Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de Mme A... tendant à suspendre le précompte d’un indu de rémunération. La requérante contestait les modalités de récupération d’un trop-perçu lié à l’application du traitement à 90 % en congé de maladie et au jour de carence. Le juge a estimé qu’aucune décision exécutoire de précompte n’était intervenue à la date de l’ordonnance et que la demande, non assortie d’un recours au fond, était manifestement irrecevable.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 janvier 2026, Mme B... A... demande :
1°) d’ordonner, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de toute opération de précompte sur ses rémunérations au titre de la période d’août 2025 à décembre 2025 ;
2°) d’enjoindre à l’administration d’émettre un titre de perception pour les trop-perçus de rémunération qu’elle envisage de précompter et de lui proposer un échelonnement de remboursement compatible avec sa situation financière ;
3°) de mettre les dépens à la charge de l’Etat.
Vu :
la décision par laquelle la présidente a désigné M. Minne, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé ;
les autres pièces du dossier, notamment celles produites par Mme A... le 26 janvier 2026.
Vu :
le code général de la fonction publique ;
le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) » En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque, notamment, la demande est irrecevable, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1.
Mme A..., réintégrée dans son corps d’origine des gardiens de la paix à compter du 1er août 2025 après une période de détachement et l’accomplissement de la partie non couverte par le sursis d’une exclusion temporaire de fonctions, doit être regardée comme contestant les modalités de récupération, par les services du ministère de l’intérieur, d’un indu de rémunération, né de la mise en œuvre du montant de 90 % du traitement en cas de congé de maladie ordinaire et d’un jour de carence, au titre de la période d’août 2025 à décembre 2025. Si la requérante joint la copie d’échanges de courriels avec divers interlocuteurs de la direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) de la Seine-Maritime, elle indique elle-même que le message du 16 janvier 2026 et un autre du 19 janvier 2026 se bornent à mentionner que le montant de l’indu n’est pas connu et que la somme, une fois liquidée, sera précomptée sur son salaire de février 2026. Ainsi, à la date de la présente ordonnance, aucune décision présentant un caractère exécutoire n’est intervenue et rien ne permet de supposer que le service administratif compétent pour calculer la rémunération à venir ne tiendra pas compte d’un taux de précompte qui méconnaîtra la fraction insaisissable de cette rémunération.
Il résulte de ce qui précède que la demande de référé, qui au demeurant n’accompagne aucun recours au fond dirigé contre une quelconque décision de précompte, est manifestement irrecevable.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Copie en sera transmise, pour information, au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Rouen, le 27 janvier 2026.
Le juge des référés,
signé
P. MINNE
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.