vendredi 23 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1809605 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BOURG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 novembre 2018, M. A B, représenté par Me Nunes, demande au tribunal :
1°) de condamner la société anonyme immobilière d'économie mixte de la région parisienne secteur sud-est à lui verser la somme de 12 000 euros en réparation des préjudices subis, outre les intérêts légaux sur la somme allouée ;
2°) de mettre à la charge de la société anonyme immobilière d'économie mixte de la région parisienne secteur sud-est la somme de 1 750 euros à verser à Me Nunes en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à défaut, au requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- par un jugement n°1610546 du 23 juillet 2018 devenu définitif, le tribunal de céans a annulé la décision du 3 novembre 2016 de la commission d'attribution des logements de la société anonyme immobilière d'économie mixte de la région parisienne secteur sud-est refusant de lui attribuer un logement ;
- il a subi un trouble dans ses conditions d'existence du fait de cette décision qu'il évalue à 12 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 24 janvier 2019 et le 22 septembre 2022, la société anonyme immobilière d'économie mixte de la région parisienne secteur sud-est, représentée par Me Bourg, conclut dans le dernier état de ses écritures :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que M. B soit condamné à lui verser la somme de 5 000 euros au titre des préjudices matériel et moral ;
3°) à ce que M. B soit condamné à lui verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article R. 741-12 du code de justice administrative ;
4°) à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle aurait pris la même décision si elle n'avait pas entaché la décision du 3 novembre 2016 d'insuffisance de motivation ;
- il ne démontre pas la réalité du préjudice qu'il invoque ; il a pris en location un appartement de deux pièces depuis février 2013 ; en outre, dès le 4 novembre 2016, sa demande de logement social a été radiée au motif qu'un logement lui a été attribué auprès d'OSICA.
Par une lettre du 8 septembre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 26 septembre 2022 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 28 octobre 2022.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 décembre 2018.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc, conseillère,
- et les conclusions de M. Grand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 3 novembre 2016, la commission d'attribution de la société immobilière d'économie mixte de la région parisienne secteur sud-est a refusé d'attribuer au requérant le logement qui lui a été proposé. Par le jugement n° 1610546 du 23 juillet 2018 du tribunal de céans, cette décision a été annulée au motif qu'elle était insuffisamment motivée. Il a sollicité, par un courrier du 9 octobre 2018 reçu le 17 octobre 2018 par la société immobilière d'économie mixte de région parisienne secteur sud-est, la réparation du préjudice qu'il estime avoir subi à raison de l'illégalité fautive entachant la décision du 3 novembre 2016. Par un courrier du 23 octobre 2018, il a été informé que la société immobilière d'économie mixte de la région parisienne secteur sud-est rejette cette demande. Par la présente instance, le requérant demande la condamnation de la société immobilière d'économie mixte de la région parisienne secteur sud-est à lui réparer le préjudice qu'il estime avoir subi.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne l'illégalité fautive :
2. Il résulte de l'instruction que, dans son jugement du 23 juillet 2018, le tribunal de céans a annulé la décision du 3 novembre 2016 de la commission d'attribution des logements de la société anonyme immobilière d'économie mixte de la région parisienne secteur sud-est au motif que celle-ci était insuffisamment motivée.
3. Cette illégalité constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la société anonyme immobilière d'économie mixte de la région parisienne secteur sud-est pour autant qu'il en soit résulté pour le requérant un préjudice direct et certain.
En ce qui concerne le préjudice et leur lien de causalité :
4. Si le requérant fait valoir le trouble dans les conditions d'existence qu'il aurait subi, ce préjudice, au demeurant non établi, ne présente aucun lien de causalité direct et certain avec la faute commise par la société anonyme immobilière d'économie mixte de la région parisienne secteur sud-est. Par conséquent, les prétentions indemnitaires du requérant doivent être rejetées.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par le requérant doivent être rejetées.
Sur les conclusions reconventionnelles :
6. Les conclusions de la société anonyme immobilière d'économie mixte de la région parisienne secteur sud-est tendant à la condamnation du requérant pour recours abusif ne sont assorties d'aucune justification. Elles doivent, par suite, être rejetées.
Sur les dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative :
7. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ".
8. La faculté prévue par ces dispositions constitue un pouvoir propre du juge, de sorte que la société immobilière d'économie mixte de la région parisienne secteur sud-est n'est pas fondée à présenter une demande à ce titre. En tout état de cause, il ne résulte pas de l'instruction que le recours du requérant, bien qu'infondé, puisse être regardé comme abusif.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société anonyme immobilière d'économie mixte de la région parisienne secteur sud-est, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le requérant demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme que la société défenderesse demande au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions reconventionnelles présentées par la société anonyme immobilière d'économie mixte de la région parisienne secteur sud-est sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions de la société anonyme immobilière d'économie mixte de la région parisienne secteur sud-est tendant à l'application des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative à l'encontre de M. B sont rejetées.
Article 4 : Les conclusions présentées par la société anonyme immobilière d'économie mixte de la région parisienne secteur sud-est au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la société anonyme immobilière d'économie mixte de la région parisienne secteur sud-est et à Me Nunes.
Délibéré après l'audience du 2 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2022.
La rapporteure,
T. BLANCLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026