Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête de Mme A... contestant le refus du département de l'Eure de lui délivrer la carte mobilité inclusion mention "stationnement". La magistrate a estimé que la requérante, atteinte de sclérose en plaques, ne justifiait pas remplir les critères fixés par l'arrêté du 3 janvier 2017, à savoir un périmètre de marche inférieur à 200 mètres ou le recours systématique à une aide humaine ou matérielle pour ses déplacements extérieurs. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'action sociale et des familles et de l'arrêté précité.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 décembre 2024, Mme B... A... demande au tribunal d’annuler la décision du 4 novembre 2024 par laquelle le président du conseil départemental de l’Eure a rejeté son recours administratif préalable obligatoire exercé contre le refus de lui délivrer la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement ».
Mme A... soutient que son état de santé justifie l’octroi de la carte mobilité inclusion mention stationnement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 février 2025, le département de l’Eure conclut au rejet de la requête.
Le département soutient que les conditions d’octroi de la carte mobilité inclusion mention « stationnement » ne sont pas réunies.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Jeanmougin comme juge statuant seule dans les matières prévues par l’article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
-
l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Au cours de l’audience publique, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport, les parties n’étant ni présentes ni représentées.
A l’issue de l’audience, l’instruction a été clôturée en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Mme A... demande au tribunal d’annuler la décision du 4 novembre 2024 par laquelle le président du conseil départemental de l’Eure a rejeté son recours administratif préalable obligatoire exercé contre le refus de lui délivrer la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement ».
Aux termes de l’article 1er de l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles : « Sont annexés au présent arrêté les critères d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement, dont il est tenu compte pour l'attribution de la carte mobilité inclusion comportant la mention « stationnement pour personnes handicapées » mentionnée au I de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles et de la carte de stationnement pour personnes handicapées mentionnée au IV de l'article L. 241-3 du même code. » Aux termes de cette annexe à l’arrêté : « (...) 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou - la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine (...) - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur)(...) »
En premier lieu, Mme A... ne peut utilement soutenir qu’elle a déjà bénéficié de la carte mobilité inclusion mention « stationnement » par le passé, cette attribution étant sans incidence sur son droit à en bénéficier de nouveau.
En second lieu, si Mme A... soutient que sa sclérose en plaques rend difficiles ses déplacements, il ne résulte pas de l’instruction que l’intéressée aurait besoin d’une aide humaine ou matérielle systématique pour ses déplacements extérieurs ou que son périmètre de marche serait, au jour du jugement, limité à 200 mètres. Invitée par courrier du 17 décembre 2024 à produire des éléments justifiant qu’elle remplit les conditions posées par l’arrêté du 3 janvier 2017, Mme A... n’a produit aucun nouvel élément médical.
La requérante ne justifiant pas remplir les conditions de délivrance de la carte mobilité inclusion mention « stationnement », elle n’est pas fondée à demander l’annulation de la décision du 4 novembre 2024 lui en refusant le bénéfice.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et au département de l’Eure.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2025.
La magistrate désignée,
Signé :
H. JEANMOUGIN
La greffière,
Signé :
P. HIS
La République mande et ordonne au préfet de l’Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.