LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2600211

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2600211

jeudi 29 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2600211
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationPOLE URGENCES
Avocat requérantEDEN AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, a examiné la requête de M. B... contre l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 10 janvier 2026 lui interdisant le retour sur le territoire français pour un an. Le requérant contestait la légalité de cette interdiction en soulevant l'illégalité des décisions antérieures de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français. Le tribunal a admis M. B... au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Il a relevé que le préfet n'avait pas produit l'analyse du service de police aux frontières sur laquelle il s'était fondé pour estimer que l'identité du requérant n'était pas établie, ce qui ne permettait pas de conclure que l'identité de M. B... ne pouvait être regardée comme établie.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête enregistrée le 16 janvier 2026, M. A... B..., représenté par la SELARL Eden Avocats, demande au Tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d’annuler l’arrêté du 10 janvier 2026 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a interdit le retour sur le territoire français pendant la durée d’un an ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ou à titre subsidiaire de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B... soutient que l’interdiction de retour sur le territoire français :
est entachée d’un défaut de base légale dès lors que la décision du 26 novembre 2025 portant refus de titre de séjour est illégale car insuffisamment motivée, prise sans examen de sa situation personnelle, entachée d’erreurs de droit, prise en méconnaissance des articles L. 431-10, R. 431-10 et L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l’article 47 du code civil, entachée d’erreur manifeste d'appréciation, méconnaissant les articles L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, L. 423-23, L. 435-1 et l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, que l’obligation de quitter le territoire français du même jour est insuffisamment motivée, prise sans examen de sa situation personnelle, privée de base légale en raison de l’illégalité du refus de titre de séjour, méconnaît l’article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est entachée d’erreur manifeste d'appréciation et qu’elle méconnaît l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et que la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée, prise sans examen de sa situation personnelle, dépourvue de base légale et entachée d’erreur manifeste d'appréciation ;
n’est pas suffisamment motivée ;
a été prise en méconnaissance du droit d’être entendu ;
est entachée d’une erreur de droit et d’une erreur manifeste d'appréciation.
méconnaît l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.


Par un mémoire en défense enregistré le 26 janvier 2026, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens ne sont pas fondés.


Vu :
la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Jeanmougin comme juge du contentieux des mesures d’éloignement des étrangers ;
les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique du 27 janvier 2026, ont été entendus le rapport de Mme Jeanmougin, magistrate désignée, et les observations de Me Vérilhac, pour M. B..., et de celui-ci, qui reprend les conclusions et moyens de sa requête, le préfet de la Seine-Maritime n’étant présent ni représenté.

L’instruction a été close à l’issue de l’audience, en application des dispositions de l’article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.


Considérant ce qui suit :

M. B..., de nationalité guinéenne, demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 10 janvier 2026 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a interdit le retour sur le territoire français pendant la durée d’un an.

Il y a lieu, eu égard à l’urgence, d’admettre le requérant à l’aide juridictionnelle à titre provisoire.

Il ressort des pièces du dossier que M. B..., se disant né le 1er janvier 2007, est entré en France fin 2019 et a été admis à l’aide sociale à l’enfance. Sa demande de titre de séjour, présentée sur le fondement de l’article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a été rejetée par décision du 27 novembre 2025, aux motifs, d’une part, que les documents d’état civil qu’il avait présentés ne permettaient pas d’authentifier son identité et donc l’âge auquel il avait été placé à l’aide sociale à l’enfance et, d’autre part, que les autres conditions prévues par l’article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n’étaient pas satisfaites. Le préfet de la Seine-Maritime a assorti ce refus de séjour d’une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours.

Le préfet peut légalement rejeter une demande de titre de séjour au motif que l’identité du demandeur n’est pas établie. L’absence de caractère probant de certains des documents produits par l’intéressé relatifs à son état civil ne permet toutefois pas nécessairement, à elle seule, de regarder son identité comme non établie. Lorsque l’intéressé conteste le bien-fondé d’un tel motif devant le juge de l’excès de pouvoir, celui-ci examine, compte tenu de l’ensemble des éléments versés au dossier, si l’identité de l’intéressé ne peut effectivement être regardée comme établie.

Si le préfet de la Seine-Maritime a, dans l’arrêté du 27 novembre 2025, estimé que l’état civil de M. B... n’était pas établi au motif que le jugement supplétif de la Justice de Paix de Beyla et l’extrait du registre d’état civil produits par l’intéressé étaient falsifiés par apposition d’un timbre humide contrefait, il ne produit pas, dans la présente instance, l’analyse du service interdépartemental de la police aux frontières du Havre dont il s’est approprié les conclusions. Il n’apparaît pas que la minorité de M. B..., qui produit une carte consulaire, aurait été remise en cause par le service de l’aide sociale à l’enfance et l’apparence de l’intéressé à l’audience est compatible avec l’âge qu’il revendique de 19 ans. Par suite, compte tenu de l’ensemble des éléments versés dans la présente instance, M. B... est fondé à soutenir que le motif tiré du défaut de justification de son état civil ne pouvait légalement fonder le refus de titre de séjour du 27 novembre 2025. Il apparaît en outre que M. B... bénéficiait depuis le 8 juillet 2024 d’un contrat d’apprentissage dans le cadre de sa scolarité pour la préparation d’un certificat d’aptitude professionnelle « maintenance des véhicules » dont rien n’indique qu’elle n’était pas menée avec sérieux. Il n’est enfin pas établi que l’avis de la structure d’accueil sur l’insertion de M. B... n’aurait pas été favorable. Par suite, il ne résulte pas de l’instruction que le préfet aurait pris la même décision de refus de séjour en se fondant sur le seul motif tiré de ce que l’intéressé ne remplissait pas les conditions de l’article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le requérant est donc fondé à soutenir que l’obligation de quitter le territoire français du 27 novembre 2025 repose sur un refus de titre de séjour entaché d’illégalité et que cette mesure d’éloignement ne pouvait, dès lors, légalement fonder la décision contestée lui interdisant le retour sur le territoire français pendant la durée d’un an au motif qu’elle n’avait pas été mise à exécution dans le délai de départ volontaire de trente jours.

Il s’en suit, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens, que M. B... est fondé à demander l’annulation de l’arrêté du 10 janvier 2026 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a interdit le retour sur le territoire français pendant la durée d’un an.

Il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat, partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 000 euros en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, sous réserve que M. B... soit définitivement admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle et que la SELARL Eden Avocats renonce à la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.
D E C I D E :



Article 1er : M. B... est admis à l’aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : L’arrêté du 10 janvier 2026 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a interdit à M. B... le retour sur le territoire français pendant la durée d’un an est annulé.

Article 3 : L’Etat versera la somme de 1 000 euros en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, sous réserve que M. B... soit définitivement admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle et que la SELARL Eden Avocats renonce à la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus de la requête de M. B... est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B..., à la SELARL Eden Avocats et au préfet de la Seine-Maritime.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2026.




La magistrate désignée,
La greffière,

Signé : Signé :


H. JEANMOUGIN

A. LENFANT



La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.












Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions