Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2605155
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2605155 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL AMERHA AVOCAT |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 septembre 2026, M. C... A..., représenté par Me Merhoum-Hammiche, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du préfet de la Seine-Maritime de clôture de sa demande de renouvellement de son titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un récépissé ou une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 400 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
• la condition d’urgence est remplie dès lors que sa demande de regroupement familial au profit de son épouse risque d’être clôturée faute pour lui de disposer d’un titre de séjour ;
• il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :
• elle a été prise par une autorité incompétente ;
• elle est insuffisamment motivée ;
• elle n’a pas été prise à l’issue d’un examen sérieux de sa situation ;
• elle a été prise en méconnaissance de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et est entachée d’erreur manifeste quant à ses conséquences sur sa situation personnelle dès lors qu’il est entré mineur en France, a été confié à l’aide sociale à l’enfance, justifie d’un emploi stable en France où il réside depuis plus de dix ans ;
• elle méconnaît les dispositions de l’article L. 426-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 septembre 2026, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la décision en litige, qui se borne à clôturer la demande de renouvellement d’un titre de séjour en raison de son caractère incomplet, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d’être déférée au tribunal.
Vu :
- la requête enregistrée le 14 septembre 2026 sous le n° 2605102 par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision litigieuse ;
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Banvillet pour statuer sur les demandes de référé, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience publique du 1er octobre 2026 à 10h45, Mme B... étant greffière d’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Banvillet, juge des référés ;
- les observations de Me Merhoum-Hammiche représentant M. A... qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ; il soutient, en outre, que la condition d’urgence est remplie dans la mesure où il est susceptible de perdre son emploi ;
- le préfet de la Seine-Maritime n’étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu’au 5 mai 2026, a déposé, le 15 janvier 2026, une demande de renouvellement de ce titre. Par une décision dont l’intéressé demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution, le préfet de la Seine-Maritime lui a notifié la clôture de sa demande de titre de séjour au motif de l’incomplétude de son dossier.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ».
En ce qui concerne la recevabilité et l’étendue du litige :
3. D’une part, aux termes de l’article R. 431-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers en France et du droit d’asile : « L’étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d’un titre de séjour présente à l’appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3° Les documents justifiants de l’état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu’il sollicite la délivrance ou le renouvellement d’un titre de séjour pour motif familial. / La délivrance du premier récépissé et l’intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. / Lorsque la demande de titre de séjour est introduite en application de l’article L. 431-2, le demandeur peut être autorisé à déposer son dossier sans présentation de ces documents ». Aux termes de l’article R. 431-11 du même code : « L’étranger qui sollicite la délivrance d’un titre de séjour présente à l’appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code. / En cas de demande incomplète, les pièces justificatives et les informations manquantes doivent être demandées par l'administration et transmises par l'étranger dans un délai raisonnable », l’arrêté mentionné à cet article dressant une liste de pièces pour chaque catégorie de titre de séjour.
4. Il résulte de ces dispositions que la clôture d’une demande de titre de séjour motif pris du caractère incomplet du dossier ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir lorsque le dossier est effectivement incomplet, en l’absence de l’un des documents mentionnés à l’article R. 431-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ou lorsque l’absence d’une pièce mentionnée à l’annexe 10 à ce code, auquel renvoie l’article R. 431-11 du même code, rend impossible l’instruction de la demande
5. D’autre part, aux termes de l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. (…) ».
6. Il résulte de l’instruction que le préfet de la Seine-Maritime a clôturé la demande de titre de séjour de M. A... au motif que l’intéressé avait présenté un dossier incomplet. Toutefois, il résulte des pièces versées aux débats que M. A... s’est vu délivrer une attestation de prolongation d’instruction valable du 25 juin 2026 au 24 septembre 2026, la délivrance d’un tel document attestant, en application des dispositions précitées du deuxième alinéa de l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, que la demande déposée par l’intéressé était complète. Dans ces conditions, le préfet de la Seine-Maritime, à qui il appartenait de s’assurer que le dossier de demande comprenait l’ensemble des éléments nécessaires à son instruction préalablement à la délivrance d’une attestation de prolongation d’instruction, ne pouvait pas opposer au requérant l’incomplétude de son dossier. Par suite, la décision attaquée constitue une décision faisant grief, que M. A... est recevable à contester devant le juge de l’excès de pouvoir ainsi que, par voie de conséquence, à en demander la suspension devant le juge des référés. Il suit de là que la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
En ce qui concerne l’urgence :
7. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence est en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement ou d’un retrait du titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
8. M. A..., à qui le préfet de la Seine-Maritime a refusé de procéder au renouvellement de son titre de séjour, peut se prévaloir d’une présomption d’urgence. Le préfet de la Seine-Maritime n’apporte aucun élément de nature à renverser cette présomption d’urgence. Par suite, la condition d’urgence prévue par les dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative doit ainsi être regardée comme étant remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :
9. Les moyens tirés de l’incompétence de l’auteur de la décision attaquée et du défaut d’examen sérieux sont, en l’état de l’instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.
Sur les conclusions à fin d’injonction:
10. La suspension de l’exécution de la décision contestée implique nécessairement que le préfet de la Seine-Maritime enregistre, à titre provisoire et jusqu’à ce qu’une formation collégiale du tribunal se prononce sur sa requête au fond, la demande de titre de séjour de M. A... et lui délivre un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 800 euros à verser à M. A... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L’exécution de la décision par laquelle le préfet de la Seine‑Maritime a clôturé la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par M. A... est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Maritime d’enregistrer, à titre provisoire et jusqu’à ce qu’une formation collégiale du tribunal se prononce sur sa requête au fond, la demande de titre de séjour de M. A... et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L’Etat versera à M. A... la somme de 800 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime
Fait à Rouen, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
Signé :
M. BANVILLET
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête enregistrée le 17 septembre 2026, M. C... A..., représenté par Me Merhoum-Hammiche, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du préfet de la Seine-Maritime de clôture de sa demande de renouvellement de son titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un récépissé ou une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 400 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
• la condition d’urgence est remplie dès lors que sa demande de regroupement familial au profit de son épouse risque d’être clôturée faute pour lui de disposer d’un titre de séjour ;
• il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :
• elle a été prise par une autorité incompétente ;
• elle est insuffisamment motivée ;
• elle n’a pas été prise à l’issue d’un examen sérieux de sa situation ;
• elle a été prise en méconnaissance de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et est entachée d’erreur manifeste quant à ses conséquences sur sa situation personnelle dès lors qu’il est entré mineur en France, a été confié à l’aide sociale à l’enfance, justifie d’un emploi stable en France où il réside depuis plus de dix ans ;
• elle méconnaît les dispositions de l’article L. 426-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 septembre 2026, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la décision en litige, qui se borne à clôturer la demande de renouvellement d’un titre de séjour en raison de son caractère incomplet, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d’être déférée au tribunal.
Vu :
- la requête enregistrée le 14 septembre 2026 sous le n° 2605102 par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision litigieuse ;
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Banvillet pour statuer sur les demandes de référé, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience publique du 1er octobre 2026 à 10h45, Mme B... étant greffière d’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Banvillet, juge des référés ;
- les observations de Me Merhoum-Hammiche représentant M. A... qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ; il soutient, en outre, que la condition d’urgence est remplie dans la mesure où il est susceptible de perdre son emploi ;
- le préfet de la Seine-Maritime n’étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu’au 5 mai 2026, a déposé, le 15 janvier 2026, une demande de renouvellement de ce titre. Par une décision dont l’intéressé demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution, le préfet de la Seine-Maritime lui a notifié la clôture de sa demande de titre de séjour au motif de l’incomplétude de son dossier.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ».
En ce qui concerne la recevabilité et l’étendue du litige :
3. D’une part, aux termes de l’article R. 431-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers en France et du droit d’asile : « L’étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d’un titre de séjour présente à l’appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3° Les documents justifiants de l’état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu’il sollicite la délivrance ou le renouvellement d’un titre de séjour pour motif familial. / La délivrance du premier récépissé et l’intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. / Lorsque la demande de titre de séjour est introduite en application de l’article L. 431-2, le demandeur peut être autorisé à déposer son dossier sans présentation de ces documents ». Aux termes de l’article R. 431-11 du même code : « L’étranger qui sollicite la délivrance d’un titre de séjour présente à l’appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code. / En cas de demande incomplète, les pièces justificatives et les informations manquantes doivent être demandées par l'administration et transmises par l'étranger dans un délai raisonnable », l’arrêté mentionné à cet article dressant une liste de pièces pour chaque catégorie de titre de séjour.
4. Il résulte de ces dispositions que la clôture d’une demande de titre de séjour motif pris du caractère incomplet du dossier ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir lorsque le dossier est effectivement incomplet, en l’absence de l’un des documents mentionnés à l’article R. 431-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ou lorsque l’absence d’une pièce mentionnée à l’annexe 10 à ce code, auquel renvoie l’article R. 431-11 du même code, rend impossible l’instruction de la demande
5. D’autre part, aux termes de l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. (…) ».
6. Il résulte de l’instruction que le préfet de la Seine-Maritime a clôturé la demande de titre de séjour de M. A... au motif que l’intéressé avait présenté un dossier incomplet. Toutefois, il résulte des pièces versées aux débats que M. A... s’est vu délivrer une attestation de prolongation d’instruction valable du 25 juin 2026 au 24 septembre 2026, la délivrance d’un tel document attestant, en application des dispositions précitées du deuxième alinéa de l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, que la demande déposée par l’intéressé était complète. Dans ces conditions, le préfet de la Seine-Maritime, à qui il appartenait de s’assurer que le dossier de demande comprenait l’ensemble des éléments nécessaires à son instruction préalablement à la délivrance d’une attestation de prolongation d’instruction, ne pouvait pas opposer au requérant l’incomplétude de son dossier. Par suite, la décision attaquée constitue une décision faisant grief, que M. A... est recevable à contester devant le juge de l’excès de pouvoir ainsi que, par voie de conséquence, à en demander la suspension devant le juge des référés. Il suit de là que la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
En ce qui concerne l’urgence :
7. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence est en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement ou d’un retrait du titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
8. M. A..., à qui le préfet de la Seine-Maritime a refusé de procéder au renouvellement de son titre de séjour, peut se prévaloir d’une présomption d’urgence. Le préfet de la Seine-Maritime n’apporte aucun élément de nature à renverser cette présomption d’urgence. Par suite, la condition d’urgence prévue par les dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative doit ainsi être regardée comme étant remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :
9. Les moyens tirés de l’incompétence de l’auteur de la décision attaquée et du défaut d’examen sérieux sont, en l’état de l’instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.
Sur les conclusions à fin d’injonction:
10. La suspension de l’exécution de la décision contestée implique nécessairement que le préfet de la Seine-Maritime enregistre, à titre provisoire et jusqu’à ce qu’une formation collégiale du tribunal se prononce sur sa requête au fond, la demande de titre de séjour de M. A... et lui délivre un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 800 euros à verser à M. A... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L’exécution de la décision par laquelle le préfet de la Seine‑Maritime a clôturé la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par M. A... est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Maritime d’enregistrer, à titre provisoire et jusqu’à ce qu’une formation collégiale du tribunal se prononce sur sa requête au fond, la demande de titre de séjour de M. A... et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L’Etat versera à M. A... la somme de 800 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime
Fait à Rouen, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
Signé :
M. BANVILLET
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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