Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-1802267
jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1802267 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CHATAIN & ASSOCIÉS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 mars 2018, un mémoire enregistré le 8 octobre 2020, un mémoire récapitulatif présenté en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 10 mai 2021, et deux autres mémoires enregistrés le 31 mai 2021 et le 18 mars 2024, la société GTM Bâtiment, représentée par l'AARPI Levy-Chevalier, Leborgne, agissant par Me Levy-Chevalier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner in solidum, ou subsidiairement à hauteur de leurs parts de responsabilité respectives, la société SOCOTEC Construction, venant aux droits de Socotec France, et la société Sibat, à la " garantir " de toutes condamnations " susceptibles d'être prononcées " à son encontre au bénéfice du département de Seine-et-Marne ou de toute autre partie, dans le cadre du litige afférent aux désordres allégués par le conseil départemental de Seine-et-Marne et relatif au collège Claude Monet, notamment dans le cadre de la procédure pendante sous le n° 1802618, avec la capitalisation des intérêts ;
2°) de rejeter toutes les demandes formées contre elle dans la présente instance ;
3°) de mettre solidairement à la charge des " défenderesses " une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, au soutien de sa demande, pour l'essentiel, en précisant les différents manquements qu'elle impute à la maîtrise d'œuvre et au bureau de contrôle, que " dans l'hypothèse où une quelconque condamnation serait prononcée à l'encontre de la société GTM Bâtiment au bénéfice du conseil départemental de Seine-et-Marne ou de toute autre partie, il conviendrait voir déclarer Madame A responsable des désordres, et de condamner in solidum et subsidiairement à hauteur de leurs parts de responsabilité respectives la société Sibat, et la société Socotec Construction venant aux droits de Socotec France à l'en garantir ".
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2018, un mémoire récapitulatif présenté en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 25 mai 2021, et des mémoires enregistrés le 8 mars 2024, et les 2 et 15 avril 2024, la société Socotec Construction, venant aux droits de Socotec France, représentée par la SELARL Cabinet
Draghi-Alonso, conclut :
1°) au rejet de toutes les conclusions présentées à son encontre ;
2°) à titre subsidiaire, à la condamnation in solidum de la société GTM Bâtiment, de Mme B A et de la société Sibat à la garantir de toutes condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre ;
3°) à la condamnation du conseil départemental de Seine-et-Marne à supporter l'ensemble des coûts consécutifs à la fermeture du collège, décision prise sous sa seule autorité ;
4°) à la mise à la charge du département de Seine-et-Marne, ou à défaut tout succombant, d'une somme de 15 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire récapitulatif présenté en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 20 mai 2021, et un mémoire enregistré le 18 juin 2021, la société Sibat et Mme B A, représentées par la SELALR Edou, de Buhren, Honoré, conclut :
1°) à la condamnation de la Société GTM Bâtiment et de la société Socotec à les garantir de toutes condamnations qui pourraient être prononcées à leur encontre sur le fondement des demandes du département du " Val-de-Marne " ou de toute autre personne dans le cadre de la présente affaire ;
2°) à la mise à la charge du département du " Val-de-Marne " du versement de la somme de 5 000 euros à Mme A et à la société Sibat en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense enregistrés le 20 juin 2018, un mémoire récapitulatif présenté en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 31 mai 2021, et un mémoire enregistré le 12 avril 2024, le département de Seine-et-Marne, représenté par l'AARPI Chatain et associés, agissant par Me Fayat, conclut au rejet des conclusions présentées à son encontre par la société Sibat et Mme B A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la décision du Conseil d'Etat du 12 juin 2006, n°228841, et celle du 8 août 2008,
n° 297044, 311386 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative :
" () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (), les requêtes ne comportant que () des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien () ".
2. D'autre part, la détermination des responsables définitifs d'un dommage peut, le cas échéant, être assurée, soit par des appels en garantie que peut former, au cours de l'instance introduite en vue de la réparation du dommage, la personne à qui il est demandé réparation, soit par des actions récursoires que cette personne peut exercer après avoir effectivement payé les sommes qu'elle a été condamnée à verser par une décision de justice exécutoire, ou qu'elle s'est obligée à verser par une transaction conclue pour clore le litige relatif aux conséquences de ce dommage. Lorsque les conclusions d'une requête sont qualifiées par leur auteur d'appel en garantie alors qu'elles présentent la nature d'une action récursoire, il appartient au juge de requalifier de telles conclusions conformément à leur nature exacte.
3. En l'espèce, en premier lieu, les conclusions de la requête de la société GTM Bâtiment, tendant à la condamnation de la société Socotec Construction et de la société Sibat à la " garantir " de toutes condamnations " susceptibles d'être prononcées " à son encontre au bénéfice du département de Seine-et-Marne, ou de toute autre partie, dans le cadre du litige relatif aux désordres affectant le collège Claude Monet, ont été présentées dans une instance distincte de celle qui a été introduite, d'ailleurs ultérieurement, par le département de Seine-et-Marne en vue d'obtenir la condamnation de la société requérante à réparer ces désordres. Ces conclusions qualifiées d'appel en garantie présentent ainsi, en réalité, la nature d'une action récursoire et doivent être requalifiées comme telle.
4. En second lieu, non seulement la société requérante ne justifie d'aucune condamnation prononcée à son encontre, ni d'aucun paiement effectif de sommes qu'elle aurait été ainsi condamnée à payer, ou qu'elle se serait obligée à payer par la voie de la transaction, mais elle se borne expressément à n'invoquer que les condamnations " susceptibles d'être prononcées " à son encontre au bénéfice du département de Seine-et-Marne, dont la demande n'a, à ce jour, pas été jugée par le tribunal. Or cette seule éventualité est manifestement insusceptible de venir au soutien de la justification de la créance certaine qu'il appartient à l'auteur d'une action récursoire d'apporter pour en demander le paiement à une personne définitivement responsable. A défaut de justifier d'une telle créance, tous les autres moyens de la requête, qui tendent notamment à établir les responsabilités de la maîtrise d'œuvre et du bureau de contrôle, sont inopérants. Il s'ensuit que la requête doit être rejetée sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Aucune responsabilité n'étant retenue à la demande de la société requérante, les appels en garantie formés par les défendeurs ne peuvent qu'être rejetés sur le même fondement.
5. Enfin, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à que les conclusions présentées sur leur fondement contre les défendeurs, qui ne sont pas les parties perdantes, soient accueillies. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, de faire droit aux autres conclusions présentées à ce titre dans ce litige.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société GTM Bâtiment est rejetée.
Article 2 : Les conclusions des autres parties sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société GTM Bâtiment, à la société Socotec Construction, venant aux droits de Socotec France, à la société Sibat, à Mme B A et au département de Seine-et-Marne.
Le président,
X. Pottier
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2618520
01/09/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2502745
01/09/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2604577
01/09/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2620197
01/09/2026