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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2501745

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2501745

vendredi 9 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2501745
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, détenu au centre de détention de Val-de-Reuil. Ce dernier demandait qu'il soit enjoint à l'administration pénitentiaire de procéder à des analyses biologiques (prise de sang, empreintes, test ADN) pour prouver son innocence dans le cadre d'une procédure disciplinaire liée à la découverte de stupéfiants. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, faute pour le requérant de démontrer la réalité d'une convocation imminente devant la commission de discipline ou l'existence d'un préjudice grave et immédiat. La requête a donc été rejetée comme manifestement mal fondée en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 avril 2025, M. B A doit être regardé comme demandant au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au directeur du centre de détention de Val-de-Reuil de faire procéder à une prise de sang, à la réalisation d'empreintes, et à un test ADN en vue de démontrer son innocence dans le cadre d'une procédure disciplinaire lancée à son encontre à la suite de la découverte de stupéfiants dans un sac lui appartenant.

Il soutient qu'il n'existe aucune décision administrative à ce jour, et que les mesures sollicitées sont indispensables pour prouver son innocence.

Il soutient que l'urgence est établie car il sera bientôt convoqué à une commission de discipline et qu'une sanction pourrait avoir des effets graves sur l'exécution de sa peine.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code pénitentiaire ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 dudit code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 susvisé du code de justice administrative, aux fins d'enjoindre à l'administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

3. En l'espèce, si M. A, incarcéré au centre de détention de Val-de-Reuil, soutient qu'il est convoqué devant une commission de discipline, il ne l'établit pas. A supposer qu'une sanction disciplinaire soit susceptible d'être édictée à brève échéance le requérant n'établit pas en quoi cette situation serait de nature à caractériser une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.

4. Il s'ensuit que la requête de M. A doit être rejetée par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au centre de détention de Val-de-Reuil.

Fait à Rouen, le 9 mai 2025.

La juge des référés,

Signé

C. Galle

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

ah

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