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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2505552

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2505552

mardi 6 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2505552
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen a rejeté la requête de Mme B... qui demandait une carte mobilité inclusion (CMI) pour son fils. Concernant la mention « priorité », le tribunal s'est déclaré incompétent, estimant que ce litige relève de la compétence du juge judiciaire en application des articles L. 241-3, L. 241-6 et L. 241-9 du code de l'action sociale et des familles. Pour la mention « stationnement », la requête a été jugée irrecevable faute pour la requérante d'avoir exercé le recours administratif préalable obligatoire auprès du président du conseil départemental, conformément à l'article R. 241-17-1 du même code. La solution retenue est le rejet total de la requête par ordonnance, sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 novembre 2025, Mme A... B... demande au tribunal de lui attribuer, au profit de son fils, une carte mobilité inclusion (CMI) mention « priorité » et « stationnement ».




Vu :
la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. C... en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative ;
les autres pièces du dossier.


Vu :
le code de l’action sociale et des familles ;
le code de justice administrative.







Considérant ce qui suit :


En premier lieu, aux termes du I de l’article L. 241-6 du code de l’action sociale et des familles : « I.- La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : 3° Apprécier : a) Si l'état ou le taux d'incapacité de la personne handicapée justifie l'attribution (…) pour l'adulte, (...) de la carte “mobilité inclusion” mentionnée à l'article L. 241-3 du présent code (...) ». Aux termes de l’article L. 241-9 du même code : « Les décisions relevant du 1° du I de l'article L. 241-6 prises à l'égard d'un enfant ou un adolescent handicapé, ainsi que celles relevant des 2°, 3° et 5° du I du même article peuvent faire l'objet de recours devant les tribunaux judiciaires spécialement désignés en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire. (...) ». Aux termes de l’article L. 142-8 du code de la sécurité sociale : « Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 (…) ». Aux termes de l’article L. 142-1 de ce code : « Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : (…) 9° Aux décisions du président du conseil départemental mentionnées à l'article L. 241-3 du même code relatives aux mentions “invalidité” et “priorité”. » Aux termes de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « I.- La carte “mobilité inclusion” destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. (...) V bis.- Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l'objet d'un recours devant le juge judiciaire lorsque la demande concerne la mention “invalidité” ou “priorité” de la carte. / Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l'objet d'un recours devant le juge administratif lorsque la demande concerne la mention “stationnement” de la carte. (...) ».

Il résulte de ces dispositions qu’il n’appartient qu’au tribunal judiciaire spécialement désigné de connaître des litiges relatifs à la mention autre que « stationnement » de la CMI.

Mme B..., qui sollicite le bénéfice d’une CMI mention « priorité » au profit de son fils, soulève un litige qui relève du contentieux de la sécurité sociale et, manifestement, de la compétence de la juridiction judiciaire et non de la juridiction administrative.

En second lieu, d’une part, aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (...) ». D’autre part, aux termes de l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles : « Le recours préalable obligatoire formé contre une décision relative à la carte « mobilité inclusion » destinée aux personnes physiques est formé, par tout moyen lui conférant date certaine, devant le président du conseil départemental. (...) ».

Par courrier du 26 novembre 2025, mis à disposition le 29 novembre 2025, le tribunal a invité Mme B... à produire, dans un délai de trente jours, la preuve qu’elle avait présenté auprès des services du département de la Seine-Maritime le recours administratif prévu par les dispositions du code de l’action sociale et des familles citées au point 4. En n’ayant pas répondu à la demande de régularisation du tribunal, la requérante n’établit pas avoir respecté cette obligation, résultant des règles rappelées au point précédent, de formuler un recours administratif préalable directement auprès du président du conseil départemental. Par suite, la requête de Mme B..., qui méconnait les dispositions précitées de l’article R. 241-17-1 du code de l’action sociale et des familles, est manifestement irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :

Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme B... tendant à la délivrance d’une carte mobilité inclusion mention « priorité » sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent.

Article 2 : Les conclusions de la requête de Mme B... tendant à la délivrance d’une carte mobilité inclusion mention « stationnement » sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....


Fait à Rouen, le 6 janvier 2026.


Le magistrat désigné,

Signé

T. C...



La République mande et ordonne à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme
La greffière,

Signé

C. Dupont


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