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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-1808287

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-1808287

jeudi 22 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-1808287
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantMATTEI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2018, la société à responsabilité limitée (SARL) Comet Sécurité Privée, représentée par Me Mattéi, demande au tribunal :

1) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2013 mis à sa charge, en droits simples, intérêts de retard, majorations, amendes et pénalités ;

2) à titre subsidiaire, de prononcer une réduction d'un montant de 16 481 euros de droits simples au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2013 ;

3) de prononcer la substitution de toutes amendes, pénalités et majorations appliquées aux seuls intérêts de retard ;

4) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requérante soutient que :

- l'administration a effectué une vérification de comptabilité innommée et a commis un détournement de procédure ;

- la garantie du débat oral et contradictoire a été méconnue quant aux pièces bancaires obtenues ;

- la procédure de taxation d'office a été irrégulièrement mise en œuvre ;

- l'administration a méconnu les dispositions des articles L. 51, L. 64 et L. 76 du livre des procédures fiscales ;

- elle est fondée à invoquer la prise de position formelle de l'administration découlant du premier contrôle effectué ;

- le faisceau d'indices pris en compte par le service ne suffit pas à établir l'existence de factures de complaisance ;

- eu égard aux erreurs substantielles commises par l'administration, elle est en droit de réclamer en application de l'article L. 80 CA du livre des procédures fiscales la substitution des amendes, majorations et pénalités aux seuls intérêts de retard ;

- la prise de position formelle de l'administration empêche l'application de l'amende de l'article 1737 du code général des impôts.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 avril 2019, le directeur de contrôle fiscal Ile-de-France Ouest conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.

Vu :

- la décision par laquelle l'administration a statué sur la réclamation préalable ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 septembre 2022 :

- le rapport de M. A ;

- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société à responsabilité limitée (SARL) Comet Sécurité Privée, qui exerce une activité de sécurité et de gardiennage, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période allant du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2013, à l'issue de laquelle elle a été rendu destinataire d'une proposition de rectification en date du 17 novembre 2015. Des rappels de taxe sur la valeur ajoutée de cette même période ont été mis en recouvrement à son encontre le 29 janvier 2016. L'intéressée a présenté plusieurs réclamations dont la dernière a été rejetée par décision du directeur de contrôle fiscal Ile-de-France Ouest en date du 6 août 2018. Par la requête précitée, la société demande la décharge des impositions émises à son encontre.

Sur la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, selon l'article L. 13 du livre des procédures fiscales : " I.- Les agents de l'administration des impôts vérifient sur place, en suivant les règles prévues par le présent livre, la comptabilité des contribuables astreints à tenir et à présenter des documents comptables () ". Aux termes de l'article L. 51 du même livre : " Lorsque la vérification de la comptabilité, pour une période déterminée, au regard d'un impôt ou taxe ou d'un groupe d'impôts ou de taxes est achevée, l'administration ne peut procéder à une nouvelle vérification de ces écritures au regard des mêmes impôts ou taxes et pour la même période () ". Aux termes de l'article L. 80 F du livre des procédures fiscales : " Pour rechercher les manquements aux règles de facturation auxquelles sont soumis les assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée en application du code général des impôts (), les agents des impôts ayant au moins le grade de contrôleur peuvent se faire présenter les factures, la comptabilité matière ainsi que les livres, les registres et les documents professionnels pouvant se rapporter à des opérations ayant donné ou devant donner lieu à facturation et procéder à la constatation matérielle des éléments physiques de l'exploitation (). L'enquête définie au présent article ne relève pas des procédures de contrôle de l'impôt prévues aux articles L. 10 à L. 47 A () ". Aux termes de l'article L. 80 H de ce livre, dans sa rédaction applicable à la présente procédure : " A l'issue de l'enquête prévue à l'article L. 80 F, les agents de l'administration établissent un procès-verbal consignant les manquements constatés ou l'absence de tels manquements (). Les constatations du procès-verbal ne peuvent être opposées à cet assujetti ainsi qu'aux tiers concernés par la facturation que dans le cadre des procédures de contrôle mentionnées à l'article L. 47 au regard des impositions de toute nature et de la procédure d'enquête prévue à l'article L. 80 F () ".

3. La requérante a fait l'objet, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 F du livre des procédures fiscales, d'une enquête concernant d'éventuels manquements aux règles de facturation des années 2013 et 2014, qui s'est déroulée du 4 février au 4 mars 2015. Il ne résulte pas de l'instruction qu'au cours de cette enquête, l'administration aurait procédé à un examen critique des pièces comptables relatives à ces années d'imposition et ainsi effectué une vérification de comptabilité de la société au sens de l'article L. 13 du livre des procédures fiscales. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la vérification de comptabilité qui s'est déroulée du 26 mai au 21 octobre 2015 serait irrégulière au regard des dispositions précitées de l'article L. 51 du livre des procédures fiscales. En outre, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir qu'en exerçant ce droit d'enquête, qui ne constitue pas une procédure de contrôle conformément aux dispositions de l'article L. 80 F du même livre, l'administration aurait ainsi commis un détournement de procédure.

4. En deuxième lieu, si, eu égard aux garanties dont le livre des procédures fiscales entoure la mise en œuvre d'une vérification de comptabilité, l'administration est tenue, lorsque, faisant usage de son droit de communication, elle consulte au cours d'une vérification tout ou partie de la comptabilité tenue par l'entreprise vérifiée mais se trouvant chez un tiers, de soumettre l'examen des pièces obtenues à un débat oral et contradictoire avec le contribuable, il n'en est pas de même lorsque lui sont communiqués des documents ne présentant pas le caractère de pièces comptables de l'entreprise vérifiée.

5. La société soutient que l'administration aurait méconnu la garantie du débat oral et contradictoire en obtenant d'un établissement bancaire des pièces le 10 novembre 2015, alors que la réunion de synthèse avait eu lieu le 21 octobre précédent. Toutefois, les relevés de comptes bancaires d'une entreprise dont l'administration a eu connaissance dans le cadre de l'exercice, auprès d'un établissement bancaire, de son droit de communication ne constituent pas un élément de la comptabilité tenue par cette entreprise. Dans ces conditions, la circonstance que l'examen de ces relevés n'a pas été soumis par l'administration à un débat oral et contradictoire avec la SARL Comet Sécurité Privée n'a en tout état de cause pas entaché d'irrégularité la procédure d'imposition.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 302 septies A du code général des impôts, alors en vigueur : " I. Il est institué par décret en Conseil d'Etat un régime simplifié de liquidation des taxes sur le chiffre d'affaires dues par les personnes dont le chiffre d'affaires, ajusté s'il y a lieu au prorata du temps d'exploitation au cours de l'année civile, n'excède pas 777 000 €, s'il s'agit d'entreprises dont le commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place ou de fournir le logement, ou 234 000 €, s'il s'agit d'autres entreprises. Ces limites s'apprécient en faisant abstraction de la taxe sur la valeur ajoutée et des taxes assimilées () ". Selon l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : () 3° aux taxes sur le chiffre d'affaires, les personnes qui n'ont pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'elles sont tenues de souscrire en leur qualité de redevables des taxes () ".

7. Il résulte de l'instruction que le chiffre d'affaires hors taxe déclaré annuellement par la requérante, à savoir respectivement 306 057 euros au titre de l'année 2013 et de 590 000 euros au titre de l'année 2014 était supérieur, au cours de l'ensemble de la période d'imposition en litige, au seuil de chiffre d'affaires de 234 000 euros prévu par les dispositions précitées de l'article 302 septies A du code général des impôts pour le bénéfice du régime simplifié de liquidation des taxes sur le chiffre d'affaires. Par suite, et en l'absence de déclarations mensuelles de TVA au titre des années en cause, c'est à bon droit que l'administration fiscale lui a notifié les rappels en litige selon la procédure de taxation d'office sur le fondement du 3° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales.

8. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 64 du livre des procédures fiscales : " Afin d'en restituer le véritable caractère, l'administration est en droit d'écarter, comme ne lui étant pas opposables, les actes constitutifs d'un abus de droit, soit que ces actes ont un caractère fictif, soit que, recherchant le bénéfice d'une application littérale des textes ou de décisions à l'encontre des objectifs poursuivis par leurs auteurs, ils n'ont pu être inspirés par aucun autre motif que celui d'éluder ou d'atténuer les charges fiscales que l'intéressé, si ces actes n'avaient pas été passés ou réalisés, aurait normalement supportées eu égard à sa situation ou à ses activités réelles. En cas de désaccord sur les rectifications notifiées sur le fondement du présent article, le litige est soumis, à la demande du contribuable, à l'avis du comité de l'abus de droit fiscal. L'administration peut également soumettre le litige à l'avis du comité () ".

9. Pour procéder aux rectifications litigieuses, l'administration s'est bornée à constater que les factures de sous-traitance adressées par la SASU SSIA constituaient des factures de complaisance. Elle ne s'est ainsi pas fondée sur la dissimulation de la portée véritable d'une convention ou d'un contrat et n'a par suite pas recouru, même implicitement, à la procédure de répression des abus de droit. La requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir qu'elle aurait été privée des garanties de procédure prévues par les dispositions visées au point 8.

10. En cinquième lieu, l'article L. 76 du livre des procédures fiscales prévoit que : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination sont portées à la connaissance du contribuable trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions () ". Par ailleurs, il résulte des dispositions de l'article L. 8222-1 du code du travail que toute personne qui conclut un contrat dont l'objet porte sur une obligation d'un montant minimum en vue de l'exécution d'un travail, de la fourniture d'une prestation de services ou de l'accomplissement d'un acte de commerce est tenue de vérifier, lors de la conclusion de ce contrat et périodiquement jusqu'à la fin de son exécution, que son cocontractant s'acquitte de certaines obligations déclaratives et formalités exigées par la législation du travail.

11. Il résulte de l'instruction que la société requérante n'a pas procédé à l'ensemble des vérifications prévues à l'article L. 8222-1 du code du travail dans sa version applicable au titre des années 2013 et 2014 pour s'assurer que son cocontractant s'acquittait de certaines obligations déclaratives et formalités exigées par la législation du travail. A cet égard, la circonstance que la réglementation relative aux vérifications à effectuer par le donneur d'ordre a été modifiée au 1er janvier 2012 est sans incidence sur l'obligation, pour le donneur d'ordre, de respecter ses obligations légales à la date de leur entrée en vigueur. Par ailleurs, il résulte de de cette même instruction que la proposition de rectification du 17 novembre 2015 comporte les bases servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination, permettant à la requérante de produire utilement des observations le 17 décembre suivant. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la proposition de rectification ne peut qu'être écarté.

Sur le bien-fondé des impositions :

12. En premier lieu, en vertu des dispositions combinées des articles 271, 272 et 283 du code général des impôts et de l'article 230 de l'annexe II à ce code, un contribuable n'est pas en droit de déduire de la taxe sur la valeur ajoutée dont il est redevable à raison de ses propres opérations la taxe mentionnée sur une facture établie à son nom par une personne qui ne lui a fourni aucun bien ou aucune prestation de services. Dans le cas où l'auteur de la facture était régulièrement inscrit au registre du commerce et des sociétés et assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée, il appartient à l'administration, si elle entend refuser à celui qui a reçu la facture le droit de déduire la taxe qui y était mentionnée, d'établir qu'il s'agit d'une facture fictive ou d'une facture de complaisance. Si l'administration apporte des éléments suffisants permettant de penser que la facture ne correspond pas à une opération réelle, il appartient alors au contribuable d'apporter toutes justifications utiles sur la réalité de cette opération.

13. Dans le cadre de la vérification de comptabilité de la SARL Comet Sécurité Privée, le vérificateur a constaté qu'au titre de l'année 2012, la société avait comptabilisé des factures de son fournisseur, la SASU SSIA, pour un montant total de 71 520,08 euros et des paiements correspondants d'un montant de 34 527 euros et qu'au titre de l'année 2013, les factures étaient d'un montant de 559 428,51 euros pour des paiements de 533 496,40 euros. Le vérificateur a également constaté que la SASU précitée avait été créée le 26 novembre 2012 et radiée le 26 mars 2014, que les factures de cette société mentionnaient seulement une prestation de " service incendie et accueil " pour un prix forfaitaire, sans précisions quant aux prestations réalisées, et que la requérante n'était pas en mesure de fournir des plannings d'intervention des personnels pour ses prestations, alors que la SASU sous-traitante ne disposait pas des moyens humains nécessaires à la réalisation de celles-ci. Le service a donc considéré que les factures en cause étaient de complaisance, justifiant un rappel de la taxe sur la valeur ajoutée déductible afférent. Pour contester le faisceau d'indices invoqué par l'administration, la requérante fait valoir que cette SASU était régulièrement inscrite au registre du commerce et des sociétés, que le caractère incomplet des factures est sans effet sur le caractère déductible de la TVA, que l'absence de production de plannings d'intervention est également inopérante sur la déductibilité de la TVA, que les pièces justificatives produites par cette SASU étaient suffisantes pour garantir de sa moralité fiscale, qu'elle disposait de la capacité juridique et de moyens humains suffisants pour effectuer les prestations sous-traitées et que les factures ont été au moins partiellement réglées. Toutefois, il résulte de l'instruction que ces éléments sont insuffisants pour remettre en cause le faisceau d'indices précité, alors qu'il est établi que les montants effectivement réglés sont inférieurs aux sommes facturées, qu'aucune pièce justificative de la réalité des prestations facturées n'est produite, que la SASU en cause ne disposait effectivement pas des moyens humains pour réaliser ces prestations, que rien ne permet de démontrer qu'elle aurait elle-même fait appel à des sous-traitants pour réaliser ces prestations et que les mentions portées sur ces factures ne permettent pas de déterminer la nature des prestations réalisées ni les modalités de rémunération. Dans ces conditions, l'administration établit que la requérante ne pouvait pas bénéficier d'un droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée figurant sur les factures en litige. Enfin, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle est en droit de bénéficier de la déductibilité de la TVA à hauteur des montants des factures effectivement réglés.

14. En second lieu, la société ne saurait sérieusement soutenir que les conclusions du droit d'enquête issues du procès-verbal de clôture en date du 4 mars 2015, selon lequel les éléments recueillis au cours de l'enquête " n'ont pas permis de constater des manquements aux règles de facturation ", constitueraient une prise de position formelle de l'administration qui lui serait opposable sur le fondement des articles L. 80 A et L. 80 B du livre des procédures fiscales.

Sur les pénalités :

15. En premier lieu, aux termes du 1er alinéa de l'article L. 80 CA du livre des procédures fiscales : " La juridiction saisie peut, lorsqu'une erreur non substantielle a été commise dans la procédure d'imposition, prononcer, sur ce seul motif, la décharge des majorations et amendes, à l'exclusion des droits dus en principal et des intérêts de retard ".

16. Il résulte de ce qui précède qu'aucune erreur n'entache la procédure d'imposition. La requérante n'est par suite pas fondée à demander l'application des dispositions de l'article L. 80 CA du livre des procédures fiscales.

17. En second lieu, pour contester l'amende fiscale de l'article 1737 du code général des impôts, la société se prévaut de nouveau de la prise de position formelle issue du procès-verbal précité du 4 mars 2015. Toutefois, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 14, la requérante n'est pas fondée à se prévaloir des dispositions des article L. 80 A et L. 80 B du livre des procédures fiscales.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête à fin de décharge doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions au titre des frais de justice doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par la SARL Comet Sécurité Privée est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Comet Sécurité Privée et au directeur de contrôle Ile-de-France Ouest.

Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Billandon, présidente,

M. Meyrignac, premier conseiller,

Mme Van Daële, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.

Le rapporteur,

P. A La présidente,

I. BILLANDON

Le greffier,

G. NGASSAKI

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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