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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-1809362

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-1809362

vendredi 23 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-1809362
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantBENAIS FRANCK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un arrêt n°17PA03810 du 8 novembre 2018, la cour administrative d'appel de Paris a annulé l'ordonnance n°1502040 du 18 octobre 2017, par laquelle le président de la

10ème chambre du tribunal administratif de Melun avait rejeté la requête de M. B et a renvoyé l'affaire devant le tribunal administratif de Melun.

Par cette requête enregistrée le 18 mars 2015, M. C B, représenté par

Me Benaïs, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des droits et pénalités maintenus à sa charge par la décision de dégrèvement partiel du 15 octobre 2013, qui faisait suite au jugement du tribunal administratif de Melun n°1002126 du 16 mai 2013 prononçant la décharge partielle, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à la charge de M. B au titre des années 2002 et 2003 ;

2°) de préciser le décompte des sommes que l'administration devra mettre en recouvrement.

Il soutient que :

- un avis de dégrèvement en date du 15 octobre 2013 a fait suite au jugement du

16 mai 2013 rendu par le tribunal administratif de Melun et des sommes ont été laissées indûment à sa charge ;

- les pénalités pour manquement délibéré que souhaite retenir l'administration étaient fondées sur le volume de rehaussement que l'administration avait envisagé à hauteur de

555 150 euros et 164 870 euros au titre de prétendus revenus de capitaux mobiliers et dont la décharge a été prononcée par le tribunal administratif de Melun ; ces pénalités pour manquement délibéré auraient dû également être dégrevées faute de motivation valable.

Par un mémoire enregistré le 9 octobre 2015, le directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne a conclu au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par un second mémoire en défense, enregistré le 21 février 2019, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 12 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au

5 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- et les conclusions de Mme Vergnaud, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un jugement du 16 mai 2013, le tribunal administratif de Melun a prononcé la réduction, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à la charge de M. B au titre des années 2002 et 2003, à la suite d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle. En exécution de ce jugement, l'administration a prononcé, le 15 octobre 2013, un dégrèvement d'un montant total de

686 549 euros. Par une décision du 12 janvier 2015, l'administration a rejeté la réclamation en date du 11 juin 2014 par laquelle M. B a contesté les sommes maintenues à sa charge. Par une ordonnance du 18 octobre 2017, le tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de

M. B. Par un arrêt du 8 novembre 2018, la cour administrative d'appel de Paris a annulé cette ordonnance, en constatant que M. B, " () n'a pas saisi le Tribunal administratif de Melun d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative () ", et renvoyé M. B devant le tribunal administratif de Melun pour qu'il soit statué sur sa demande. Eu égard aux termes de sa requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la réduction des droits et pénalités maintenus à sa charge par la décision de dégrèvement du 15 octobre 2013 et de préciser le décompte des sommes que l'administration devra mettre en recouvrement.

Sur les conclusions à fin de décharge :

2. Aux termes l'article L. 69 du livre des procédures fiscales : " Sous réserve des dispositions particulières au mode de détermination des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles et des bénéfices non commerciaux, sont taxés d'office à l'impôt sur le revenu les contribuables qui se sont abstenus de répondre aux demandes d'éclaircissements ou de justifications prévues à l'article L. 16 ". Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ".

3. Il résulte de l'instruction, et notamment du jugement du tribunal administratif de Melun du 16 mai 2013, que les rectifications opérées par l'administration sur l'imposition sur le revenu et les contributions sociales dues par M. B au titre des années 2002 et 2003, lesquelles ont donné lieu à une procédure de taxation d'office, portent, pour chacune des deux années vérifiées, sur des revenus fonciers, des revenus de capitaux mobiliers et des revenus d'origine indéterminée, ainsi que sur les pénalités correspondantes. Aux termes de ce même jugement, le tribunal a prononcé la réduction des bases d'imposition relatives aux revenus de capitaux mobiliers de l'intéressé à raison de 555 150 euros au titre de l'année 2002 et de

164 870 euros au titre de l'année 2003 et l'a déchargé des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales, auxquelles il a été assujetti au titre de ces deux années à concurrence de cette réduction en base, ainsi que des pénalités correspondantes. Toutefois, ce même jugement a rejeté le surplus des conclusions du requérant, lesquelles étaient relatives aux rehaussements des bases d'imposition portant sur les revenus fonciers et les revenus d'origine indéterminée dont l'intéressé a bénéficié au titre des années 2002 et 2003.

4. Si le requérant soutient que ses nouvelles bases d'imposition devaient être pour l'année 2002, de 88 883 euros, dont 70 246 euros de revenus d'origine indéterminée,

34 451 euros de déficit foncier reportable, et 5915 euros de charges déductibles et, pour 2003, de 80 267 euros, dont 35 641 euros de revenus d'origine indéterminée, 35 118 euros de revenus fonciers auxquels il convient de déduire le déficit reportable, ainsi que la contribution sociale généralisée déductible à imputer au titre de l'année, il résulte des tableaux de calculs produits en défense par l'administration que les sommes laissées à la charge du requérant correspondent aux montants qui découlent du jugement précité du tribunal administratif de céans. En particulier, si le montant de 35 118 euros de revenus fonciers cité par M. B ne figure pas expressément dans le tableau des nouvelles bases d'imposition pour 2003, ce montant est néanmoins le résultat de la différence entre les 69 569 euros correspondant aux revenus fonciers et les 34 451 euros correspondant aux déficits antérieurs imputés sur les revenus fonciers, montants qui figurent dans le tableau fourni par l'administration, cette dernière somme relevant de l'année 2002 et non de l'année 2003 comme le soutient le requérant.

5. Par ailleurs, il résulte de l'avis de dégrèvement du 15 octobre 2013 que, contrairement à ce que soutient le requérant, les majorations de 10 % appliquées à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales rectifiées dues par le requérant au titre des années 2002 et 2003 sont déjà comprises dans les montants de 49 066 euros et de 11 274 euros, respectivement dus au titre de l'impôt sur le revenu et des contributions sociales de l'année 2002, et dans les montants de 36 813 euros et de 9 741 euros, respectivement dus au titre de l'impôt sur le revenu et des contributions sociales de l'année 2003. Enfin, ainsi qu'il a été dit au point 4, le jugement du tribunal administratif de Melun du 16 mai 2013, qui est devenu définitif, a rejeté les conclusions de M. B aux fins de décharge des impositions supplémentaires correspondant aux revenus d'origine indéterminée, aux revenus fonciers et aux pénalités correspondantes. Le requérant n'est donc pas fondé à solliciter la décharge de l'ensemble des pénalités restant dues au titre de ses manquements délibérés.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B, tendant à la décharge des droits et pénalités maintenus à sa charge par la décision de dégrèvement partiel du 15 octobre 2013, qui faisait suite au jugement du tribunal administratif de Melun du 16 mai 2013, doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à ce que le juge fixe un nouveau décompte des sommes devant être recouvrées par l'administration :

7. Il résulte de ce qui précède qu'il n'est pas établi que la décision du 15 octobre 2013, par laquelle l'administration a partiellement dégrevé l'intéressé, n'aurait pas respecté le jugement du tribunal administratif de Melun du 16 mai 2013. Par suite, et en tout état de cause, les conclusions présentées par M. B tendant à ce que le juge fixe un nouveau décompte des sommes devant être recouvrées par l'administration doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Lalande, président,

M. Allègre, premier conseiller,

M. Dumas, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2022.

Le rapporteur,

M. DUMAS Le président,

D. LALANDE

La greffière,

C. KIFFER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°180936

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