'un bateau ou de tout autre engin flottant est tenu d'obtempérer aux signaux réglementaires ou aux ordres donnés, par quelque moyen que ce soit, par les officiers de port, officiers de port adjoints ou surveillants de port concernant le mouvement de son navire, bateau ou engin. ».

3. Le procès-verbal du 26 août 2024 et les photographies produites par le préfet de la Seine-Maritime établissent que des hydrocarbures se sont échappés, le 26 août 2024, du navire AMOR FATI, propriété de M. C... et se sont répandus dans le port. Il résulte de ce même procès-verbal que M. C..., que l’officier de port adjoint avait contacté par téléphone en lui demandant de venir immédiatement, ne s’est déplacé qu’au bout de trois heures. M. C... ne conteste aucune des énonciations du procès-verbal. Les faits sont constitutifs de deux contraventions de grande voirie, prévues d’une part aux articles L 5335-2 et R 5333-28 du code des transports, d’autre part à l’article L 5334-5 du même code.

4. L’article L 218-19 du code de l’environnement énonce les sanctions pénales susceptibles d’être infligées à un capitaine provoquant un rejet de substances polluantes par imprudence, négligence ou inobservation des lois et règlements. Dès lors, ces dispositions ne peuvent fonder la condamnation de M. C... à raison de la commission d’une contravention de grande voirie.

5. En revanche, d’une part, aux termes de l’article R 5337-1 du code des transports : « Constitue une contravention de grande voirie la violation des interdictions ou le manquement aux obligations prévues par le règlement général de police défini au chapitre III et par les règlements locaux le complétant. / Sauf disposition législative contraire, ces contraventions sont punies de l'amende prévue par le premier alinéa de l'article L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques ». Aux termes de l’article L 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques : « Sous réserve des textes spéciaux édictant des amendes d'un montant plus élevé, l'amende prononcée pour les contraventions de grande voirie ne peut excéder le montant prévu par le 5° de l'article 131-13 du code pénal », soit la somme de 1500 euros. D’autre part, aux termes de l’article L 5337-5 du même code : « Le fait, pour un capitaine, maître ou patron d'un navire, d'un bateau ou de tout autre engin flottant de ne pas obtempérer aux signaux ou aux ordres conformément aux dispositions de l'article L. 5334-5 est passible d'une amende calculée comme suit : 1° Pour le navire, bateau ou autre engin flottant d'une longueur hors tout inférieure ou égale à 20 mètres : 500 € ». Enfin, selon l’article 132-7 du code pénal : « Par dérogation aux dispositions qui précèdent, les peines d'amende pour contraventions se cumulent entre elles et avec celles encourues ou prononcées pour des crimes ou délits en concours ».


5. Lorsqu’il retient la qualification de contravention de grande voirie s’agissant des faits qui lui sont soumis, le juge est tenu d’infliger une amende au contrevenant. Alors même que les dispositions précitées ne prévoient pas de modulation des amendes, le juge, qui est le seul à les prononcer, peut toutefois, dans le cadre de ce contentieux répressif, moduler leur montant dans la limite du plafond prévu par la loi et du plancher que constitue le montant de la sanction directement inférieure, pour tenir compte de la gravité de la faute commise, laquelle est appréciée au regard de la nature du manquement et de ses conséquences.

6. Par application des dispositions des articles L 2132-26 du code général des collectivités territoriales et de l’article L 5337-5 du code des transports, le montant maximum des amendes encourues par M. C... est de 2 000 euros, soit 1500 euros au titre du rejet de résidus d’hydrocarbures et 500 euros au titre du refus d’obtempérer. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de le condamner à payer une amende de 750 euros au titre du rejet de résidus d’hydrocarbures et de 300 euros au titre du refus d’obtempérer.






D É C I D E :


Article 1er : M. A... C... est condamné à payer une amende de 750 euros au titre du rejet de résidus d’hydrocarbures.

Article 2 : M. A... C... est condamné à payer une amende de 300 euros au titre du refus d’obtempérer.


Article 3: Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.


Article 4 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Seine-Maritime pour notification à M. A... C... dans les conditions prévues à l’article L. 774-6 du code de justice administrative.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2025.


La magistrate désignée,



A. B...
Le greffier,



H. TOSTIVINT



La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions