jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2500077 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 janvier 2025, la société Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 30 octobre 2024 par laquelle le maire de la commune de Rouen s'est opposé à la déclaration préalable tendant à l'installation d'antennes de téléphonie mobile sur un bâtiment situé au 15 rue des Sapins à Rouen ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Rouen, à titre principal, la délivrance d'un arrêté de non-opposition à la déclaration préalable n° DP 76540 24 M0666 dans un délai d'un mois et sous astreinte de 500 euros par jour de retard, et subsidiairement, le réexamen de sa déclaration préalable dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Rouen une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, au regard de l'intérêt public tenant au déploiement du réseau de téléphonie mobile ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, dès lors que :
o elle est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;
o la décision est entachée d'une incompétence négative et d'erreur de droit dès lors que le maire s'est cru lié par l'avis émis par l'architecte des bâtiments de France en méconnaissance des dispositions de l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine ;
o la décision est entachée d'une erreur d'appréciation en ce qui concerne le motif tiré de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2025, la commune de Rouen conclut au non-lieu à statuer.
Elle fait valoir que par un arrêté en date du 24 janvier 2025, le maire de la commune de Rouen a procédé au retrait de la décision d'opposition à la déclaration préalable litigieuse.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 30 décembre 2024 sous le numéro 2405377 par laquelle la société Free Mobile demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Galle, juge des référés ;
- les observations de Me Candelier, substituant Me Martin, représentant la société Free Mobile, qui maintient les conclusions de la requête en soutenant qu'elle conserve son objet puisque l'arrêté de non opposition délivré en cours d'instance est assorti de prescriptions, qui sont illégales et équivalent à un arrêté d'opposition compte tenu de leur portée, et que l'arrêté du 24 janvier 2025 n'est pas devenu définitif et fera l'objet d'un recours contentieux.
La commune de Rouen n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La société Free Mobile a déposé, le 13 septembre 2024, une déclaration préalable visant à l'installation d'antennes relais de téléphonie mobile sur le toit d'un bâtiment situé au 15 rue des Sapins à Rouen. Par la décision en litige du 30 octobre 2024, le maire de la commune de Rouen s'est opposé à cette déclaration. Par la présente requête, la société Free Mobile demande la suspension de l'exécution de cette décision, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 24 janvier 2025, postérieur à l'introduction de la requête, le maire de la commune de Rouen a procédé au retrait de la décision litigieuse et a délivré à la société Free Mobile un arrêté de non-opposition à la déclaration préalable assorti de plusieurs prescriptions. Les conclusions tendant, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à la suspension de l'exécution de la décision du 30 octobre 2024 portant opposition à déclaration préalable, qui a été retirée en cours d'instance, sont donc désormais privées d'objet, alors même que l'arrêté du 24 janvier 2025 n'est pas devenu définitif et alors même que les prescriptions assortissant la décision de non-opposition comprise dans cet arrêté seraient entachées d'illégalité. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction.
Sur les frais du litige :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Rouen une somme de 1000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés par la société Free Mobile et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 30 octobre 2024 et sur les conclusions à fin d'injonction.
Article 2 : La commune de Rouen versera à la société Free Mobile une somme de 1000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Free Mobile et à la commune de Rouen.
Fait à Rouen, le 30 janvier 2025.
La juge des référés,
signé
C. GalleLa greffière,
signé
K. Dupré
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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