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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-1810442

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-1810442

lundi 1 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-1810442
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation8ème chambre
Avocat requérantSCPA BILLEBEAU - MARINACCE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés respectivement le 14 décembre 2018, le 21 février 2020 et le 5 octobre 2022, la communauté de communes du Val Briard, représentée par Me Morandi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

- à titre principal :

1°) de condamner solidairement, sur le fondement de la garantie décennale, la société Vitte et son assureur la société SMA ainsi que la société Betem Ingénierie et son assureur la société Lloyd's de Londres à lui verser la somme de 350 344,73 euros TTC en réparation des désordres affectant les bâtiments de la maison d'accueil rurale pour personnes âgées (MARPA) et de la maison des services (MDS), assortie des intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de sa requête ;

2°) de mettre solidairement à la charge de la société Vitte et de son assureur la société SMA ainsi que de la société Betem Ingénierie et de son assureur la société Lloyd's de Londres la somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

- à titre subsidiaire :

3°) de condamner solidairement, sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle, les sociétés Béranger et SMA, en qualité d'assureur de la société Techniplâtre, à lui verser la somme de 153 076,49 euros TTC en réparation des désordres affectant les bâtiments de la MARPA et de la MDS, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de sa requête ;

4°) de mettre solidairement à la charge des sociétés Béranger et SMA, en qualité d'assureur de la société Techniplâtre, la somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La communauté de communes du Val Briard soulève les moyens suivants :

- à titre principal, elle est fondée à engager la responsabilité décennale des constructeurs ;

- les désordres qui affectent les bâtiments de la MARPA et de la MDS sont apparus dans le délai décennal ;

- en ce qui concerne le dysfonctionnement affectant le système de climatisation :

* seule la responsabilité de la société Betem Ingénierie peut être retenue à ce titre ; sa responsabilité découle nécessairement de la rédaction du cahier des clauses techniques particulières et notamment ses articles 5.10 et 5 ; une faute de conception peut lui être reprochée ;

* ce désordre est de nature à rendre l'ouvrage impropre à son usage dès lors que l'expert a indiqué que la température du local dépasse les limites acceptables ;

- en ce qui concerne le dysfonctionnement de l'assainissement des eaux usées :

* la responsabilité de la société Vitte doit être retenue pour ce désordre tel que l'expert le relève dans son expertise ;

* ce désordre rend l'ouvrage impropre à sa destination ;

* contrairement à ce que la société Betem Ingénierie soutient, il ne s'agit pas des dysfonctionnements ponctuels ;

* l'assurance dommage-ouvrage a été défaillante dans ce dossier ; dans ces conditions la société Vitte ne peut pas lui reprocher d'avoir laissé perdurer les désordres et les désagréments en résultant en dépit d'un rapport d'assurance dommage-ouvrage ;

- en ce qui concerne les fissures et cloques affectant les bâtiments MARPA et MDS :

* la garantie décennale peut être mise en œuvre pour des désordres qui, constatés pendant le délai de dix ans et alors même qu'ils ne compromettent pas la solidité de l'ouvrage ou ne le rendent pas impropre à sa destination pendant ce délai, produisent de tels effets dans un délai prévisible ;

* ces désordres sont d'une gravité suffisante pour justifier la mise en jeu de la responsabilité décennale des constructeurs responsables ; le sapiteur a relevé que pour les fissures de type A - si elles ne compromettent pas la solidité de l'ouvrage, elles mettent en cause l'habitabilité du local donnant sur le joint et entrainent un problème d'étanchéité ; les responsables des fissures de type A sont les personnes chargées du suivi de chantier c'est-à-dire l'entreprise générale et le maître d'œuvre d'exécution ; pour les fissures de type B - un risque de pénétration d'eau existerait et des réparations sont nécessaires ; pour les fissures de type C - elles se sont d'ores et déjà produites et sont susceptibles de s'amplifier ; pour les fissures de type D - des réparations sont également nécessaires et elles sont imputables au maître d'œuvre et au bureau d'étude technique d'exécution ; pour les fissures de type E - elles sont imputables à l'entreprise de gros-œuvre et des réparations sont nécessaires ; pour le désordre de type F - il ne peut que se dégrader dans le temps s'il n'est pas réparé ;

* les fissures qui affectent les bâtiments de la MARPA et de la MDS sont très nombreuses ; aucune des parties, au cours des opérations d'expertise, n'a pas contesté la multiplicité des fissures qui ont été constatées contradictoirement ;

* cette multiplicité des fissures, qui caractérise non seulement une généralisation, mais encore une évolution du phénomène, justifie que l'intégralité des dommages expertisés soit considérée comme relevant de la garantie décennale ;

- en ce qui concerne les tâches sur le sol vinyle :

* l'ampleur des désordres constatés à ce titre justifie que la responsabilité décennale des constructeurs soit engagée au titre de la garantie décennale dès lors que les sols, in fine, sont rendus impropres à leur destination ; en effet ce caractère généralisé des désordres et leur évolution constante impliquent selon l'expert le remplacement de 60 m2 de sol vinyle ;

* seule la responsabilité des constructeurs peut être retenue, sans partage de responsabilité au détriment du maître d'ouvrage ;

- en ce qui concerne la fixation défaillante des appareils sanitaires pour les WC des logements :

* tel que l'expert l'a constaté, la fixation des cuvettes WC est défaillante, n'a pas respecté les notices de montage ni les règles de l'art, provoque un porte-à-faux dangereux lorsque les résidents les utilisent (qui sont des personnes âgées) de sorte que ces ouvrages sont impropres à leur destination ;

* l'entreprise qui a exécuté les travaux afférents engage sa responsabilité décennale ;

* contrairement à ce que les sociétés Betem et Vitte soutiennent, l'expert a retenu que tous les sanitaires étaient affectés du même vice ; lors des opérations d'expertise, tous les participants y compris ces deux sociétés ont acquiescé à ce que l'expert ne procède pas au démontage de toutes les cuvettes ;

- en ce qui concerne l'absence d'étanchéité à l'air des menuiseries extérieures de la MDS :

* les cloisons ne sont pas étanches - ce qui constitue un manquement aux règles de l'art ainsi qu'aux dispositions du DTU afférent et qui occasionne des ponts thermiques importants et des courants d'air froid ;

* ces désordres rendent l'ouvrage impropre à sa destination, de sorte que les travaux nécessaires pour y remédier sont justifiés et elle a droit à réparation au titre de la garantie décennale ;

* la société Betem Ingénierie reconnait l'existence de ces désordres ;

- il y a lieu de retenir la répartition des responsabilités pour chacun des deux bâtiments affectés des désordres afférents retenue par l'expert ;

- l'entrepreneur principal est responsable des agissements de ses sous-traitants ; ainsi les sociétés Pierrot Peinture et Beranger étant intervenues en qualité de sous-traitant du titulaire du marché public des travaux, la réparation des fautes qu'elles ont commises en cette qualité incombe au titulaire du marché public des travaux à savoir la société Vitte ;

- le groupement de maîtrise d'œuvre est un groupement solidaire ; par avenant de transfert, la société Betem Ingénierie s'est substituée à la société ATEA en tant que cotraitant du groupement ; la société Betem Ingénierie était assurée au titre de la responsabilité décennale par la société Lloyd's de Londres ;

- elle a droit au remboursement du coût des travaux préparatoires comprenant des travaux de gros œuvre et de second œuvre ;

- la solution réparatoire a été contradictoirement discutée au cours de plusieurs réunions d'expertise sur la base des documents élaborés par la société BET Bellegarde ING ;

- l'expert a retenu un montant total de 272 989,60 euros TTC pour les travaux réparatoires ; toutefois, s'agissant du désordre " tâche sur le sol vinyle ", les travaux de réfection ont dû être exécutés pour un montant de 10 062 euros TTC et non de 9 836 euros TTC tel que retenu par l'expert ; le montant total pour les travaux réparatoires s'élève donc à 273 215,60 euros TTC ;

- il convient d'ajouter à ce montant les frais et honoraires de maîtrise d'œuvre estimés à 7% des travaux soit 18 765 euros TTC, les frais et honoraires de coordination SPS soit 6 000 euros TTC et les frais et honoraires du contrôleur technique qui peuvent être évalués à hauteur de 7 200 euros TTC, soit un coût total de 305 180,60 euros TTC ;

- elle a également subi un préjudice de jouissance et d'image tenant notamment à l'exposition de son personnel à des conditions de température inacceptables dans le bâtiment de la MDS qui sera justement apprécié à 5 000 euros TTC ;

- elle a également droit au remboursement des frais exposés pour défendre ses intérêts d'un montant de 630,36 euros TTC et les frais et honoraires d'expertise mis à sa charge par les ordonnances du juge des référés du tribunal administratif de Melun d'un montant total de 39 533,77 euros TTC ;

- à titre subsidiaire, elle est fondée à rechercher la responsabilité quasi-délictuelle des sous-traitants de la société Vitte qui ont exécuté les travaux de manière fautive ;

- les conditions cumulatives à cette action sont réunies : elle présente ces conclusions qu'à titre subsidiaire dans le cas où la responsabilité décennale des participants à l'opération de construction n'aurait pas été retenue, les désordres entrent dans le champ de la garantie décennale et, tel que l'expert le relève, les désordres sont imputables à la société Beranger et à la société Techniplâtre (assurée par la société MMA) ;

- contrairement à ce que la société Beranger soutient, l'expert a constaté que le désordre affectait les 22 appareils sanitaires et non seulement deux d'entre eux ;

- ainsi la responsabilité quasi-délictuelle des sociétés Beranger et SMA, en tant qu'assureur de la société Techniplâtre, est engagée pour les désordres afférents ;

- le coût des travaux réparatoires afférents doivent être mis à leur charge à hauteur de 96 748 euros TTC ;

- il convient d'ajouter à ce montant les frais et honoraires de maîtrise d'œuvre estimés à 7% des travaux soit 6 722,36 euros TTC, les frais et honoraires de coordination SPS soit 1 992 euros TTC et les frais et honoraires du contrôleur technique qui peuvent être évalués à hauteur de 2 400 euros TTC, soit un total de 107 912,36 euros TTC ;

- elle a également subi un préjudice de jouissance et d'image tenant notamment à l'exposition de son personnel à des conditions de température inacceptables dans le bâtiment de la MDS qui sera justement apprécié à 5 000 euros TTC ;

- elle a également droit au remboursement des frais exposés pour défendre ses intérêts d'un montant de 630,36 euros TTC et les frais et honoraires d'expertise mis à sa charge par les ordonnances du juge des référés du tribunal administratif de Melun d'un montant total de 39 533,77 euros TTC ;

- il s'ensuit que la somme de 153 076,49 euros doit être mise à la charge des sociétés Beranger et SMA, en tant qu'assureur de la société Techniplâtre.

Par des mémoires en défense enregistrés les 4 décembre 2019 et 12 mai 2022, la société Beranger, représentée par la SCP Billebeau-Marinacce, demande au tribunal :

1°) de rejeter la requête ;

2°) de limiter à 2 664 euros TTC la somme susceptible d'être laissée à sa charge ;

3°) de mettre à la charge de la communauté des communes du Val Briard la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

La société Beranger soulève les moyens suivants :

- la communauté de communes du Val Briard n'est pas recevable à agir à son encontre en sa qualité de sous-traitant de la société Vitte ; en effet, la juridiction administrative ne peut connaître d'un contrat de droit privé conclu entre l'entreprise générale et son sous-traitant, il n'y a aucun contrat de louage d'ouvrage la liant à la communauté de communes requérante et les désordres qui lui seraient imputables n'ont pas de nature décennale ;

- les conditions pour engager sa responsabilité quasi-délictuelle ne sont pas remplies dès lors que la communauté des communes peut utilement rechercher la responsabilité de l'entreprise générale, la société Vitte, pour l'ensemble des désordres qu'elle dénonce ; il appartient à la communauté de communes de démontrer qu'elle ne peut utilement rechercher la responsabilité de son cocontractant soit l'entrepreneur principal ;

- l'expert n'a mis en évidence aucun désordre de nature décennal sur les défauts de fixation de seulement deux appareils sanitaires de la MARPA, la réception des travaux qu'elle a réalisés faisant obstacle à tout recours ;

- la communauté de communes est également irrecevable à agir contre son assureur, la société SMA, la société Techniplâtre et son assureur, SMA ;

- l'analyse de l'expert est contestable : il évoque des notices de montage, documents contractuels liés au marché de droit privé que le juge administratif ne saurait interpréter mais il fait aussi référence à des règles de l'art qui ne sont pas décrites ni même précisées ; un sous-traitant sans lien contractuel avec le maître d'ouvrage public ne saurait avoir des obligations plus étendues envers ce dernier ;

- en tout état de cause, l'expert a relevé son implication pour des fixations défaillantes de seulement deux appareils sanitaires de la MARPA, et en aucun cas pour les 24 sanitaires, et a conclu que le montant des réparations serait limité à une somme de 2 664 euros TTC.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 février 2022, la société Vitte et son assureur, la société SMABTP, représentées par Me Lebret, demandent au tribunal :

1°) de rejeter la requête ;

2°) de les mettre hors de cause ;

3°) de condamner solidairement la société Betem Ingénierie et son assureur, la société Lloyd's de Londres, à les garantir de l'intégralité des condamnations prononcées à leur encontre ;

4°) de mettre à la charge de la communauté de communes du Val Briard la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

La société Vitte et son assureur, la société SMABTP, soulèvent les moyens suivants :

- le tribunal administratif est incompétent pour se prononcer sur une éventuelle condamnation à l'encontre de la société SMABTP dès lors qu'il n'entre pas dans la compétence des juridictions administratives de se prononcer sur la question de la mobilisation et de l'application d'un contrat d'assurance, lequel est par nature un contrat de droit privé ;

- en ce qui concerne le dysfonctionnement affectant le système de climatisation :

* des trois griefs examinés par l'expert, seule l'extraction insuffisante dans le local réserve a été retenue ; ainsi, faute d'allégation contraire de la communauté de communes, les armoires réfrigérées installées dans cette réserve fonctionnent normalement et remplissent par conséquent leur office ;

* l'expert n'a pas précisé les limites acceptables prévues par le règlement CE pour ce type de local ;

* aucun relevé de température n'a été effectué ;

* il n'existe aucune atteinte à la solidité de l'ouvrage ;

* quant à l'impropriété à la destination, elle n'est nullement établie, l'invocation de décisions afférentes à des locaux occupés, non transposables au cas d'espèce ne pouvant suffire à asseoir la légitimité de la demande de la communauté de communes ;

* à titre subsidiaire, sur la demande en garantie - l'expert a retenu la responsabilité exclusive de la société Betem Ingénierie ; dans ces conditions, elles sont fondées à solliciter, sur un fondement quasi-délictuel, la garantie intégrale de cette dernière, solidairement avec son assureur ;

- en ce qui concerne les fissures et cloques touchant la MARPA :

* les fissures de type A - le sapiteur a relevé 4 fissures localisées au droit des joints de dilatation dont il a indiqué qu'elles ne sont pas structurelles ; l'expert n'a pas fait état d'une atteinte à la solidité de l'ouvrage ;

* les fissures de type B - elles n'affectent pas la solidité de l'ouvrage et n'entrainent aucune conséquence dommageable ; l'expert a réaffirmé la nature purement esthétique de ces fissures excluant implicitement mais nécessairement toute atteinte à la solidité ou impropriété à destination ;

* les fissures de type C - l'expert a souligné le caractère purement esthétique de ces fissures ajoutant qu'elles trouvent leur siège dans un muret n'ayant d'autre fonction qu'architecturale et qui ne participe ni à l'étanchéité ni à la stabilité du bâtiment ;

* le fer apparent sur la façade Est - il s'agit d'un désordre ponctuel sans impact sur l'étanchéité et la stabilité de la structure ; si le sapiteur a évoqué une dégradation dans le temps, il n'a cependant fait mention d'aucun délai prévisible et n'a pas davantage indiqué que cette éventuelle dégradation serait de nature à affecter la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination ;

* il s'ensuit que ces désordres ne revêtent aucun caractère décennal ; il est constant et non contestable que le sapiteur n'a émis aucun avis sur le délai de survenance des fissures ; il s'agit ainsi des dommages intermédiaires, faute de porter atteinte à la solidité de l'ouvrage ou de le rendre impropre à sa destination ;

- en ce qui concerne les fissures touchant la MDS :

* les fissures de type B - elles n'ont d'autre incidence qu'esthétique ;

* les fissures de type D - relevant le caractère traversant, mais non infiltrant de certaines de ces fissures, l'expert en a préconisé le traitement ; par ailleurs à la date de ses constatations, le sapiteur n'a pas fait mention de la nature décennale avérée des désordres, faisant simplement mention d'un risque sur le clos et le couvert sans autre précision, notamment quant au délai de survenance ;

* les fissures de type E - il s'agit d'un désordre ponctuel, non évolutif et sans aucune conséquence dommageable, n'étant à l'origine d'aucune entrée d'eau ;

* les fissures sur bandeau en béton armé - il s'agit uniquement d'une réapparition des joints de préfabrication masqués par la peinture de ravalement ; il ne s'agit pas d'un désordre, a fortiori de nature décennale ;

* ces désordres, faute d'affecter au stade actuel la solidité de l'ouvrage ou de le rendre impropre à sa destination, ne revêtent pas une gravité décennale ;

- en ce qui concerne le quantum :

* l'expert judiciaire s'est abstenu de transmettre au sapiteur le cahier des clauses techniques du traitement des façades du BET ING Bellegarde et trois devis de reprise des fissures recueillis auprès des sociétés Demcar, Abel et LNB, qui n'a donc pu émettre aucun avis sur leur pertinence ;

* l'expert n'a organisé aucun débat contradictoire sur les modalités et le chiffrage des travaux de reprise ; c'est dans ces conditions extrêmement contestables que l'expert a évalué le coût des travaux à la somme de 118 882,80 euros TTC, écartant la proposition de la société Vitte d'un montant de 61 236 euros TTC au terme d'une motivation qui ne peut que jeter le doute sur sa compétence ; en tout état de cause, le chiffrage de l'expert, arrêté en méconnaissance du principe du contradictoire, ne saurait être retenu ;

* une éventuelle indemnité ne saurait excéder la somme de 12 600 euros HT correspondant à l'évaluation du sapiteur ;

- en ce qui concerne la demande en garantie : au contraire de l'expert qui a retenu la responsabilité exclusive de la société Vitte, le sapiteur a également mis en cause la maîtrise d'œuvre d'exécution dans la survenance des désordres notamment pour les fissures de type A et de type D ; dans ces conditions il conviendra de condamner la société Betem Ingénierie, solidairement avec son assureur, à la garantir de toute condamnation prononcée à leur encontre ;

- en ce qui concerne les tâches sur le sol vinyle :

* il s'agit des désordres purement esthétiques ;

* il n'existe aucune atteinte à la solidité de l'ouvrage et pas davantage d'impropriété à destination et la communauté de communes ne peut sérieusement prétendre que les désordres sont généralisés ;

* contrairement à ce que suggère l'expert, aucune somme ne saurait être mise à la charge de l'entreprise exécutante ;

- en ce qui concerne la fixation défaillante des appareils sanitaires :

* les anomalies de montage dument et contradictoirement constatées intéressent uniquement deux cuvettes et non 24 tel que l'expert l'a retenu ;

* l'indemnité susceptible d'être allouée à la communauté des communes ne peut donc excéder un montant de 2 664 euros TTC correspondant à la reprise des deux cuvettes mal fixées ;

* en tout état de cause, l'expert a retenu la responsabilité intégrale de la société Beranger ; compte tenu du caractère ponctuel et isolé des désordres, aucune condamnation ne saurait être prononcée à l'encontre de la société Vitte au titre du devoir de contrôle de l'entrepreneur principal sur son sous-traitant ;

- en ce qui concerne le dysfonctionnement de l'assainissement des eaux usées :

* l'origine des désordres procède de malfaçons affectant le réseau d'évacuation ;

* la communauté requérante a laissé perdurer les désordres et les désagréments en résultant pour les résidents contribuant ainsi à allonger la durée du sinistre ;

- en ce qui concerne le quantum :

* les opérations d'expertise ont été réalisées en méconnaissance du principe du contradictoire s'agissant de l'évaluation des travaux de reprise et des préjudices ;

* de même l'expert n'a pas répondu au dire des exposantes sur le relogement des résidents ;

- en ce qui concerne l'absence d'étanchéité à l'air des menuiseries extérieures de la MDS :

* l'expert a retenu le devis de la société Abel en passant purement et simplement sous silence le devis qu'elles lui ont communiqué en annexe de leur dire du 4 mai 2018 alors même que celui-ci répond aux préconisations du rapport ;

* le principe du contradictoire a été méconnu ;

* une éventuelle condamnation ne saurait par conséquent excéder la somme de 37 382,40 euros TTC, correspondant au devis de la société Vitte ;

- en ce qui concerne la demande en garantie : l'expert a retenu la responsabilité de la société Techniplâtre ; il aurait dû retenir également la responsabilité du maître d'œuvre d'exécution dont les nombreux manquements de l'entreprise n'auraient pas dû échapper à sa vigilance ; la société Vitte est donc fondée à solliciter la condamnation, sur un fondement quasi-délictuel, de la société Betem Ingénierie à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre ;

- en ce qui concerne l'indemnisation du préjudice de jouissance et d'image :

* aucune justification n'est produite à l'appui du préjudice d'image ;

* le préjudice de jouissance ne peut quant à lui être subi par une personne morale ou une collectivité territoriale.

Par des mémoires en défense enregistrés le 1er mars, le 13 mai, le 27 mai 2022 et le 15 décembre 2023, la société Betem Ingénierie et son assureur, la société " Les Souscripteurs du Lloyd's de Londres ", aux droits de laquelle vient la société Lloyd's Insurance Company, représentées par Me Zanier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'admettre " l'intervention volontaire " de la société Lloyd's Insurance Company venant aux droits de la société Les Souscripteurs du Lloyd's de Londres en qualité d'assureur de la société Betem Ingénierie ;

2°) de mettre hors de cause la société Les Souscripteurs du Lloyd's de Londres ;

3°) de rejeter la requête, les appels en garantie dirigés à leur encontre ainsi que les conclusions de la société Atelier 2APlus tendant à la mise à la charge de la société Betem Ingénierie de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

4°) de limiter à 12 600 euros TTC s'agissant de la reprise des fissures et à 2 664 euros TTC au titre des appareils sanitaires les sommes susceptibles d'être laissées à leur charge ;

5°) de condamner la société Vitte à garantir la société Betem Ingénierie des condamnations prononcées à son encontre au titre du dysfonctionnement de l'assainissement des eaux usées, des fissures et cloques des façades, des tâches sur le sol vinyle, de la fixation défaillante des appareils sanitaires et de l'absence d'étanchéité à l'air des menuiseries extérieures ;

6°) de condamner la société Vitte à garantir la société Betem Ingénierie à concurrence de 80% du coût des travaux de reprise relatifs à la température élevée au sein du local réserve qui pourra être mis à sa charge ;

7°) de condamner la société Dekra à garantir la société Betem Ingénierie des condamnations prononcées à son encontre au titre des désordres tenant aux fissures ;

8°) de condamner la société Atelier2APlus à garantir la société Betem Ingénierie des condamnations prononcées à son encontre au titre des désordres tenant aux menuiseries ;

9°) de mettre à la charge de tout succombant in solidum la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

La société Betem Ingénierie et son assureur, la société Lloyd's de Londres, soulèvent les moyens suivants :

- par ordonnance du 25 novembre 2020, la Haute Cour d'Angleterre et du Pays de Galles a autorisé la procédure de transfert de certaines des polices d'assurances par les Souscripteurs du Lloyd's de Londres au profit de la société Lloyd's Insurance Company ; il y a lieu de donner acte à la société Lloyd's Insurance Company venant aux droits des Souscripteurs du Lloyd's de Londres de son intervention volontaire à la présente instance ;

- le tribunal administratif est incompétent pour se prononcer sur une éventuelle condamnation à l'encontre de la société Souscripteurs du Lloyd's de Londres, aux droits desquels vient la société Lloyd's Insurance Company, dès lors qu'il n'entre pas dans la compétence des juridictions administratives de se prononcer sur la question de la mobilisation et de l'application d'un contrat d'assurance, lequel est par nature un contrat de droit privé ;

- la demande de la communauté de communes est limitée à six griefs ;

- en ce qui concerne les dysfonctionnements de l'assainissement des eaux usées :

* ils constituent des défauts ponctuels affectant le réseau d'assainissement des eaux usées qui ne rendent pas l'ouvrage, dans son ensemble, impropre à sa destination ;

* au titre des travaux de reprise, ils vont entrainer tout au plus le relogement de deux résidents ;

* l'expert n'a retenu aucun manquement imputable à la société Betem au titre de ce désordre ;

- en ce qui concerne les fissures et cloques :

* les fissures répertoriées par l'expert ne revêtent pas un caractère décennal dans le délai d'épreuve de dix ans ni d'ailleurs dans un délai prévisible ;

* les fissures de type A ne sont pas en réalité des fissures mais de joints mal rebouchés ;

*les fissures de type B, C et F sont, tel que le sapiteur le relève, de nature purement esthétique ; elles n'ont ainsi pas de caractère décennal ;

* les fissures de type D doivent uniquement être traitées comme un joint de dilatation ;

* les fissures de type E n'ont été à l'origine d'aucune entrée d'eau ;

* la communauté de communes ne peut pas tirer de l'expertise une multiplicité des fissures ni une prétendue aggravation constate de celles-ci ;

- en ce qui concerne les tâches sur le sol vinyle :

* ce désordre ne présente pas un caractère décennal ; il ne présente aucun caractère généralise ni évolutif ;

- en ce qui concerne les appareils sanitaires :

* seulement deux cuvettes sont mal fixées et non 24 tel que retenu par la communauté de communes ; l'expert n'a émis qu'une hypothèse relative aux autres cuvettes ;

* il s'agit d'une problématique ponctuelle ;

* le chiffrage n'a été établi dans le cadre des opérations d'expertise que pour deux appareils sanitaires ;

* après l'expiration du délai d'épreuve de dix ans, la communauté de communes n'établit pas l'existence d'autres défaillances ;

* si la communauté de communes soutient que depuis l'achèvement des opérations d'expertise et dans le délai d'épreuve décennale, 22 des 2 cuvettes se sont affaissées et qu'elle a fait procéder aux travaux de reprise qui s'imposaient, elle n'apporte aucun commencement de preuve ;

* en tout état de cause, ce désordre n'est pas imputable techniquement à la société Betem Ingénierie ; l'expert ne retient pas sa responsabilité à ce titre ;

- en ce qui concerne l'étanchéité à l'air des menuiseries :

* si l'expert a constaté, par le biais de huit sondages, que des défauts d'exécution relatifs à la pose des plaques de Placoplatre étaient établis, il ne ressort aucunement des opérations d'expertise que ces défauts d'exécution généreraient un inconfort thermique de nature à caractériser un désordre de nature décennale ;

* les opérations d'expertise n'ont pas établi que les locaux de la MDS ne pouvaient atteindre les températures souhaitées en période hivernale, seul des courants d'airs froids étant évoqués ;

* l'expert n'a pas retenu la responsabilité de la société Betem Ingénirie à ce titre ;

- la garantie décennale peut seulement être invoquée au titre de désordre tenant en l'absence d'extraction suffisante dans le local réserve, occasionnant des températures trop importantes ;

- la société Betem ne conteste pas les travaux de reprise concernant la température excessive en local réserve à concurrence de la somme de 5 910 euros TTC, le dysfonctionnement de l'assainissement des eaux usées pour la somme de 41 612,80 euros TTC et les tâches sur le sol vinyle à concurrence de la somme de 9 836 euros TTC ;

- en ce qui concerne les travaux de reprise des fissurations :

* la demande de la communauté de communes au titre de la reprise des fissurations doit être réduite à la somme de 12 600 euros TTC, somme arrêtée par le sapiteur ;

* la somme dix fois plus élevées sollicitée par la communauté de communes n'est pas justifiée ni dans son principe ni dans son quantum ;

* la somme sollicitée correspond à une réfection intégrale des façades, or seules les fissures objet des opérations d'expertise doivent faire l'objet d'une indemnisation à l'exclusion du coût de l'entretien à la charge du maître d'ouvrage, notamment des désordres esthétiques ;

* les devis produits par la communauté de communes intègrent des prestations constituant une amélioration de l'ouvrage, notamment la mise en œuvre d'un revêtement I3 ;

* par ailleurs, ces devis n'ont pas fait l'objet d'une analyse contradictoire ;

- en ce qui concerne les travaux de reprise de la fixation de 24 appareils sanitaires :

* la reprise de ce désordre ne saurait excéder les deux appareils dont la fixation non conforme a été matériellement constatée ; aucun élément n'établit qu'il concernerait les 22 autres appareils ;

* l'indemnisation ne saurait excéder la somme de 2 664 euros TTC ;

- en ce qui concerne les appels en garantie :

* sur le désordre tenant en une température excessive au sein du local réserve : c'est à tort que l'expert a entendu imputer ce désordre à la seule société Betem Ingénierie ; la société Betem Ingénierie avait adapté l'extraction en fonction des matériels préconisés ; elle n'était pas en charge des études d'exécution qui relevaient de la mission de la société Vitte ; il appartenait à la société Vitte, dans le cadre de sa conception d'exécution, de définir et de mettre en œuvre des matériels adaptés à la conception générale du projet et en cas d'impossibilité, d'alerter notamment la maîtrise d'œuvre ce qu'elle n'a, manifestement, pas fait, en mettant en œuvre des matériels avec des condenseurs dont la puissance excédait la capacité d'extraction définie ;

* sur les autres désordres : la responsabilité de la société Betem Ingénierie ne saurait être retenue faute d'imputabilité dans la survenue des désordres ;

* la société Betem Ingénierie est fondée à demander à ce qu'elle soit garantie par la société Vitte ; en effet, des nombreux désordres sont exclusivement imputables à la société Vitte : des non conformités affectant le réseau d'assainissement (défauts ponctuels), des fissures et cloques (fautes d'exécution), du défaut de fixation des appareils sanitaires (fautes d'exécution du sous-traitant de la société Vitte ; cette dernière n'a pas vérifié le respect par son sous-traitant des règles de l'art) et de l'étanchéité à l'air des menuiseries (mauvaise exécution exclusivement imputable à la société Techniplâtre, sous-traitant de la société Vitte ; cette dernière n'a pas vérifié le respect par son sous-traitant des règles de l'art) ;

* la société Betem Ingénierie est fondée à demander à ce qu'elle soit garantie par la société Dekra au titre de la problématique de la fissuration des façades : le contrôleur technique était investi d'une mission LP, solidité comprenant les éléments dissociables dans le cadre de laquelle il a manifestement été défaillant ; en cas d'atteinte à la solidité de l'ouvrage, sa responsabilité est susceptible d'être engagée ; par ailleurs, s'il n'appartient pas, en effet, au contrôleur technique d'assurer la surveillance du chantier et d'être systématiquement présent sur le chantier, il est parfaitement à même, à l'instar du maître d'œuvre, de déceler les défauts d'exécution par simple constat visuel ;

* la société Betem Ingénierie est fondée à demander à ce qu'elle soit garantie par la société Atelier 2APlus au titre des défauts affectant les menuiseries : les lots cloisons et menuiseries relevaient des attributions de l'architecte ;

* la communauté de communes conservera à sa charge le coût de la reprise des désordres tenant aux tâches sur le sol vinyle, l'origine de ce désordre n'ayant pas été rattachée à l'opération de construction.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 avril 2022, la société Dekra Industrial, représentée par Me Loctin, demande au tribunal :

1°) de rejeter les appels en garantie dirigés à son encontre ;

2°) de la mettre hors de cause ;

3°) à titre subsidiaire, de limiter la condamnation prononcée à son encontre à une fraction de la condamnation de la société Betem Ingénierie, cette dernière devant conserver à sa charge une part de responsabilité ;

4°) de condamner la société Vitte à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre ;

5°) en tout état de cause, de limiter la condamnation prononcée à son encontre à 5% du montant total des condamnations prononcées ou à tout le moins le montant correspondant à la part qui serait mise à sa charge ;

6°) de mettre à la charge de la société Betem Ingénierie la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

La société Dekra Industrial soulève les moyens suivants :

- la communauté de communes n'a formé aucune demande à son encontre en l'absence de tout grief formulé par l'expert contre le contrôleur technique ;

- ses missions en tant que contrôleur technique s'apprécient au regard du cadre contractuel précis décris dans les conditions générales d'intervention et la norme AFNOR P 03-100 ;

- les désordres relatifs au fissurations des façades portent sur des problèmes de finition et d'exécution ponctuelle et l'expert n'a constaté aucune atteinte à la solidité des ouvrages, le sapiteur ayant quant à lui relevé que la plupart des fissures posent uniquement un problème de nature esthétique ; ainsi et à défaut d'atteinte à la solidité, la responsabilité du contrôleur technique ne peut être engagée ;

- tel que l'expert et le sapiteur l'ont relevé, il s'agit de purs problèmes de finitions résultant en particulier d'une défaillance dans le suivi et la surveillance de chantier qui incombaient exclusivement au maître d'œuvre ;

- le contrôleur technique n'a pas pour mission d'être systématiquement présent sur le chantier ; ses interventions ne revêtent aucun caractère exhaustif et sont réparties ponctuellement sur la durée du chantier ;

- en l'absence de faute du contrôleur technique, sa responsabilité, sur le fondement quasi-délictuel, ne peut être recherchée ;

- il ne pourrait être fait droit que partiellement à l'appel en garantie de la société Betem Ingénierie qui devrait nécessairement garder à sa charge une part de responsabilité ;

- elle est également fondée à appeler en garantie la société Vitte en raison des fautes qu'elle a commises qui sont décrites dans le rapport d'expertise ;

- si une part de responsabilité devait néanmoins être laissée à sa charge, celle-ci ne pourrait alors qu'être résiduelle et limitée à 5% ; en effet en application de l'article L. 111-25 du code de la construction et de l'habitation, il n'est tenu vis-à-vis des constructeurs à supporter la réparation de dommages qu'à concurrence de la part de responsabilité susceptible d'être mise à sa charge.

Par des mémoires en défense enregistrés les 13 mai 2022 et 11 décembre 2023, la société Atelier 2A+, représentée par Me Elmalih, demande au tribunal :

1°) de rejeter toute demande dirigée à son encontre ;

2°) de condamner les sociétés Betem Ingénierie, Vitte, Techniplâtre, Beranger ainsi que leurs assureurs les sociétés Souscripteurs du Lloyd's de Londres, Lloyd's Insurance Company et SMA à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre ;

3°) de mettre à la charge de la société Betem Ingénierie ou de tout succombant la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

La société Atelier 2A+ soulève les moyens suivants :

- elle a parfaitement respecté ses obligations ; l'expert n'a pas retenu sa responsabilité ;

- si la société Betem Ingénierie l'appelle en garantie en cas de condamnation s'agissant des désordres relatifs aux menuiseries, il n'existe aucun fondement juridique permettant de retenir sa responsabilité au titre de ce désordre ;

- l'expert a considéré que les sociétés Techniplâtre et son assureur étaient responsables pour ce désordre ;

- la société Betem Ingénierie ne démontre pas une quelconque faute de l'architecte ;

- si sa responsabilité sera retenue, elle est fondée à appeler en garantie les sociétés Betem Ingénierie, Vitte, MMA, Beranger, Techniplâtre ainsi que leurs assureurs dès lors que les désordres allégués ont été intégralement imputés à ceux-ci.

Les parties ont été informées par courrier du 16 novembre 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la date à laquelle il a été envisagé de l'appeler à l'audience et de la date à partir de laquelle l'instruction pourrait être close par une clôture à effet immédiat.

Par une ordonnance du 9 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée à effet immédiat.

Par un courrier du 6 juin 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions présentées, à titre subsidiaire, par la communauté de communes du Val Briard à l'encontre de la société SMA, assureur de la société Techniplâtre, dès lors qu'il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de connaître des actions tendant au paiement des sommes dues par un assureur au titre de ses obligations de droit privé.

Vu les autres pièces du dossier :

- l'ordonnance n° 1501973 du 4 août 2015 par laquelle le juge des référés du tribunal a désigné M. C A comme expert pour examiner les désordres affectant la maison d'accueil rurale pour personnes âgées ;

- l'ordonnance n° 1501973 du 30 septembre 2015 par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. D B comme sapiteur pour assister M. C A ;

- l'ordonnance n° 1501973 du 10 décembre 2015 par laquelle le juge des référés du tribunal a rendu contradictoire les opérations de l'expertise aux sociétés Beg Thurotte, Qbe Insurance, Arzel, Axa France Iard, Pierrot Peinture, Thelem assurances et Beranger ;

- l'ordonnance n° 1501793 du 11 février 2016 par laquelle le juge des référés a étendu les opérations de l'expertise prescrites par l'ordonnance du 30 septembre 2015 à la maison des services et à d'autres désordres affectant tant la maison des services que la maison d'accueil rurale pour personnes âgées ;

- l'ordonnance n° 1501973 du 2 janvier 2017 par laquelle le juge des référés du tribunal a rendu contradictoire les opérations de l'expertise aux sociétés Menuiserie Grégoire, Sotrap, MAAF Assurances, assureur de la société Melfis et SMABTP, assureur de la société Techniplâtre ;

- l'ordonnance n° 1501973 du 31 août 2018 taxant et liquidant les frais de l'expertise confiée à M. A et M. B, sapiteur, respectivement à 35 324,23 euros et 4 209,54 euros en les mettant à la charge de la communauté de communes du Val Briard.

Vu :

- le règlement (CE) n° 852-2004 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relatif à l'hygiène des denrées alimentaires ;

- le code civil ;

- le code des marchés publics ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Avirvarei, conseillère,

- les conclusions de Mme Leboeuf, rapporteure publique,

- les observations de Me Balladur, représentant de la communauté de communes du Val Briard ;

- les observations de Me Feral, représentant des sociétés Betem Ingénierie et Lloyd's Insurance Company ;

- les observations de Me Lebret, représentant des sociétés Vitte et SMABTP.

Considérant ce qui suit :

1. La communauté de communes des Sources de L'Yerres, qui a ensuite fusionné avec d'autres communautés de communes au sein de la communauté de communes du Val Briard, a décidé la construction d'une maison d'accueil rurale pour personnes âgées (MARPA ci-après), d'une maison des services et d'un logement de fonctions sur le territoire de la commune de Rozay-en-Brie. Par un acte d'engagement signé le 29 octobre 2007, la maîtrise d'œuvre d'exécution et de conception a été confiée à un groupement conjoint et solidaire composé du cabinet Atelier 2A+ et du bureau d'études Atea. Ce dernier a été remplacé par la société Betem Ingénierie en vertu d'un avenant de transfert conclu le 15 septembre 2008. Par un acte d'engagement signé le 16 novembre 2009, les travaux ont été confiés à une entreprise générale, la société Vitte. La société Dekra Industrial est intervenue en qualité de contrôleur technique. La réception des travaux a été prononcée le 28 février 2011 avec des réserves qui ont été levées en mai 2011.

2. En 2013 et 2015, la communauté de communes du Val Briard a fait constater par huissier l'apparition de divers désordres sur la MARPA et la maison des services. Sur sa saisine, le juge des référés a désigné un expert, par une ordonnance du 4 août 2015 et plusieurs ordonnances d'extension des 10 décembre 2015, 11 février 2016 et 2 janvier 2017, à fin de réaliser une expertise de ces désordres. Par une ordonnance du 30 septembre 2015, un sapiteur a été désigné pour assister l'expert dans sa mission. Le rapport d'expertise a été déposé le 7 juin 2018.

3. Par la présente requête, la communauté de communes du Val Briard demande au tribunal de condamner, solidairement, à titre principal, sur le fondement de la garantie décennale, la société Vitte et son assureur la société SMA ainsi que la société Betem Ingénierie et son assureur la société Lloyd's de Londres à lui verser la somme de 350 344,73 euros TTC en réparation des désordres affectant les bâtiments de la MARPA et de la maison des services, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de sa requête, et à titre subsidiaire, sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle, les sociétés Béranger et SMA, en qualité d'assureur de la société Techniplâtre, à lui verser la somme de 153 076,49 euros TTC en réparation des mêmes désordres, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de sa requête. Plusieurs des sociétés défenderesses ont présenté des conclusions d'appel en garantie.

Sur la prétendue " intervention " de la société Lloyd's Insurance Company :

4. Si la société Lloyd's Insurance Company se présente à la fois comme un intervenant en défense au soutien de la société des souscripteurs Lloyd's de Londres et comme venant aux droits de cette dernière, qu'elle remplacerait ainsi purement et simplement en défense, elle ne peut avoir que la qualité de défendeur, venant aux droits de la société Lloyd's de Londres, et non d'intervenant dans la présente instance.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne les conclusions indemnitaires dirigées contre les sociétés SMABTP et Lloyd's de Londres :

5. Il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de connaître des actions tendant au paiement des sommes dues par un assureur au titre de ses obligations de droit privé, alors même que l'appréciation de la responsabilité de son assuré dans la réalisation du fait dommageable relèverait de la juridiction administrative. La juridiction judiciaire est donc seule compétente pour connaître des conclusions de la communauté de communes du Val Briard dirigées contre les sociétés SMABTP, improprement dénommée SMA par la communauté de communes requérante, et Lloyd's de Londres, en leur qualité d'assureur, respectivement, des sociétés Vitte et Betem Ingénierie, quand bien même ces conclusions tendraient à la recherche de la responsabilité des désordres résultant de l'exécution défectueuse de marchés publics de travaux et de maîtrise d'œuvre. Il s'ensuit qu'il y a lieu de faire droit aux exceptions d'incompétence soulevées par les sociétés Vitte et Betem Ingénierie et par la société Lloyd's Insurance Company, venant aux droits de la société Lloyd's de Londres, et de rejeter lesdites conclusions pour ce motif.

En ce qui concerne l'opposabilité du rapport d'expertise du 7 juin 2018 :

6. D'une part, la société Vitte déplore les conditions dans lesquelles se sont déroulées les opérations d'expertise, et notamment l'absence de débat sur les modalités et le chiffrage des travaux de reprise ainsi que l'absence de remise d'une note préalable leur permettant de débattre des devis produits relatifs aux travaux de reprise des fissures.

7. Le respect du caractère contradictoire de la procédure d'expertise implique que les parties soient mises à même de discuter devant l'expert des éléments de nature à exercer une influence sur la réponse aux questions posées par la juridiction saisie du litige. Toutefois, si les parties doivent pouvoir connaître les éléments sur lesquels l'expert est susceptible de se fonder et lui faire part de leurs observations, aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général du droit, ne fait obligation à l'expert d'organiser des réunions ou des visites ou d'établir un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations, ni de répondre à chacun des dires ni a fortiori de s'y conformer.

8. En l'espèce, il résulte du rapport d'expertise que cinq séances de travail ont été organisées entre le 11 septembre 2015 et le 28 mars 2017, que plusieurs notes intermédiaires ont été adressées aux parties par l'expert et que des nombreux échanges ont eu lieu entre les parties notamment sur les travaux de reprise en ce qui concerne les fissures en litige. Il n'est ni établi, ni même allégué, que l'expert se serait fondé sur des pièces ou éléments qui n'auraient pas été soumis au contradictoire.

9. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que, contrairement à ce que soutient la société Vitte, l'expert s'est prononcé dans ses conclusions sur la question de relogement des résidents soulevée dans le dire du 4 mai 2018. Ainsi qu'il a été dit au point 7 du présent jugement, l'expert n'était pas tenu de répondre point par point à tous les dires des parties. De même, la société Vitte ne peut utilement se prévaloir des nouvelles dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative, issues d'un décret du 16 juin 2023, dès lors qu'elles ne sont pas applicables en l'espèce.

10. D'autre part, si les sociétés Vitte et Betem soutiennent que l'expert s'est abstenu de transmettre au sapiteur le cahier des clauses techniques des traitements des façades et les trois devis relatifs aux travaux de reprise des fissures, cette circonstance est sans incidence sur la régularité des opérations d'expertise. Par ailleurs, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que l'expert a bien communiqué ces documents aux parties afin qu'elles puissent lui faire part de ses observations et y a répondu dans le cadre de son rapport.

11. Il résulte de ce qui précède que le caractère contradictoire de la procédure d'expertise a été respecté et que les sociétés défenderesses ne sont pas fondées à soutenir que cette procédure aurait été irrégulière.

En ce qui concerne la réception :

12. La réception est l'acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage avec ou sans réserves. Elle met fin aux rapports contractuels entre le maître de l'ouvrage et les constructeurs en ce qui concerne la réalisation de l'ouvrage. En l'absence de stipulations particulières prévues par les documents contractuels, lorsque la réception est prononcée avec réserves, les rapports contractuels entre le maître de l'ouvrage et les constructeurs ne se poursuivent qu'au titre des travaux ou parties de l'ouvrage ayant fait l'objet des réserves.

13. En l'espèce, la réception des travaux en litige est intervenue le 28 février 2011, avec des réserves qui ont fait l'objet d'un procès-verbal de levée des réserves signé par le maître d'œuvre le 4 mai 2011 et l'entreprise le 15 mai 2011.

14. Il s'ensuit que la communauté de communes du Val Briard peut utilement rechercher la responsabilité des sociétés Vitte et Betem Ingénierie sur le fondement de la garantie décennale.

En ce qui concerne la garantie décennale des constructeurs :

15. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.

S'agissant du dysfonctionnement affectant le système de climatisation de la MARPA :

16. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 7 juin 2018, que dans le local de réserve, où étaient installées trois armoires réfrigérées avec les condenseurs de ces appareils posés sur ces armoires, le débit d'extraction, mesuré et conforme aux plans, était très insuffisant pour évacuer la chaleur des trois condenseurs et qu'ainsi la température du local réserve montait rapidement et dépassait les limites acceptables prévues par le règlement (CE) n° 852/2004 du 29 avril 2004 relatif à l'hygiène des denrées alimentaires.

17. La société Vitte conteste le caractère décennal de ce désordre. Aux termes de l'annexe II du règlement (CE) n° 852-2004 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relatif à l'hygiène des denrées alimentaires : par leur agencement, leur conception, leur construction, leur emplacement et leurs dimensions, les locaux utilisés pour les denrées alimentaires doivent offrir des conditions d'entreposage adéquates, et notamment une régulation de la température et une capacité suffisante pour maintenir les denrées alimentaires à des températures appropriées qui puissent être vérifiées et si nécessaires enregistrées. Alors même que l'expert n'a pas mesuré la température, il a estimé que ces conditions n'étaient pas réunies pour le local réserve. Si le caractère localisé de ce désordre n'est pas un obstacle en soi à ce que soit reconnu son caractère décennal, la communauté de communes du Val Briard ne précise pas en quoi cela rendrait la MARPA impropre à sa destination. En particulier, elle ne précise pas la destination même du local de réserve, et n'indique pas que des denrées alimentaires auraient bien vocation à être stockées dans ce local en dehors des armoires frigorifiques. Elle ne fournit d'ailleurs aucune autre précision sur l'incidence qu'aurait ce dysfonctionnement sur le fonctionnement même de l'établissement. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que ce désordre soit de nature à compromettre la solidité de la MARPA. Il s'ensuit que le désordre affectant le local réserve ne présente pas un caractère décennal.

S'agissant du dysfonctionnement du système d'assainissement des eaux usées de la MARPA :

Quant au caractère décennal :

18. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que dès les premières années d'exploitation, en 2012 et en 2013, des odeurs nauséabondes se sont propagées dans les couloirs de la MARPA et que des appareils sanitaires n'arrivaient plus à évacuer les eaux vannes. L'expert a également relevé que l'établissement a dû faire intervenir, à deux reprises, des vidangeurs, deux regards de l'aile droite se trouvant bouchés.

19. La société Betem Ingénierie conteste le caractère décennal du désordre. Toutefois, ce désordre est, eu égard à son importance et s'agissant d'un immeuble destiné à l'habitation, et notamment à l'accueil des personnes âgées, de nature à faire obstacle à une utilisation normale de l'ouvrage et à le rendre impropre à sa destination.

20. Si la société Betem Ingénierie soutient que le système d'assainissement des eaux usées de la MARPA n'a été défaillant qu'à deux endroits, au point où il a été nécessaire de faire intervenir des vidangeurs pour les deux regards de l'aile droite qui se trouvaient bouchés, cette circonstance ne réduit en rien l'ampleur du désordre qui affecte de façon générale les couloirs de l'établissement et ses appareils sanitaires, ainsi qu'il résulte de l'instruction et notamment des dires de l'expert.

21. Il s'ensuit que le dysfonctionnement de l'assainissement des eaux usées présente un caractère décennal susceptible d'engager la responsabilité des constructeurs auxquels il est imputable.

Quant à l'imputabilité :

22. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, qu'après avoir fait intervenir une société spécialisée pour faire un curage des canalisations enterrées et faire une inspection par caméra de ces canalisations, l'inspection a démontré l'existence de contre-pentes, de déboitements, de renflements internes, de parois manquantes, de réductions de section, d'affaissements de radier, de cunettes mal réalisées, de ruptures et d'écrasements des canalisations d'évacuation enterrées. L'expert a estimé que ce désordre avait pour origine une mauvaise exécution des travaux imputable à la seule société Vitte.

23. La société Vitte ne conteste pas qu'il lui incombait de réaliser les travaux de canalisation. Si elle soutient que la communauté de communes a laissé perdurer les désordres et les désagréments en résultant pour les résidents en dépit d'une expertise dommages-ouvrage réalisée en 2014 et de la suggestion qui lui a été faite par les parties, lors des opérations d'expertise, de régulariser une nouvelle déclaration de sinistre, ces circonstances ne permettent pas de l'exonérer de sa responsabilité au titre de ce désordre dès lors qu'elles ne concrétisent pas une faute du maître d'ouvrage dans la réalisation même du dommage.

24. Il résulte de ce qui précède que la communauté de communes du Val Briard est fondée à demander, sur le fondement de la garantie décennale, la condamnation de la société Vitte au titre du dysfonctionnement du système d'assainissement des eaux usées.

S'agissant des fissures et cloques affectant les bâtiments de la MARPA et de la maison des services :

Quant au caractère décennal :

25. Il résulte de l'instruction, et notamment de la note technique finale du sapiteur établie le 16 avril 2018, que les bâtiments de la MARPA et de la maison des services ont été affectés par des fissures de différents types allant de A à F. Le sapiteur a relevé que les fissures A1, A2, D1, D2 et D3, qui sont des fissures traversantes, présentent un risque sur le clos et couvert, que les fissures A3, A4, B, C et F1 ont un caractère purement esthétique et que la fissure E1, bien que traversante, n'a causé aucune entrée d'eau dans le garage.

26. Si l'expert et le sapiteur ne se sont pas prononcés spécifiquement sur le caractère décennal de ces désordres dans leurs rapports, le sapiteur a indiqué dans sa note technique que les fissures A1 et A2, bien que localisées au droit des joints et à priori non structurelles, mettaient ou pourraient mettre en cause l'habitabilité du local donnant sur le joint. Ainsi, et contrairement à ce que les sociétés Vitte et Bétem Ingénierie soutiennent, les fissures A1 et A2 constatées au cours du délai d'épreuve de la garantie décennale étaient de nature à rendre les ouvrages, dans un délai prévisible, impropres à leur destination.

27. Par ailleurs, en ce qui concerne les fissures de type D, si le sapiteur a effectivement indiqué qu'elles devaient être traitées comme des joints de dilatation, il a également relevé qu'elles présentaient un risque sur le clos et couvert et que leur réparation était indispensable. Ainsi et contrairement à ce que les sociétés défenderesses soutiennent, les fissures D1, D2 et D3 sont également de nature à rendre les ouvrages impropres à leur destination et présentent ainsi un caractère décennal.

28. En revanche, si le sapiteur a attiré l'attention sur les fissures de type B affectant les façades Est de l'aile Est et Ouest de l'aile Ouest de la MARPA et les façades du bâtiment de la maison des services, qui sont moins nombreuses mais plus larges et se comportent comme des mini-joints de dilatation appelant une surveillance particulière et éventuellement un traitement en cas de survenance d'un risque de pénétration d'eau, la communauté de communes du Val Briard n'établit ni même n'allègue que les fissures à ces endroits ont connu une telle évolution après la remise du rapport du sapiteur. Il en est de même des fissures de type C et F1 pour lesquelles le sapiteur a indiqué qu'elles étaient susceptibles respectivement de s'amplifier ou de se dégrader dans le temps si elles n'étaient pas réparées. Enfin, et contrairement à ce que la communauté de communes requérante soutient, l'expert n'a pas retenu que les travaux pour les fissures E1 étaient nécessaires mais que leur réparation nécessitait une ouverture et le traitement d'un joint. Il s'ensuit que les fissures A3, A4, B, C, E1 et F1 ne sont pas de nature à affecter la solidité des ouvrages ni à les rendre impropres à leur destination.

Quant à l'imputabilité :

29. En ce qui concerne l'imputabilité des désordres, l'expert a retenu dans son rapport la seule responsabilité de la société Vitte au motif qu'elle a construit l'ensemble des murs lors de la réalisation du lot gros œuvre du chantier. Toutefois, et ainsi que la société Vitte le soutient, le sapiteur a également retenu la responsabilité de la maîtrise d'œuvre.

30. Il résulte de l'instruction, et notamment de la note technique finale du sapiteur, que les fissures A sont dues à une négligence lors de la finition, le joint n'ayant pas été traité comme un point susceptible de mouvements en raison des actions thermiques, mais rebouché sans précaution particulière. Pour les fissures D, le sapiteur a procédé à l'examen du plan du rez-de-chaussée qui a montré que l'ensemble du bloc Sud du bâtiment des services ne possédait pas de plancher au rez-de-chaussée en béton à l'exception du sur épaississement Nord Est et que ces deux parties du bloc Sud, partie avec toit et partie avec terrasse, étaient donc structurellement différentes, de sorte qu'il était normal que des fissures se forment entre ces deux zones. En ce qui concerne plus particulièrement la fissure D1, plus délicate puisqu'elle s'est formée au droit d'un poteau d'angle et a cisaillé le poteau en partie haute, elle est liée, ainsi qu'il ressort des plans d'exécution, à une élévation intérieure au droit du poteau fissuré P15 qui supporte la poutre L23 à droite et un linteau à gauche. Le sapiteur a estimé que la forme de cette élévation expliquait à elle seule qu'un joint de dilatation se soit créé à cet endroit, qui constitue un point faible entre une structure rigide et le voile en béton de la façade libre en tête. Le sapiteur retient ainsi, en ce qui concerne les fissures A1 et A2, un manque de suivi de chantier par l'entreprise générale et par le maître d'œuvre d'exécution qui auraient dû vérifier que les joints prévus en conception étaient convenablement pris en compte par les corps d'état architecturaux, et en ce qui concerne les fissures D1, D2 et D3, une faute imputable au maître d'œuvre et au bureau d'études techniques d'exécution, tout en précisant que les règles de l'art ont été respectées tant en phase de conception que d'exécution.

31. Ces points ne sont pas sérieusement contestés par les sociétés défenderesses. La communauté de communes du Val Briard ne dirige pas de conclusions à l'encontre de la société Atelier A2+, co-titulaire du groupement conjoint et solidaire de maîtrise d'œuvre. Il s'ensuit que la communauté de communes du Val Briard est fondée à demander, sur le fondement de la garantie décennale, la condamnation des sociétés Vitte et Betem Ingénierie à l'indemniser solidairement de ses préjudices au titre des fissures A1 et A2 et la condamnation de la seule société Betem Ingénierie à l'indemniser de ses préjudices au titre des fissures D1, D2 et D3.

S'agissant des tâches sur le sol vinyle :

32. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que rapidement après la réception des travaux, des tâches de couleur jaune sont apparues sur le sol vinyle. L'expert relève que ces tâches ont été visibles à trois endroits : le restaurant (environ 8m2), le couloir adjacent (environ 6m2) et le couloir menant aux chambres et donnant sur l'extérieur (environ 4m2).

33. Toutefois, et contrairement à ce que soutient la communauté de communes requérante, les tâches, qui sont apparues uniquement sur le sol de couleur gris clair de l'établissement, affectent une surface de 18 m2, soit moins de 1% de la surface posée. Si l'expert retient un remplacement de 60 m2 de sol vinyle, il ne s'agit pas de la surface affectée. En effet, l'expert explique dans son rapport qu'au vu de la surface tachée de 18 m2 et du fait que les lés font 2 mètres de largeur, la surface à déposer et à changer représentera environ trois fois la surface dégradée soit 60 m2. Par ailleurs, si la communauté de communes invoque une évolution constante de ce désordre, elle n'apporte en tout état de cause aucun élément de nature à étayer le bien-fondé et la portée de ses allégations. Dans ces conditions, ce désordre n'est pas de nature à affecter la solidité de l'ouvrage ni à le rendre impropre à sa destination.

S'agissant de la fixation défaillante des appareils sanitaires pour les WC des logements :

Quant au caractère décennal :

34. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que les cuvettes de WC suspendues dans les sanitaires des appartements des résidents s'affaissaient vers l'avant et que la communauté de communes a été contrainte de placer des briques faisant cale sous les cuvettes. L'expert a relevé que la pose de ce genre d'appareil implique la fixation au sol, par des scellements, d'une platine tenant l'ensemble de l'appareillage et qui reprend les efforts des tiges filetées sur lesquelles est accrochée la cuvette WC. Ainsi, quand un résident s'assoie sur cette cuvette, une pression vient naturellement faire basculer la cuvette vers le bas. Or, dans le cadre de l'installation réalisée en l'espèce, un important porte-à-faux existait à raison du fait qu'un seul rail a été posé par l'entreprise, de sorte que la totalité de l'effort n'était pas reprise par cette platine et que la cuvette était ainsi exposée à s'affaisser. L'expert indique qu'un deuxième rail aurait dû être posé pour éviter ce phénomène de bascule.

35. Les sociétés Vitte, Beranger et Betem Ingénierie contestent le caractère décennal de ce désordre en soutenant que les anomalies constatées concernaient uniquement deux cuvettes et non vingt-quatre ainsi que l'expert l'a retenu.

36. Toutefois, d'une part, en droit, lorsque des désordres affectent une partie seulement d'un ensemble immobilier mais que leur extension généralisée est prévisible, le maître d'ouvrage a droit à la réparation de l'ensemble. D'autre part, en l'espèce, l'expert a estimé qu'alors même que seulement deux gaines techniques ont été ouvertes et qu'à cette occasion des anomalies ont pu être constatées, il était certain que si toutes les cuvettes avaient été posées de cette manière, toutes allaient finir par s'affaisser. Or, les sociétés défenderesses n'établissent ni même n'allèguent que les cuvettes n'auraient pas été toutes montées de la même manière. Ainsi, elles ne sont pas fondées à soutenir que le désordre concerne uniquement deux cuvettes et non vingt-quatre. Au surplus, la communauté de communes requérante soutient que ce désordre provoque un porte-à-faux dangereux lorsque les résidents, qui sont des personnes âgées, les utilisent. Cette allégation est corroborée par le rapport d'expertise. Dans tous les cas, l'affaissement de la cuvette, qui rend le WC inutilisable, rend le logement correspondant impropre à sa destination. Le désordre présente donc un caractère décennal.

Quant à l'imputabilité :

37. L'expert a retenu que ce désordre résultait d'une mauvaise installation par la société Beranger des cuvettes WC qui n'a pas respecté les notices de montage ni les règles de l'art.

38. La communauté de communes du Val Briard ne dirige pas de conclusions à l'encontre de la société Beranger mais à l'encontre de la société Vitte, entrepreneur principal responsable des agissements de son sous-traitant. En effet, et contrairement à ce que la société Vitte soutient, la responsabilité du sous-traitant n'exonère pas l'entreprise générale de sa responsabilité à l'égard du maître d'ouvrage. Ainsi la responsabilité de la société Vitte doit être retenue pour les manquements de son sous-traitant.

39. Il résulte de ce qui précède que la communauté de communes est fondée à demander, sur le fondement de la garantie décennale, la condamnation de la société Vitte à l'indemniser de ses préjudices au titre de la fixation défaillante des vingt-quatre appareils sanitaires pour les WC des logements des résidents.

S'agissant de l'absence d'étanchéité à l'air des menuiseries extérieures de la maison des services :

Quant au caractère décennal :

40. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que des températures ressenties basses en hiver dans les bureaux ainsi que des courants d'air en partie basse des murs extérieurs ont été constatés révélant une isolation déficiente et non un manque de chauffage.

41. Si, ainsi que le relève la société Betem Ingénierie, l'expert n'a pas indiqué expressément que ce désordre entraine un inconfort thermique de nature à caractériser un désordre de nature décennale, il a toutefois relevé que les températures superficielles intérieures des murs extérieurs passaient de 19° à 11°C et que les courants d'air froid ressentis par les occupants pendant la saison hivernale comptaient des vitesses d'air de 0,5 à 1,1 m/s ainsi que des températures de 7,2 à 11,4°C. L'inconfort ainsi généré est de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination. Il s'ensuit que le désordre tenant en l'absence d'étanchéité à l'air des menuiseries extérieures de la maison des services présente un caractère décennal.

Quant à l'imputabilité :

42. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, qu'à la suite des huit sondages effectués dans les doublages des murs extérieurs, il s'est avéré que l'isolant (polystyrène de 60mm) se trouvant derrière les plaques de Placoplatre n'avait pas été posé correctement et de nombreux vides d'air existaient, de 4 à 5cm, ainsi que des écarts allant jusqu'à 1,2 cm entre les châssis vitrés et les plaques de Placoplatre et que ces dernières bougeaient sérieusement vers l'extérieur. L'expert a estimé, qu'à l'évidence, l'isolation et la pose des plaques de Placoplatre n'ont pas été réalisées selon les règles de l'art et selon le DTU 25-41 et 25-42, notamment les points de colle de MAP n'ont pas été posés en quantités suffisantes ce qui se traduit par ce manque de rigidité. Il retient ainsi une mauvaise exécution des travaux imputable à la société Techniplatre.

43. La communauté de communes du Val Briard ne dirige pas de conclusions à l'encontre de la société Techniplatre mais à l'encontre de la société Betem Ingénierie et la société Vitte, entrepreneur principal. Il résulte de l'instruction que ce désordre est imputable tant au groupement de maîtrise d'œuvre au titre de la surveillance du chantier qu'à la société Vitte, entrepreneur principal qui est responsable des actes de son sous-traitant à l'égard du maître d'ouvrage.

44. La communauté de communes requérante ne dirige pas de conclusions à l'encontre de la société Atelier 2A+. La société Betem Ingénierie entend faire valoir que les lots " cloisons " et " menuiseries " relevaient des attributions de l'architecte, soit la société Atelier 2A+. Toutefois, en l'absence de stipulations contraires, les entreprises qui s'engagent conjointement et solidairement envers le maître de l'ouvrage à réaliser une opération de construction s'engagement conjointement et solidairement à réparer le préjudice subi par celui-ci du fait de manquements dans l'exécution de leurs obligations contractuelles. Ainsi, un constructeur ne peut échapper à sa responsabilité conjointe et solidaire avec les autres entreprises co-contractantes au motif qu'il n'a pas réellement participé aux travaux révélant un tel manquement que si une convention, à laquelle le maître de l'ouvrage est partie, fixe la part qui lui revient dans l'exécution des travaux. Ces principes sont applicables aux entreprises participant à un groupement conjoint et solidaire de maîtrise d'œuvre.

45. En l'espèce, il résulte de l'acte d'engagement du groupement de maîtrise d'œuvre qu'il s'agit d'un groupement solidaire. Aucune des pièces du marché ni aucune convention à laquelle le maître d'ouvrage serait partie ne fixe la répartition des tâches entre les membres du groupement. La répartition annexée au marché concerne la répartition des honoraires en fonction des éléments de missions et ne peut être regardée comme tenant lieu de répartition des tâches. En tout état de cause, il n'en résulte pas que la société Betem Ingénierie aurait été déchargée de toute mission de direction de l'exécution des travaux, ni que la société Atelier 2A+ aurait exclusivement été chargée des lots concernés, la circonstance que la société Atelier 2A+ apparaisse dans le compte rendu de chantier produit par la société Betem Ingénierie n'étant pas de nature à l'établir, alors qu'elle agissait également en qualité de mandataire du groupement de maîtrise d'œuvre. Ainsi, à tous égards, la société Betem Ingénierie ne peut échapper à sa responsabilité conjointe et solidaire avec son co-contractant en ce qui concerne les dommages en litige.

46. Il s'ensuit que la communauté de communes du Val Briard est fondée à demander, sur le fondement de la garantie décennale, la condamnation solidaire des sociétés Vitte et Betem Ingénierie au titre de ce désordre.

En ce qui concerne la responsabilité quasi-délictuelle des sous-traitants :

47. La communauté de communes du Val Briard engage, à titre subsidiaire, la responsabilité quasi-délictuelle, des sociétés Béranger et SMABTP, assureur de la société Techniplâtre, au titre des mêmes désordres. Au regard de ce qui a été dit aux points 16 à 46, il y a lieu de se prononcer sur la responsabilité de ces sociétés uniquement en ce qui concerne le désordre affectant le système de climatisation de la MARPA, les fissures A3, A4, B, C, E1 et F1 et les tâches sur le sol vinyle, soit les désordres dont l'indemnisation n'a pas déjà été assurée dans le cadre des conclusions principales.

48. En premier lieu, et ainsi qu'il a été rappelé au point 5 du présent jugement, il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de connaître des actions tendant au paiement des sommes dues par un assureur au titre de ses obligations de droit privé, alors même que l'appréciation de la responsabilité de son assuré dans la réalisation du fait dommageable relèverait de la juridiction administrative. La juridiction judiciaire est donc seule compétente pour connaître des conclusions de la communauté de communes du Val Briard dirigées, à titre subsidiaire, contre la société SMABTP, en tant qu'assureur de la société Techniplâtre. Ainsi, ces conclusions doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

49. En second lieu, il appartient, en principe, au maître d'ouvrage qui entend obtenir la réparation des conséquences dommageables d'un vice imputable à la conception ou à l'exécution d'un ouvrage de diriger son action contre le ou les constructeurs avec lesquels il a conclu un contrat de louage d'ouvrage. Il lui est toutefois loisible, dans le cas où la responsabilité du ou des cocontractants ne pourrait pas être utilement recherchée, de mettre en cause, sur le terrain quasi-délictuel, la responsabilité des participants à une opération de construction avec lesquels il n'a pas conclu de contrat de louage d'ouvrage, mais qui sont intervenus sur le fondement d'un contrat conclu avec l'un des constructeurs. S'il peut, à ce titre, invoquer notamment la violation des règles de l'art ou la méconnaissance de dispositions législatives et réglementaires, il ne saurait, toutefois, se prévaloir de fautes résultant de la seule inexécution, par les personnes intéressées, de leurs propres obligations contractuelles. En outre, alors même qu'il entend se placer sur le terrain quasi délictuel, le maître d'ouvrage ne saurait rechercher la responsabilité de participants à l'opération de construction pour des désordres apparus après la réception de l'ouvrage et qui ne sont pas de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination.

50. En l'espèce, et ainsi qu'il a été dit aux points 16, 17, 28, 32 et 33 du présent jugement, les désordres pour lesquels la responsabilité quasi-délictuelle peut être examinée ne sont pas de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ni à le rendre impropre à sa destination. Il y a donc lieu de rejeter, en tout état de cause, les conclusions présentées par la communauté de communes du Val Briard, à titre subsidiaire, sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle à l'encontre de la société Beranger, sous-traitant de la société Vitte.

En ce qui concerne les préjudices :

51. La communauté de communes du Val Briard peut demander la réparation de l'intégralité du coût des travaux nécessaires pour rendre l'ouvrage conforme à sa destination ainsi que de ses éventuels préjudices et dommages annexes ou distincts dont elle établirait le lien de causalité direct et certain avec les désordres constatés.

52. Si la communauté de communes requérante demande la condamnation solidaire des sociétés Vitte et Betem Ingénierie à réparer l'ensemble des préjudices causés par les six désordres identifiés, ces sociétés n'ont toutefois pas concouru au même dommage. Dans ces conditions, la solidarité entre les défendeurs doit s'exercer indépendamment pour chacun des dommages en litige.

S'agissant des travaux de réparation des désordres :

53. En premier lieu, aucune partie n'apporte d'élément de nature à remettre en cause l'évaluation de l'expert quant au coût des travaux de réparation du dysfonctionnement de l'assainissement des eaux usées d'un montant de 41 612,80 euros. Toutefois, il y a lieu de déduire de ce montant, le coût du relogement des occupants des logements qui constitue un préjudice distinct. Il y a donc lieu de retenir une somme totale de 37 520,20 euros au titre des travaux de réparation de ce désordre.

54. En deuxième lieu, la communauté de communes du Val Briard sollicite une somme de 118 882,80 euros au titre des fissures et cloques, montant corroboré par l'expert dans son rapport d'expertise. Toutefois, ce montant est calculé sur la base d'un devis qui prend en compte la réfection de l'ensemble des fissures dont la MARPA et la maison des services seraient affectées, alors que, ainsi qu'il a été dit aux points 25 à 28 du présent jugement, seules les fissures A1, A2, D1, D2 et D3 présentent un caractère décennal et peuvent ainsi faire l'objet d'une indemnisation sur le fondement de la garantie décennale. Il y a donc lieu d'extraire du devis de la société Demcar retenu par l'expert uniquement les montants des travaux concernant les fissures A1, A2, D1, D2 et D3, à savoir plus précisément 5 225 euros HT correspondant aux travaux préparatoires, 630 euros HT correspondant aux travaux pour les fissures A1 et A2, 2 200 euros HT correspondant aux travaux pour les fissures D1, D2 et D3 et 620 euros HT pour le nettoyage final soit un total de 8 675 euros HT (10 410 euros TTC). Par ailleurs, il y a lieu de rajouter à ce montant, les honoraires du BET Bellegarde ING à hauteur de 18 582 euros au titre des études d'expertise pour la remise en état de la MARPA et de la maison des services, somme qui n'est pas contestée par les sociétés défenderesses et pour laquelle il ne résulte pas de l'instruction qu'elle soit proportionnelle au coût de réparation des fissures et dont il conviendrait ainsi de limiter le montant pris en compte en proportion du coût des fissures indemnisées.

55. Si la société Vitte entend soutenir que l'expert a écarté à tort, lors des opérations d'expertise, sa proposition tenant à ce qu'elle prenne en charge les travaux réparatoires pour un montant de 61 236 euros TTC, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que cette proposition de travaux n'aurait pas pu être prise en compte dès lors notamment que les montants et mètres indiqués dans le devis qu'elle a fourni étaient sous-évalués. Dans le cadre de la présence instance, la société Vitte n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause les explications de l'expert.

56. Par ailleurs, et contrairement à ce que les sociétés Vitte et Betem Ingénierie soutiennent, si le sapiteur a effectivement retenu une somme de 12 600 euros HT pour le coût de réparation de ce désordre, il résulte de l'instruction, et notamment de la note technique finale du sapiteur lui-même, que cette somme n'est issue que d'une estimation qui doit être affinée à la suite de devis complémentaires fournis par les parties.

57. En revanche, il n'y a pas lieu de retenir le montant de 44 160 euros HT correspondant au ravalement en peintures de la classe I3 pour la totalité de la surface de la façade de la MARPA dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'un tel ravalement soit nécessaire au regard du caractère localisé des fissures de nature décennale à réparer. Par ailleurs, la société Vitte soutient, sans être contredite, que les prestations de ravalement d'imperméabilisation préconisées constitueraient une amélioration de l'ouvrage qui ne peut être indemnisée. Il n'y a pas non plus lieu de retenir la somme de 1 941,75 euros HT, soit 2 330,10 euros TTC, au titre de la fourniture et pose du faux plafond dès lors que ces travaux sont liés à la fissure de type A4 et non aux fissures présentant un caractère décennal.

58. Il s'ensuit que le coût de réparation des fissures s'établit à 28 992 euros TTC, dont 756 euros TTC (630 euros HT) correspondant au seul coût de réparation des fissures de type A1 et A2 et 2 640 euros TTC (2 200 euros HT) correspondant au coût de réparation des seules fissures de type D.

59. En troisième lieu, la communauté de communes reprend à son compte les évaluations de l'expert et demande un montant de 31 968 euros TTC au titre des travaux de réfection de la fixation défaillante des appareils sanitaires. Ainsi qu'il a été dit au point 36 du présent jugement et contrairement à ce que les sociétés Vitte et Betem Ingénierie soutiennent, ce désordre concerne les vingt-quatre cuvettes de l'établissement et non seulement deux. Il s'ensuit qu'il y a bien lieu de retenir le montant demandé par la communauté de communes requérante qui porte sur la réparation de vingt-quatre cuvettes WC, soit 31 968 euros TTC.

60. En quatrième lieu, la communauté de communes requérante demande 64 780 euros au titre du coût des travaux relatifs à l'étanchéité à l'air des menuiseries extérieures de la maison des services. L'expert retient quant à lui un montant de 64 780,80 euros correspondant au coût de l'analyse du fonctionnement du système de chauffage d'un montant de 1 620 euros, des sondages réalisés par la société LMA d'un montant de 514,80 euros et des travaux de réfection à proprement parler d'un montant de 62 646 euros proposés par la société Abel. La société Vitte produit un devis du 25 septembre 2017 pour des travaux de réfection d'un montant de 37 382,40 euros TTC en soutenant qu'ils répondent aux préconisations du rapport.

61. Toutefois, en se bornant à produire un devis sans aucune explication complémentaire et d'un montant bien inférieur aux trois autres devis produits lors des opérations d'expertise par trois entreprises indépendantes et aux montants très proches, la société Vitte ne remet pas en cause le montant des travaux retenu par l'expert en se fondant sur le devis de la société Abel à hauteur de 62 646 euros.

62. Il résulte des éléments qui précèdent que le montant des coûts des travaux de réfection s'établit en fonction des désordres à : 37 520,20 euros TTC pour le dysfonctionnement de l'assainissement des eaux usées, 28 992 euros TTC pour les fissures, 31 968 euros pour la fixation défaillante des appareils sanitaires et 64 780 euros pour les désordres résultant de l'absence d'étanchéité à l'air des menuiseries extérieures de la maison de services soit un montant total de 163 260,20 euros TTC.

63. Les sommes ainsi retenues au titre du coût des travaux de réfection seront mises à la charge des sociétés Vitte et Betem Ingénierie, selon l'imputabilité fixée précédemment pour chaque désordre.

S'agissant des frais et honoraires annexes :

64. La communauté de communes requérante demande en outre de rajouter au montant des travaux de réfection les frais et honoraires de maîtrise d'œuvre estimés à 7% des travaux correspondant à un montant de 18 765 euros TTC, les frais et honoraires de coordination SPS d'un montant de 6 000 euros TTC et les frais et honoraires du contrôleur technique évalués à hauteur de 7 200 euros TTC, soit un montant total de 31 965 euros TTC. D'une part, s'agissant des honoraires de maîtrise d'œuvre, au regard du coût des travaux retenus et de la circonstance que des frais de maîtrise d'œuvre ont déjà été pris en compte pour le traitement des fissures, il en sera fait une juste appréciation en retenant un montant de 4 500 euros. D'autre part, en ce qui concerne les frais et honoraires de coordination SPS, en l'absence de tout élément de chiffrage et au regard du montant des travaux retenus, il y a lieu de retenir, selon une juste appréciation, la somme de 3 000 euros. En revanche, en se bornant à soutenir que l'intervention du contrôleur technique est nécessaire pour donner un avis en matière de solidité dans le cadre d'un dossier relativement compliqué sur le plan technique et qui fait suite à un sinistre, alors qu'aucun des désordres n'a trait à la solidité de l'ouvrage, la communauté de communes requérante n'apporte pas d'éléments permettant d'établir l'existence de ce préjudice. Il s'ensuit qu'il y a lieu de retenir au titre des frais annexes un montant total de 7 500 euros TTC.

65. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de mettre à la charge solidaire des sociétés Vitte et Betem Ingénierie la somme de 7 500 euros TTC au titre des frais et honoraires annexes.

S'agissant du préjudice tenant au relogement des occupants de la MARPA pendant les travaux de réparation du système d'assainissement des eaux usées :

66. La communauté de communes du Val Briard demande une somme de 4 092, 60 euros correspondant à l'hébergement de deux résidents dans un autre établissement pendant 30 jours, soit la somme retenue par l'expert dans son rapport d'expertise. Cette somme n'est pas sérieusement contestée en défense. Si la société Vitte entend faire valoir que le relogement de l'ensemble des résidents pendant la durée des travaux affectant les canalisations ne parait pas nécessaire dès lors que ces travaux peuvent être réalisés progressivement chambre par chambre et n'immobiliser ainsi qu'une ou deux chambre lors de chaque intervention, il résulte de l'instruction que l'expert en a déjà tenu compte dans le calcul du montant final du préjudice subi par la communauté de communes au titre du dysfonctionnement de l'assainissement des eaux usées. Il y a donc lieu de retenir la somme de 4 092, 60 euros au titre de ce préjudice.

67. Au regard de ce qui a été dit précédemment, et notamment aux points 22 à 24 du présent jugement, il y a lieu de mettre la somme de 4 092,60 euros correspondant aux frais de relogement des occupants à la charge de la société Vitte.

S'agissant du préjudice de jouissance et d'image :

68. La communauté de communes du Val Briard demande une somme de 5 000 euros au titre du préjudice de jouissance qu'elle estime avoir subi. Toutefois, en se bornant à invoquer l'exposition de son personnel à des conditions de température inacceptables dans le bâtiment de la maison des services, elle n'établit pas de préjudice à ce titre.

69. Par ailleurs, si la communauté de communes requérante entend soutenir que l'établissement verrait son image atteinte aux yeux des occupants, de leur famille et du public du fait de l'exposition des résidents à des effluves nauséabonds, elle n'apporte aucun élément concret au soutien de cette allégation.

70. Dans ces conditions, il y a lieu d'écarter ce chef de préjudice.

S'agissant des frais de constat :

71. La communauté de communes demande enfin une somme de 630,36 euros TTC au titre des frais exposés par elle pour faire constater les désordres.

72. En l'espèce, les frais exposés par la communauté de communes dans le cadre d'un constat d'huissier présentent un caractère d'utilité. La personne publique est dès lors bien fondée à demander l'indemnisation de son préjudice à ce titre. Il y a lieu de mettre à la charge solidaire des sociétés Vitte et Betem la somme de 630,36 euros TTC au titre des frais de constat.

En ce qui concerne les appels en garantie :

73. Un constructeur, dont la responsabilité est recherchée par un maître d'ouvrage, est fondé à demander à être garanti par un autre constructeur si et dans la mesure où les condamnations qu'il supporte correspondent à un dommage imputable à ce constructeur.

74. La société Vitte demande à être garantie par la société Betem Ingénierie et son assureur, la société Lloyd's Insurance Company, venant aux droits de la société Lloyd's de Londres. La société Betem Ingénierie demande à être garantie par la société Vitte au titre du dysfonctionnement de l'assainissement des eaux usées, des fissures, des tâches sur le sol vinyle, de la fixation défaillante des appareils sanitaires et de l'absence d'étanchéité à l'air des menuiseries extérieures, la société Atelier 2A+, son co-traitant du groupement de maîtrise d'œuvre, au titre des désordres tenant aux menuiseries ainsi que la société Dekra Industrial, chargée du contrôle technique, au titre des désordres tenant aux fissures. La société Dekra Industrial demande à être garantie par la société Vitte et la société Atelier 2A+ demande à être garantie par les sociétés Betem Ingénierie, Vitte, Techniplâtre, Beranger ainsi que leurs assureurs.

S'agissant des appels en garantie présentés à l'encontre des assureurs :

75. Il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de connaître des actions tendant au paiement des sommes dues par un assureur au titre de ses obligations de droit privé, alors même que l'appréciation de la responsabilité de son assuré dans la réalisation du fait dommageable relèverait de la juridiction administrative.

76. Ainsi, les conclusions d'appel en garantie présentées par la société Vitte à l'encontre de la société Lloyd's Insurance Company et de la société Atelier 2A+ à l'encontre de la société SMABTP et de la société Lloyd's Insurance Companny doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

S'agissant des appels en garantie au titre du dysfonctionnement du système d'assainissement des eaux usées - y compris le relogement des résidents de l'établissement - et de la fixation défaillante des appareils sanitaires :

77. Si la société Betem Ingénierie appelle la société Vitte en garantie en ce qui concerne le dysfonctionnement du système d'assainissement des eaux usées et le défaut de fixation des appareils sanitaires, sa responsabilité n'est pas retenue pour ces désordres. Dans ces conditions, ses conclusions d'appel en garantie formulées contre celle-ci à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.

78. Il en est de même des conclusions d'appel en garantie formulées par la société Vitte contre la société Betem Ingénierie au titre des mêmes désordres dès lors qu'elle ne présente aucune argumentation au soutien de ces conclusions et qu'il résulte de ce qui a été dit aux points 22 à 24 et 37 à 40 du présent jugement que ces désordres sont imputables à elle seule.

S'agissant des appels en garantie au titre des fissures et cloques :

79. Ainsi qu'il a été dit aux points 30 et 31 du présent jugement, en ce qui concerne les fissures A1 et A2, ont été retenues la responsabilité de la société Vitte, à raison d'un manque de suivi de chantier, et du maître d'œuvre d'exécution, à raison d'un défaut de surveillance, et en ce qui concerne les fissures de type D, la responsabilité du groupement de maîtrise d'œuvre dès lors que ces dernières fissures étaient imputables à la conception du bâtiment.

80. D'une part, aux termes de l'article 2.1 du titre 2 des conditions générales d'intervention et de la norme AFNOR relative aux critères généraux pour la contribution du contrôle technique à la prévention des aléas techniques dans le domaine de la construction, à laquelle renvoie le marché en litige : " Les aléas techniques à la prévention desquels le contrôle technique contribue au titre de la mission L, sont ceux qui, découlant de défauts dans l'application des textes techniques à caractère réglementaire ou normatif, sont susceptibles de compromettre la solidité de la construction achevée ou celle des ouvrages et éléments d'équipement indissociables qui la constituent ".

81. Il résulte de l'instruction, et notamment de la note technique du sapiteur, que les fissures ne sont pas structurelles et sont dès lors sans incidence sur la solidité de l'immeuble. Par suite, la responsabilité de la société Dekra Industrial, contrôleur technique, ne peut pas être retenue au titre de sa mission L, ni au titre d'aucune des autres missions prévues par le marché de contrôle technique. En outre, s'agissant notamment des fissures A1 et A2 dues à une mauvaise exécution des prestations pendant le chantier, la société Betem Ingénierie ne précise pas quelle aurait dû être l'intervention du contrôleur technique qui n'est pas chargé d'une mission générale de surveillance de l'exécution des prestations. L'appel en garantie présenté par la société Betem Ingénierie à l'encontre de la société Dekra Industrial doit donc être écarté.

82. D'autre part, les parties ne présentant pas de conclusions à l'encontre de la société Atelier 2A+ et les auteurs des appels en garantie ne se prévalant d'aucune solidarité entre cette dernière et la société Betem Ingénierie, le partage de responsabilité doit tenir compte exclusivement des fautes commises par la société Betem Ingénierie au regard de la participation effective aux travaux en litige.

83. Ainsi, au regard de ce qui a été dit précédemment, il y a lieu de fixer, en ce qui concerne les fissures A1 et A2, à 80% la part de responsabilité de la société Vitte, responsable de d'un manque de suivi de chantier, à 10% la responsabilité de la société Betem Ingénierie et à 10% la responsabilité de la société Atelier 2A+, responsables d'un défaut de surveillance. La société Vitte n'appelle pas en garantie la société Atelier 2A+. Il y a donc lieu de condamner la société Vitte à garantir la société Betem Ingénierie à hauteur de 80% de la somme de 756 euros correspondant au coût de réparation de ces désordres et la société Betem Ingénierie à garantir la société Vitte à hauteur de 10% de cette même somme.

84. En ce qui concerne les fissures de type D, si la société Vitte appelle la société Betem Ingénierie en garantie, sa responsabilité n'est pas retenue pour ce désordre. Dans ces conditions, son appel en garantie ne peut qu'être rejeté. Il en est de même des conclusions d'appel en garantie formulées par la société Betem Ingénierie à l'encontre de la société Vitte au titre du même désordre dès lors qu'il résulte des points 29 à 31 du présent jugement que le désordre est imputable uniquement à la maitrise d'œuvre.

85. Enfin, en ce qui concerne les frais de réparation communs aux deux types de fissures, à savoir les travaux préparatoires et le nettoyage final, il y a lieu de fixer, à 50% la part de responsabilité de chacune des deux sociétés Vitte et Betem Ingénierie. Il y a donc lieu de condamner la société Vitte à garantir la société Betem Ingénierie à hauteur de 50% de la somme de 25 596 euros et la société Betem Ingénierie à garantir la société Vitte à hauteur de 50% de la même somme.

S'agissant des appels en garantie au titre de l'absence d'étanchéité à l'air des menuiseries extérieures de la maison des services :

86. Il résulte de l'instruction, et notamment de ce qui a été dit aux points 42 à 46 du présent jugement, que le défaut de surveillance imputable au groupement de maîtrise d'œuvre n'est pas la cause principale du désordre et qu'il y a lieu de fixer à 20% la part de responsabilité du groupement de maîtrise d'œuvre, proportion qui en l'espèce doit être repartie à parts égales entre les sociétés Betem Ingénierie et Atelier 2A+, et à 80% la part de responsabilité de la société Vitte, qui est responsable pour les manquements de son sous-traitant.

87. Ainsi, il y a lieu de condamner la société Betem Ingénierie à garantir la société Vitte de la condamnation prononcée à son encontre au bénéfice de la communauté de communes du Val Briard à concurrence de 10% de la somme totale de 64 780 euros, les sociétés Vitte et Atelier 2A+ à garantir la société Betem Ingénierie à hauteur respectivement de 80% et 10% de la même somme. En revanche, il y a lieu d'écarter les appels en garantie présentés par la société Atelier 2A+ à l'encontre des sociétés Betem Ingénierie, Vitte, Beranger et Techniplâtre dès lors que sa condamnation correspond uniquement à sa part de responsabilité dans le désordre.

S'agissant des autres frais communs - frais de maîtrise d'œuvre, de coordonnateur SPS et d'huissier :

88. Au regard de ce qui a été dit précédemment, il y a lieu de fixer à hauteur de 90% la part de responsabilité de la société Vitte, de 5% la part de responsabilité de la société Betem Ingénierie et de 5% la part de responsabilité de la société Atelier 2A+ en proportion du coût des travaux revenant à chacune. La société Vitte n'appelle pas en garantie la société Atelier 2A+. Dans ces conditions, il y a lieu de condamner la société Vitte à garantir la société Betem Ingénierie à hauteur de 90% de la somme totale de 8 130,36 euros (7 500 + 630,36) et la société Betem Ingénierie à garantir la société Vitte à hauteur de 5% de la même somme.

Sur les intérêts :

89. La communauté de communes du Val Briard a droit aux intérêts sur la condamnation prononcée à l'encontre des sociétés Vitte et Betem Ingénierie à compter du 14 décembre 2018, date de l'introduction de sa requête.

Sur les dépens :

90. En premier lieu, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais et honoraires de l'expert, M. A, et du sapiteur, M. B, taxés et liquidés à la somme totale de 39 533,77 euros par une ordonnance du 31 août 2018 du président de la 8ème chambre du tribunal administratif de Melun, à la charge définitive et solidaire des sociétés Vitte et Betem Ingénierie.

91. La somme versée par la communauté de communes au titre des frais d'expertise à hauteur de 39 533,77 euros porte intérêts depuis le jour de leur versement.

92. La société Vitte demande de condamner la société Betem Ingénierie à la garantir de l'intégralité des condamnations prononcées à son encontre.

93. Au regard de tout ce qui a été dit précédemment, et compte tenu l'ensemble des désordres examinés par l'expert, il y a lieu de condamner la société Betem Ingénierie à garantir la société Vitte à hauteur de 15% de la somme de 39 533,77 euros.

94. En second lieu, aucun frais d'expertise, d'enquête ou d'autre mesure d'instruction n'ayant été exposé par les sociétés Beranger, Vitte, Betem Ingénierie, Dekra Industrial et Atelier 2A+ dans la présente instance, leurs conclusions tendant au remboursement des dépens doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

95. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge solidaire des sociétés Vitte et Betem Ingénierie une somme de 3 000 euros à verser à la communauté de communes du Val Briard en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, il y a lieu de rejeter les autres conclusions présentées par les parties sur le fondement de ces mêmes dispositions.

96. La société Vitte demande de condamner la société Betem Ingénierie à la garantir de l'intégralité des condamnations prononcées à son encontre.

97. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner la société Betem Ingénierie à garantir la société Vitte à hauteur de 10% de la somme de 3 000 euros mentionnée au point 95 du présent jugement.

D E C I D E :

Article 1 : Les conclusions présentées par la communauté de communes du Val Briard, à titre principal, à l'encontre des sociétés SMABTP et Lloyd's Insurance Company, venant aux droits de la société des souscripteurs du Lloyd's de Londres, et à titre subsidiaire, à l'encontre de la société SMABTP, en tant qu'assureur de la société Techniplâtre, sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : Les conclusions d'appel en garantie présentées par la société Vitte à l'encontre de la société Lloyd's Insurance Company, venant aux droits de la société des souscripteurs du Lloyd's de Londres, sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 3 : La société Vitte est condamnée à verser à la communauté de communes du Val Briard la somme de 73 580,80 euros correspondant au coût des travaux de réparation du système d'assainissement des eaux usées et de la fixation défaillante des appareils sanitaires de la MARPA ainsi qu'aux frais de relogement de ses occupants.

Article 4 : La société Betem Ingénierie est condamnée à verser à la communauté de communes du Val Briard la somme de 2 640 euros correspondant aux frais de réparation afférents aux seules fissures de type D sur la maison des services.

Article 5 : Les sociétés Vitte et Betem Ingénierie sont condamnées solidairement à verser à la communauté de communes du Val Briard la somme totale de 99 262,36 euros correspondant aux coûts de réparation des fissures de type A1 et A2, aux coûts de réparation communx aux fissures de type A1, A2 et D, aux coûts de réparation de l'absence d'étanchéité à l'air des menuiseries extérieures, aux frais de maîtrise d'œuvre et de coordonnateur SPS ainsi qu'aux frais d'huissier.

Article 6 : La communauté de communes du Val Briard a droit aux intérêts au taux légal sur la condamnation prononcée à l'encontre des sociétés Vitte et Betem Ingénierie à compter du 14 décembre 2018.

Article 7 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés, à la somme de 39 533,77 euros sont mis à la charge définitive et solidaire des sociétés Vitte et Betem Ingénierie. Cette somme portera intérêts à compter de la date à la laquelle la communauté de communes du Val Briard l'a versée à l'expert.

Article 8 : La société Vitte est condamnée à garantir la société Betem Ingénierie à hauteur de 80% de la somme de 756 euros correspondant au coût des travaux de réparation des fissures de type A1 et A2, et la société Betem Ingénierie à garantir la société Vitte à hauteur de 10% de la même somme.

Article 9 : La société Vitte est condamnée à garantir la société Betem Ingénierie à hauteur de 50% de la somme de 25 596 euros correspondant aux coûts de réparation communs à toutes les fissures, et la société Betem Ingénierie à garantir la société Vitte à hauteur de 50% de la même somme.

Article 10 : Les sociétés Vitte et Atelier 2A+ sont condamnées à garantir la société Betem Ingénierie à hauteur respectivement de 80% et 10% de la somme de 64 780 euros correspondant au coût des travaux de réparation de l'absence d'étanchéité à l'air des menuiseries extérieures de la maison des services et la société Betem Ingénierie à garantir la société Vitte à hauteur de 10% de la même somme.

Article 11 : La société Vitte est condamnée à garantir la société Betem Ingénierie à hauteur de 90% de la somme de 8 130,36 euros correspondant aux frais de maîtrise d'œuvre et de coordonnateur SPS ainsi qu'aux frais d'huissier, et la société Betem Ingénierie à garantir la société Vitte à hauteur de 5% de la même somme.

Article 12 : La société Betem Ingénierie est condamnée à garantir la société Vitte à hauteur de 15% de la somme de 39 533,77 euros mentionnée à l'article 7.

Article 13 : Les sociétés Vitte et Betem Ingénierie sont condamnées solidairement à verser à la communauté de communes du Val Briard la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 14 : La société Betem Ingénierie est condamnée à garantir la société Vitte à hauteur de 10% de la somme de 3 000 euros mentionnée à l'article 13.

Article 15 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 16 : Le présent jugement sera notifié à la communauté de communes du Val Briard, aux sociétés Betem Ingénierie, Vitte, SMABTP, Lloyd's Insurance Company, Lloyd's de Londres, Beranger, Dekra Industrial et Atelier 2A+.

Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Xavier Pottier, président,

Mme Andreea Avirvarei, conseillère,

Mme Jeanne Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2024.

La rapporteure,

A. Avirvarei

Le président,

X. PottierLa greffière,

A. Starzynski

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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