mardi 22 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2404703 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CABINET SELURL CHIFFERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2024, Mme B A, représentée par Me Seyrek, demande au tribunal :
1°) d'ordonner une expertise, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, portant sur les conditions de sa prise en charge médicale, à compter du 26 mai 2023 , par le centre hospitalier (CH) de Lillebonne ;
2°) de mettre à la charge du CH de Lillebonne une somme de 2 000 euros à lui verser au titre des frais d'instance.
Par un mémoire, enregistré le 5 décembre 2024, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Calvados indique qu'elle n'est pas en mesure de fournir un décompte définitif et se réserve le droit de le faire ultérieurement, lorsque l'expertise aura eu lieu.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2024, le centre hospitalier intercommunal (CHI) Caux Vallée de Seine, représenté par Me Chiffert, formule protestations et réserves sur les faits exposés dans la requête et demande que l'expertise soit confiée à un spécialiste en gynécologie obstétrique dont la mission pourra être complétée suivant les termes de son mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. Les mesures d'expertise demandées par Mme B A entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a donc lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espère, de faire droit aux conclusions présentées par Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Le Dr D C, élisant domicile au centre hospitalier Duchenne, allée Jacques Monod à Boulogne-sur-Mer (62321), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :
1°) de convoquer l'ensemble des parties ;
2°) de se faire communiquer l'ensemble des éléments qu'il estimera utiles au bon accomplissement de sa mission et d'entendre tout sachant ;
3°) de procéder à l'examen médical de Mme B A et de décrire son état de santé ;
4°) de décrire les soins qui lui ont été prodigués à compter du 26 mai 2023 par le CHI Caux Vallée de Seine, et de dire s'ils ont été consciencieux, attentifs et conformes aux données acquises de la science médicale ;
5°) de dire si, le cas échéant, des manquements ont été commis lors de cette prise en charge médicale ; y compris en ce qui concerne l'information qui lui a été délivrée ;
6°) de préciser si ces éventuels manquements ont été à l'origine pour l'intéressée d'une perte de chance d'éviter les conséquences dommageables et de chiffrer cet éventuel taux de perte de chance ;
7°) de donner tous les éléments utiles d'appréciation sur les responsabilités encourues ;
8°) de fixer, si possible, la date de consolidation de Mme B A ;
9°) d'évaluer les chefs de préjudices de Mme B A :
a. Préjudices patrimoniaux temporaires :
- Dépenses de santé actuelles ;
- Pertes de gains professionnels actuels ;
- Frais divers ;
b. Préjudices patrimoniaux permanents :
- Dépenses de santé futures ;
- Frais de logement adapté ;
- Frais de véhicule adapté ;
- Assistance par tierce personne ;
- Pertes de gains professionnels futurs ;
- Incidence professionnelle ;
- Préjudice scolaire, universitaire ou de formation ;
c. Préjudices extrapatrimoniaux temporaires :
- Déficit fonctionnel temporaire ;
- Souffrances endurées ;
- Préjudice esthétique temporaire ;
d. Préjudices extrapatrimoniaux permanents :
- Déficit fonctionnel permanent ;
- Préjudice d'agrément ;
- Préjudice esthétique permanent ;
- Préjudice sexuel ;
- Préjudice d'établissement ;
- Préjudices permanents exceptionnels.
10°) de se faire communiquer le relevé des débours de l'organisme social et d'indiquer si les frais qui y sont inclus sont en relation directe avec l'éventuel manquement relevé.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 3 : Le rapport d'expertise sera déposé au greffe par voie électronique, via la plateforme TransfertPro (https://send.transfertpro.com/'c=TA76) à l'adresse suivante : expertises.ta-rouen@juradm.fr, dans les six mois suivant la notification de la présente ordonnance. En application des dispositions de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, des copies du rapport seront notifiées aux parties par l'expert. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 4 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à la caisse primaire d'assurance maladie du Havre, à la caisse primaire d'assurance maladie du Calvados, au centre hospitalier intercommunal Caux Vallée-de-Seine et au Dr D C, expert désigné.
Fait à Rouen, le 22 avril 2025.
La juge des référés,
A. GAILLARD
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