jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1600862 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre, JU |
| Avocat requérant | SELARL CALLON AVOCAT & CONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n°1408370 du 27 mars 2015, le tribunal administratif de Melun a enjoint au préfet du Val-de-Marne d'attribuer à M. et Mme B un logement de type T4 répondant à leurs besoins et à ses capacités avant le 1er juin 2015 sous astreinte destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement de 500 euros par mois de retard à compter de cette date.
Par un mémoire, enregistré le 17 février 2016 M. B fait valoir que le logement de type T3 proposé par le préfet du Val-de-Marne ne correspondait pas à la décision de la Commission de médiation qui prescrivait l'attribution d'un logement de type T4.
Par une lettre, enregistrée le 26 juin 2016, le préfet du Val-de-Marne a informé le tribunal qu'une proposition de logement avait été faite à M. B le 24 septembre 2015 mais que le logement n'avait pas pu lui être attribué car il avait refusé cette offre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2022, la préfète du Val-de-Marne conclut à la liquidation de l'astreinte à la date du 24 septembre 2015. Elle fait valoir que :
- une proposition de logement de type T3 a été faite à M. B le 24 septembre 2015 mais il n'a pas pu lui être attribué car M. B avait refusé cette offre ;
- la demande de logement social de M. B a été radiée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Dewailly, vice-président, en application de l'article R. 778-3 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, et en application de l'article L. 732-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience :
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. C,
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 778-8 du code de justice administrative : " Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l'astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur l'exécution de l'injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ".
2. Aux termes de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation dans sa rédaction alors applicable : " I.- Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. / Le demandeur peut être assisté par les services sociaux, par un organisme bénéficiant de l'agrément relatif à l'ingénierie sociale, financière et technique prévu à l'article L. 365-3 ou par une association agréée de défense des personnes en situation d'exclusion. / Ce recours est ouvert à compter du 1er décembre 2008 aux personnes mentionnées au deuxième alinéa du II de l'article L. 441-2-3 et, à compter du 1er janvier 2012, aux demandeurs mentionnés au premier alinéa du même II. / En l'absence de commission de médiation dans le département, le demandeur peut exercer le recours mentionné à l'alinéa précédent si, après avoir saisi le représentant de l'Etat dans le département, il n'a pas reçu une offre tenant compte de ses besoins et de ses capacités dans un délai fixé par voie réglementaire. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne statue en urgence, dans un délai de deux mois à compter de sa saisine. Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du commissaire du Gouvernement. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. / Le montant de cette astreinte est déterminé en fonction du loyer moyen du type de logement considéré comme adapté aux besoins du demandeur par la commission de médiation. / Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. "
3. Par le jugement susvisé, le tribunal a prononcé, en application de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, une astreinte de 500 euros par mois à compter du 1er juin 2015, à l'encontre du préfet du Val-de-Marne, s'il n'exécutait pas l'injonction qui lui était faite d'assurer le logement de M. et Mme B dans un appartement de type T4.
4. D'une part, il résulte de l'instruction que le préfet du Val-de-Marne a fait une proposition de logement de type T3 situé 3 rue du Clos Dion à Montereau-Fault-Yonne que M. et Mme B ont refusé au motif qu'il était inadapté à leur situation. Eu égard à la décision de la commission de médiation du Val-de-Marne qui a reconnu M. et Mme B prioritaires et devant être logés d'urgence dans un logement de type T4, un appartement de type T3 n'est pas adapté à leur situation. D'autre part, si le préfet du Val-de-Marne fait valoir que la demande de logement social de M. B a été radiée, il n'apporte aucun élément de nature à l'établir. Par suite, M. et Mme B doivent être regardés comme justifiant d'un motif impérieux de refus de ce logement.
5. Dans ces conditions, il y a lieu, de procéder à la liquidation provisoire de l'astreinte au taux de 500 euros par mois de retard prévue par le jugement, pour la période courant du 1er juin 2015 (selon le terme fixé à l'article 1er du jugement) au 18 novembre 2022, soit 1er octobre 2022, soit 44 800 euros (quarante-quatre mille huit-cent euros) et de condamner l'Etat à verser cette somme au fonds précité, conformément aux dispositions de l'article L.441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser au fonds précité la somme de 44 800 euros (quarante-quatre mille huit cent euros) pour la période courant du 1er juin 2015 au 18 novembre 2022 au titre de la liquidation provisoire de l'astreinte prononcée par le jugement susvisé.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la préfète du Val-de-Marne et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
S. C
La greffière,
S. SISTAC
La République mande et ordonne la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026