jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1806570 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET PIERRE LAVALETTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 août 2018 et 10 mars 2019, la société par actions simplifiée (SAS) KP1, représentée par Me Lavalette, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2016 et de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 8 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- l'administration n'a pas réalisé d'analyse factuelle en intégrant la totalité des immobilisations comptabilisées de sorte qu'elle ne rapporte pas la preuve, qui lui incombe, que les immobilisations litigieuses entrent dans la base de la taxe foncière sur les propriétés bâties ;
- c'est à tort, sur le terrain de la loi, que l'administration a retenu dans la base imposable de la taxe foncière les immobilisations litigieuses lesquelles ne peuvent l'être compte tenu de leur nature, dès lors qu'elles ne sauraient avoir le caractère d'immobilisation au regard des règles comptables puisqu'elles constituent des charges comptabilisées par erreur comme des immobilisations et qu'elles doivent être considérées comme des biens d'équipements spécialisés exonérés sur le fondement du 11° de l'article 1382 du code général des impôts ;
- tous les outillages et autres moyens matériels d'exploitation utilisés doivent être exclus des bases de la taxe foncière, qu'ils soient dissociables ou non des immeubles, avec pour seule exception ceux visés aux 1° et 2° de l'article 1381 du code général des impôts, ce qui n'est pas établi par l'administration ;
- il est démontré que certaines factures ne correspondent pas à l'une des cinq catégories de changement pouvant être constatés annuellement dès lors qu'elles n'influent pas sur le prix de revient comptable et doivent être comptabilisées en charge ; le paragraphe 160 de la doctrine référencée BOI-IF-TFB-20-20-10-20 trouve à cet égard à s'appliquer ;
- trouvent à s'appliquer, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, les paragraphes 1, 110, 160 de la doctrine référencée BOI-IF-TFB-10-10-10, les paragraphes 160 et 170 de la doctrine référencée BOI-IF-TFB-10-50-30, les paragraphes 5, 40, 130 et 150 de la doctrine référencée BOI-IF-TFB-10-10-20, ainsi que le paragraphe 50 de la doctrine référencée BOI-RFPI-BASE-20-30-10 ;
- la décision d'exclure certains éléments des bases de la taxe foncière pour d'autres établissements constitue une prise de position formelle opposable à l'administration sur le fondement de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales ;
- elle est en droit de bénéficier de la compensation prévue à l'article L. 205 du livre des procédures fiscales pour les immobilisations exclues de la base imposable pour les impositions des années antérieures.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 novembre 2018 et 10 janvier 2020, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au non-lieu à statuer à hauteur des dégrèvements prononcés et au rejet du surplus des conclusions de la requête, en faisant valoir que les autres moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a statué sur la réclamation préalable ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 septembre 2022 :
- le rapport de M. A ;
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) KP1 a pour activité la vente et la production notamment de composants en béton précontraint et de matériaux composites pour tous les types de bâtiments à destination des points de grande distribution et possède plusieurs établissements en France. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité diligentée par les services de la direction des vérifications nationales et internationales portant sur la période du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2011, au cours de laquelle il a été relevé, notamment, que pour l'établissement situé à Poincy (Seine-et-Marne), certains biens n'avaient pas été pris en compte dans les bases imposables de la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2012 et des cotisations foncières des entreprises (CFE) au titre des années 2010 à 2013. Des rectifications de base et la mise en recouvrement de cotisations supplémentaires de taxe foncière et de CFE se sont ensuivies au titre de ces années et la CFE ainsi que la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties ont été établies par les services gestionnaires locaux sur ces bases rectifiées au titre, respectivement, des années 2016 et 2017. La réclamation d'assiette présentée par l'intéressée le 26 décembre 2017 a été partiellement rejetée par une décision du directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne en date du 25 juin 2018. Par la requête précitée, la société KP1 demande la réduction des impositions ainsi mises à sa charge.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision en date du 22 novembre 2018, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a prononcé un dégrèvement de 149 euros en ce qui concerne la cotisation foncière des entreprises de l'année 2016 et de 119 euros en ce qui concerne la taxe foncière de l'année 2017. Ainsi, à due concurrence, les conclusions à fin de réduction sont devenues sans objet.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne la mise en œuvre des dispositions de l'article 1517 du code général des impôts :
3. Les règles de détermination de la valeur locative des propriétés bâties qui constitue l'assiette de la taxe foncière sur les propriétés bâties figurent aux articles 1494 à 1518 C du code général des impôts. Aux termes de l'article 1495 du code général des impôts : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation ". Aux termes de l'article 1499 du même code : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat () ". Selon l'article 1516 du même code, dans sa rédaction applicable aux impositions en litige : " Les valeurs locatives des propriétés bâties et non bâties sont mises à jour suivant une procédure comportant : la constatation annuelle des changements affectant ces propriétés ; l'actualisation, tous les trois ans, des évaluations résultant de la précédente révision générale ; l'exécution de révisions générales tous les six ans () ". Aux termes de l'article 1517 du code général des impôts alors en vigueur : " Il est procédé, annuellement, à la constatation des constructions nouvelles et des changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties. Il en va de même pour les changements de caractéristiques physiques ou d'environnement () ". Toutes ces dispositions sont également applicables, en vertu de l'article 1467 du code général des impôts, à l'établissement de la cotisation foncière des entreprises.
4. Il résulte de l'instruction qu'à l'issue de la vérification de comptabilité diligentée par les services de la direction des vérifications nationales et internationales en 2013, les valeurs locatives de l'établissement de la société KP1 situé à Poincy ont été très sensiblement rehaussées. Ainsi, la société KP1 ne peut utilement se prévaloir sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du paragraphe 160 du BOI-IF-TFB-20-20-10-20, qui énonce, d'une part, que les changements de caractéristiques physiques ou d'environnement affectant des immobilisations anciennes ne doivent être pris en compte que dans la mesure où ils influent sur le prix de revient comptable de ces immobilisations et, d'autre part, que des changements de cette nature devraient être exceptionnels dans le secteur industriel, dès lors que les équipements nouveaux dont peuvent se doter les entreprises s'analysent en un changement de consistance pour soutenir que certaines factures portant sur des travaux effectués de 2005 à 2012 seraient afférentes à des charges et ne correspondraient à aucune des cinq catégories prévue au I de l'article 1517.
En ce qui concerne la base des impositions litigieuses ;
5. Aux termes de l'article 1381 du code général des impôts : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation ; 2° Les ouvrages d'art et les voies de communication () ". Aux termes de l'article 1382 du même code : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : () 11° Les outillages et autres installations et moyens matériels d'exploitation des établissements industriels à l'exclusion de ceux visés aux 1° et 2° de l'article 1381 ". En vertu de l'article 1467 du code général des impôts, la cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu notamment du 11° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période. En vertu de ce même article, la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière est calculée suivant les règles fixées pour l'établissement de cette taxe.
6. La société requérante ayant comptabilisé les éléments litigieux dans les comptes " 211 Terrains ", " 212 Agencements et aménagements de terrains " et " 213 Constructions ", l'administration fiscale était fondée à les prendre en compte pour la détermination de la valeur locative des biens passibles de taxe foncière.
7. La société KP1 soutient, d'une part, que figurent parmi les immobilisations enregistrées aux comptes 211 à 213 dont le prix de revient a été pris en compte dans les bases d'imposition litigieuses, des travaux relevant de l'entretien et de la réparation constitutifs de charges qui y ont été enregistrés par erreur et, d'autre part, que l'administration a compris dans les bases d'imposition des impôts litigieux des biens d'équipement spécialisés et des biens mobiliers. Elle a fourni, à l'appui de ses dernières écritures, la liste des immobilisations qu'elle souhaite voir exclure de la base des impositions contestées.
S'agissant de la charge de la preuve :
8. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.
9. Le prix de revient des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière, évalué selon la méthode comptable, est celui qui est inscrit à l'actif du bilan. L'administration peut se fonder sur les énonciations comptables opposables à la société pour inclure dans la valeur locative des immobilisations le montant des travaux inscrits en tant qu'immobilisations, sauf pour la société à démontrer que ces travaux constitueraient en réalité des charges déductibles.
S'agissant des biens d'équipements spécialisés :
Sur le terrain de la loi fiscale :
10. Pour apprécier, en application de l'article 1495 du code général des impôts et de l'article 324 B de son annexe III, la consistance des propriétés qui entrent, en vertu de ses articles 1380 et 1381, dans le champ de la taxe foncière sur les propriétés bâties, il est tenu compte, non seulement de tous les éléments d'assiette mentionnés par ces deux derniers articles mais également des biens faisant corps avec eux. Sont toutefois exonérés de cette taxe, en application du 11° de l'article 1382 du même code, ceux de ces biens qui font partie des outillages, autres installations et moyens matériels d'exploitation d'un établissement industriel, c'est-à-dire ceux de ces biens qui relèvent d'un établissement qualifié d'industriel au sens de l'article 1499, qui sont spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un tel établissement et qui ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381.
11. En premier lieu, les installations électriques peuvent être utilisées en cas d'affectation des locaux à d'autres activités. Ainsi, elles ne constituent pas des outillages, installations et moyens matériels d'exploitation au sens des dispositions du 11° de l'article 1382 du code général des impôts, spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans l'établissement de Poincy. Par suite, l'administration a pu retenir les immobilisations libellées " déplacement armoire électrique DA ", " poste électrique TGBT HT/BT ", " électricité pour extracteur DA " et " armoire électrique CB DA " pour le calcul de la valeur locative ayant servi de base à l'établissement des impositions en litige sur le fondement du 1° de l'article 1381 du code général des impôts.
12. En second lieu, le libellé de la facture " rampe d'air comprimé prémur " ne suffit pas, à elle seule, à établir son caractère de bien d'équipement spécialisé au sens des dispositions du 11° de l'article 1382 du code général des impôts.
Sur le terrain de la doctrine administrative :
13. En premier lieu, la société KP1 ne peut utilement se prévaloir sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales des paragraphes 160 et 170 du BOI-IF-TFB--10-50-30 20120912 qui, s'il prévoit que l'exonération prévue au 11° de l'article 1382 du code général des impôts " concerne tous les biens de l'espèce qu'ils soient ou non assimilables à des constructions ", ne peut être lu indépendamment du paragraphe 180 qui exclut de l'exonération les installations assimilables à des constructions et ne donne pas, ainsi, une interprétation de la loi différente de celle dont il est fait application par le présent jugement. Il en est de même du paragraphe 160 du BOI-IF-TFB-10-10-10 aux termes duquel " on ne saurait comprendre, parmi les accessoires immobiliers de la construction, les biens d'équipements spécialisés qui servent spécifiquement à l'exercice de l'activité professionnelle ".
14. En second lieu, la circonstance que l'administration ait, pour d'autres établissements de la société requérante situés dans d'autres départements, exclu de la base imposable certains éléments similaires à ceux en litige est sans incidence sur le bien-fondé des impositions litigieuses, dès lors qu'elle ne constitue pas une prise de position formelle au sens des dispositions de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales.
S'agissant des biens mobiliers et des biens " situés hors champ d'application de la taxe foncière sur les propriétés bâties " :
Sur le terrain de la loi fiscale :
15. Les bâtiments mentionnés au 1° de l'article 1381 comprennent également les aménagements faisant corps avec eux.
16. En premier lieu, s'agissant des climatiseurs correspondant aux immobilisations intitulées " climatisation bureau prémurs ", " climatiseur salle pause " et " climatisation serveur prémur ", il résulte de l'instruction qu'ils sont fixés au bâtiment, n'ont pas vocation à être déplacés et ne sont pas mobiles. La circonstance qu'ils puissent être démontés ne saurait suffire à leur conférer le caractère d'équipements essentiellement démontables et mobiles. S'agissant de l'immobilisation intitulée " climatisation bureaux " afférente à l'année 2004, la simple production d'une photographie ne permet pas d'établir, en l'absence de facture, le caractère déductible de celle-ci.
17. En deuxième lieu, la requérante ne produit aucun élément, hormis un cliché photographique, au soutien de son allégation selon laquelle l'immobilisation intitulée " portillon parking du personnel " devrait être exclue de la base des impositions litigieuses.
18. En troisième lieu, en se bornant à faire valoir que les immobilisations intitulées " portail atelier PAP ", " électricité hall prémurs ", " plomberie hall prémurs ", " travaux électriques ateliers armatures ", " rideaux métalliques atelier " et " création regard fosse autonome " auraient été admises en déduction de la base des impositions par l'administration fiscale au titre d'autres établissements, la requérante ne précise pas pour quel motif ces immobilisations devraient être exclues de cette base. En tout état de cause, il ne résulte pas de l'instruction et notamment des termes des factures ni des photographies produites que les portes industrielles, les rideaux métalliques, les portails, le système électrique, le système de plomberie, la couverture d'un regard, la bouche à incendie, les agencements, la modification d'une plateforme, le tapis de la zone de maintenance et les divers câblages ne constitueraient pas des aménagements faisant corps avec le bâti.
Sur le terrain de la doctrine administrative :
19. La société KP1 ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des paragraphes 1 et 110 de la doctrine référencée BOI-IF-TFB-10-10-10 prévoyant que pour être imposables à la taxe foncière sur les propriétés bâties, une construction doit être fixées au sol à perpétuelle demeure et présenter le caractère d'un véritable bâtiment eu égard à sa nature, sa destination, son importance, son mode d'établissement et sa fixité, lesquels ne peuvent être lus indépendamment des paragraphes 120 et 150 qui prévoit également l'imposition des aménagements faisant corps avec les bâtiments, tels que les éléments de fermetures, de climatisation ou encore d'électricité.
20. La requérante ne peut davantage utilement invoquer les paragraphes 1, 40, 130 et 150 de la doctrine référencée BOI-IF-TFB-10-10-20 qui précise l'interprétation à donner de la notion d'" installations assimilables à des constructions ", prévoit l'imposition des stations d'épuration sauf à ce qu'elles aient le caractère d'outillage et précise le régime d'imposition des ouvrages d'art, dès lors que ces paragraphes ne sont pas applicables en l'espèce.
21. Enfin, la circonstance que l'administration ait, pour d'autres établissements de la société requérante, exclu de la base imposable certains éléments similaires à ceux en litige est sans incidence sur le bien-fondé des impositions litigieuses et ne constitue pas une prise de position formelle au sens de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales.
S'agissant des éléments qualifiés de charges par la société KP1 :
Sur le terrain de la loi fiscale :
22. Aux termes de l'article 1499 du code général des impôts, " la valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article 324 AE de l'annexe III au même code, " Le prix de revient visé à l'article 1499 du code général des impôts s'entend de la valeur d'origine pour laquelle les immobilisations doivent être inscrites au bilan en conformité de l'article 38 quinquies de la présente annexe ".
23. Sont constitutives d'immobilisations, les dépenses d'entretien qui ont pour effet soit de prolonger notablement la durée probable d'utilisation d'un élément d'actif soit d'augmenter la valeur de ce dernier.
24. En ce qui concerne les immobilisations libellées " portail atelier PAP ", " remise en conformité instal électrique ", " éclairage atelier poutrelle ", " réfection poste distribution fuel ", " éclairage hall PAP ", " travaux électriques atelier armatures ", " rideaux métalliques atelier ", " réfection parc prémurs ", " complément réfection parc prémurs ", " remise en état sanitaire ", " remplacement rideau métallique PAP1 ", " réfection partie génie civil CB DA ", " réfection parc prémurs ", " plomberie bureau prémurs ", " câblage contrôle tension " DA et PPA, " câblage informatique hall prémurs et " récupérations eaux de lavage centrale PAP ", la société KP1 n'établit pas, par les éléments qu'elle produit, que ces factures auraient porté sur des travaux d'entretien ou de réparation et constitueraient ainsi des charges déductibles.
25. En revanche, il résulte des factures produites s'agissant de l'immobilisation intitulée " armoire électrique CB DA " que cette prestation a consisté en 246 heures de main d'œuvre pour des travaux d'entretien électrique, ces éléments n'étant pas contredits par l'administration fiscale en défense. Par suite, la société KP1 établit que ces travaux d'entretien constituent des charges déductibles et doivent être exclus de la base imposable des impositions en litige.
Sur le terrain de la doctrine administrative :
26. D'une part, la société KP1 ne peut utilement invoquer le paragraphe 50 de la doctrine BOI-RFPI-BASE-20-30-10 qui porte sur les charges déductibles des revenus fonciers et n'est donc pas applicable en l'espèce.
27. D'autre part, la circonstance que l'administration ait, pour d'autres établissements de la société requérante, exclu de la base imposable certains éléments similaires à ceux en litige est sans incidence sur le bien-fondé des impositions litigieuses et ne constitue pas une prise de position formelle au sens de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales.
Sur les conclusions à fin de compensation :
28. La requérante se prévaut des dispositions de l'article L. 205 du livre des procédures fiscales et du principe de sécurité juridique pour demander la réduction des impositions en litige.
29. Toutefois, il résulte de l'instruction que les immobilisations relatives aux câbles de contrôles tension DA et PPA et au coût de l'électricité pour extracteur DA ont été exclues du calcul de la valeur locative par la décision de dégrèvement mentionnée au point 2 du présent jugement. Par ailleurs, si la société KP1 soutient que d'autres immobilisations auraient également été exclues du calcul de la base imposable pour les impositions des années antérieures de son établissement de Poincy dans le cadre de ses précédents contentieux, elle ne l'établit pas. Dans ces conditions, les moyens précités ne peuvent qu'être écartés.
30. Il résulte de tout ce qui précède que la société KP1 est seulement fondée à demander que le prix de revient total des immobilisations à retenir pour la base d'imposition de la taxe foncière sur les propriétés bâties de l'année 2017 et de la cotisation foncière des entreprises de l'année 2016 soit réduit de la somme de 9 594 euros.
Sur les frais de justice :
31. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans le cadre de cette instance, les conclusions de la requérante au titre des frais de justice doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête à hauteur des dégrèvements intervenus en cours d'instance pour un montant cumulé de 268 euros.
Article 2 : Le prix de revient des immobilisations à retenir pour la détermination de la base de la taxe foncière sur les propriétés bâties de l'année 2017 et de la cotisation foncière des entreprises de l'année 2016 est réduit de 9 594 euros.
Article 3 : La société KP1 est déchargée de la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2017 et de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2016 conformément à la réduction de la base d'imposition résultant de l'article 2.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SAS KP1 et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le rapporteur,
P. A La présidente,
I. BILLANDON
Le greffier,
G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026