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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2504041

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2504041

lundi 1 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2504041
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B qui demandait qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Maritime de lui attribuer un logement autonome et décent. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas démontrée, dès lors que la demande de logement de l'intéressé était déjà en cours de traitement par l'administration, et ce malgré l'impact sur sa santé mentale évoqué dans un certificat médical. La solution retenue est le rejet de la requête par ordonnance motivée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 août 2025, M. A B doit être entendu comme demandant au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui attribuer un logement autonome, décent et adapté à ses besoins.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il réside dans un hôtel, géré par une structure mandatée par l'Etat, qui ne présente aucune condition de vie décente ce qui constitue une menace directe pour sa santé mentale et physique ;

- il est porté une atteinte manifestement illégale à son droit au logement, à son droit à un traitement équitable, il est victime d'une discrimination fondée sur le critère socio-économique, la directive européenne 2001/55/CE est méconnue et sa santé mentale et physique est mise en danger.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Bellec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, lorsque, notamment, la demande ne présente pas un caractère d'urgence, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée.

2. Afin de justifier l'urgence de se voir attribuer un logement autonome, décent et adapté à ses besoins, M. B indique que le logement dans un hôtel, qui lui est attribué à titre gracieux par l'Etat dans le cadre du dispositif " accueil Ukraine ", ne présente aucune condition de vie décente et qu'il constitue une menace directe pour sa santé physique et mentale. Il produit un certificat médical du 27 août 2025 indiquant que sa situation précaire a un impact sur sa santé mentale. Il résulte de l'instruction, et notamment de la note sociale établit le 1er août 2025 par l'association Emergence-s en charge de l'accompagnement social des résidents, que M. B a actuellement une demande de logement qui est en cours de traitement par l'administration. Par suite, le caractère d'urgence exigé par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'est pas démontré.

3. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête de M. B, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er: La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera transmise, pour information, au préfet de Seine-Maritime.

Fait à Rouen, le 1er septembre 2025.

Le juge des référés,

Signé :

C. Bellec

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

J.-B. MIALON

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