vendredi 23 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1902725 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MICHALLON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 mars 2019, M. A C, représenté par
Me Michallon, demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2012 et des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2013.
M. C soutient que :
En ce qui concerne les droits :
- la charge de la preuve pèse sur l'administration ;
- la proposition de rectification et la réponse aux observations du contribuable sont insuffisamment motivées en droit et en fait en ce que l'administration n'a pas suffisamment exposé la manière dont elle évalué la valeur vénale du bien ;
- elles ne précisent pas si l'administration a fait usage de son droit de communication ;
- l'administration fiscale a commis une erreur d'appréciation en surestimant la valeur vénale de l'immeuble situé 15 bis avenue Poincaré à Villeneuve-le-Roi au regard de son prix d'acquisition et en considérant qu'il s'agissait là d'un avantage occulte au sens du c de l'article 111 du code général des impôts, dès lors que le lot n°5 a une structure de bâti de moindre qualité que celle du reste de l'ensemble immobilier qui a servi de point de comparaison à l'administration fiscale, que ce lot lui a été vendu alors qu'il nécessitait encore des travaux de finitions laissés à sa charge par le vendeur, qu'une estimation réalisée par la chambre des notaires en a fixé le prix à 100 000 euros alors qu'il a été acquis moyennant 90 000 euros, qu'il s'agissait du dernier lot d'une opération qui ne trouvait pas d'acquéreur facilement auprès de professionnels du quartier susceptibles d'avoir un intérêt pour ces locaux à usage de bureaux et qu'il a accepté de loger des bureaux de la SARL Claresco Immo dans ces locaux à titre gracieux pendant trois ans ;
- elle ne démontre aucune intention de la SARL Claresco Immo, vendeuse du bien, de lui consentir une libéralité ;
En ce qui concerne les pénalités:
- les décisions par lesquelles l'administration fiscale lui a infligé des pénalités sont insuffisamment motivées ;
- l'administration fiscale ne démontre pas sa mauvaise foi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2019, le directeur du contrôle fiscal d'Île-de-France conclut au rejet de la requête.
Le directeur du contrôle fiscal d'Île-de-France fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 22 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 juillet 2022.
Suite à une demande du tribunal en date du 10 novembre 2022 sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, les pièces complémentaires reçues de l'administration et enregistrées le jour même ont été communiquées au requérant le
14 novembre 2022 sur le même fondement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les conclusions de Mme Vergnaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte de cession en date du 25 septembre 2013, la société à responsabilité limitée (SARL) Claresco Immo a vendu à M. C, un appartement de 122 m² situé 15 bis avenue Poincaré à Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne) pour un montant de 90 000 euros. Suite à la vérification de comptabilité dont la SARL Claresco Immo a fait l'objet, l'administration fiscale a considéré que ce prix était insuffisant, a estimé la valeur réelle du bien à 344 223 euros et a, le 30 juillet 2015, adressé une proposition de rectification en conséquence à M. C au motif que la différence entre ces deux prix relevait d'une libéralité représentant un avantage occulte au sens du c de l'article 111 du code général des impôts constitutif d'une distribution de revenus. Par un courrier en date du 1er octobre 2015, M. C a présenté ses observations relatives à cette proposition de rectification, lesquelles ont fait l'objet d'une réponse en date du 19 octobre 2015 à l'occasion de laquelle le service a ramené son estimation de la valeur réelle du bien à
191 824,48 euros. Le 30 novembre 2018, les impositions supplémentaires en découlant ont été mises en recouvrement sur la base d'une estimation de la valeur réelle du bien ramenée à
144 936 euros. M. C a contesté le bien-fondé de ces impositions par une réclamation préalable en date du 11 décembre 2018. M. C demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au tire de l'année 2012 et des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2013.
Sur les conclusions à fin de décharge:
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales: "L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande".
3. Il incombe à l'administration d'informer le contribuable sur la teneur et l'origine des renseignements recueillis dans l'exercice de son droit de communication qu'elle a utilisés effectivement pour fonder les impositions, afin que l'intéressé soit mis à même, avant la mise en recouvrement de ces impositions, de demander que les documents qui contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition.
4. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration fiscale ait usé de son droit de communication et se soit fondée sur d'autres renseignements que ceux exposés dans sa proposition de rectification. Par suite, la circonstance que la proposition de rectification du
30 juillet 2015 et la réponse aux observations du contribuable en date du 19 octobre 2015 ne précisent pas si l'administration a fait usage de son droit de communication, est sans influence sur la régularité de la procédure d'imposition.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales :"L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre: "La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition, prorogé, le cas échéant, dans les conditions prévues au deuxième alinéa de cet article". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les rectifications envisagées, de façon à permettre au contribuable de formuler utilement ses observations.
S'agissant de l'imposition supplémentaire sur le revenu de l'année 2013:
6. D'une part, la proposition de rectification, adressée le 30 juillet 2015 à
M. C, mentionne qu'elle porte sur l'impôt sur le revenu du par l'intéressé au titre de l'année 2013, que l'administration a fait application de la procédure de rectification contradictoire prévue aux articles L. 55 et L. 57 à L. 61 du livre des procédures fiscales, que l'imposition est fondée sur les articles 109-1 2° et 111 c du code général des impôts, que le calcul de l'imposition intègre le coefficient prévu à l'article 158-7 2° du même code, que lors de la vérification de comptabilité de la SARL Claresco Immo, dont M. A C est l'associé, le service a constaté que celle-ci lui a vendu un appartement de 122 m² situé 15 bis avenue Poincaré à Villeneuve-le-Roi (94290) pour un montant de 90 000 euros alors que le service en estime la valeur vénale à 344 223 euros, que cette valeur vénale a été calculée à partir du prix de cession moyen au m² de 2 970 euros des autres lots de l'immeuble situé 15 bis avenue Poincaré à Villeneuve-le-Roi, en multipliant celle-ci par 122 m², puis en lui appliquant une décote de 5% "pour tenir compte de la différence de matériaux utilisés pour le bâtiment B", que le gérant et associé de la SARL Claresco Immo qui a consenti à cette vente est M. D C, son père, alors que lui-même est également associé au sein de celle-ci, que la différence entre le prix de vente et la valeur du bien présente un écart excessif constitutif d'une libéralité qui relève d'un avantage occulte au sens du c de l'article 111 du code général des impôts et qu'il doit donc faire l'objet d'imposition supplémentaire dans la catégorie des revenus distribués. Le service a produit, en annexe à sa proposition de rectification, les feuilles de calcul des conséquences financières du rehaussement de ses bases d'imposition. Ainsi rédigée, la proposition de rectification est suffisamment motivée.
7. D'autre part, la réponse aux observations du contribuable en date du
19 octobre 2015 mentionne notamment, pour sa part, que l'estimation de la valeur vénale du bien est ramenée à 191 824,48 euros et que celle-ci a été calculée à partir du prix d'acquisition initial de l'ensemble de l'immeuble par la SARL Claresco Immo (510 000 euros pour 486 m²) pour en déduire, par l'utilisation d'une règle de trois, le montant de la part du lot n° 5 (128 024,69 euros pour 122 m²), auquel le service a ajouté 63 799,79 euros de travaux. Par suite, la réponse aux observations du contribuable est également suffisamment motivée.
S'agissant des cotisations sociales supplémentaires des années 2012 et 2013:
8. La proposition de rectification, adressée le 30 juillet 2015 à M. C, mentionne qu'elle porte sur les cotisations sociales dues par l'intéressé au titre des années 2012 et 2013, que l'administration a fait application de la procédure de rectification contradictoire prévue aux articles L. 55 et L. 57 à L. 61 du livre des procédures fiscales, que la contribution est fondée sur les articles 1600 OC, OE, OF, OG, OH, OL, OM et OS du code général des impôts et sur la loi n°2004-626 du 30 juin 2004 relative à la solidarité pour l'autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées, que les revenus commerciaux et non commerciaux que M. A C perçoit n'ont pas été soumis aux contributions sociales car celui-ci ne les a pas mentionnés sur la ligne 5HY des déclarations 2042 C déposées au titre des années 2012 et 2013, que pour l'année 2012, les revenus à soumettre aux contributions sociales s'élèvent à
10 540 euros et sont composés de 6 580 euros de bénéfice industriel et commercial net après abattement forfaitaire et de 3 960 euros de bénéfice non commercial net après abattement forfaitaire, que pour l'année 2013, les revenus à soumettre aux contributions sociales s'élèvent à 329 537 euros et sont composés de 11 758 euros de bénéfice industriel et commercial net (après abattement forfaitaire) et de 317 779 de revenus de capitaux mobiliers non imposés, après application du coefficient 1,25 prévu à l'article 158-7-2° du code général des impôts et qu'il doit donc faire l'objet de prélèvements supplémentaires. L'administration joint en annexe à sa proposition de rectification les feuilles de calcul des conséquences financières du rehaussement de ses bases d'imposition. Ainsi rédigée, la proposition de rectification du 30 juillet 2015 est suffisamment motivée.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition:
S'agissant de la charge de la preuve :
9. En premier lieu, aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. () ".
10. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification datée du
30 juillet 2015 a été régulièrement notifiée à M. C le 10 août 2015. L'intéressé n'y a répondu que par un courrier en date du 1er octobre 2015, soit au-delà du délai de trente jours prévu par les articles L. 11 et L. 57 du livre des procédures fiscales. Il doit ainsi être regardé comme ayant donné son accord aux rectifications. Par suite, la charge de la preuve de l'exagération des bases d'imposition incombe au requérant.
11. En second lieu, aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () / c. Les rémunérations et avantages occultes ; / () ".
12. En cas d'acquisition par une société à un prix que les parties ont délibérément majoré par rapport à la valeur vénale de l'objet de la transaction, ou, s'il s'agit d'une vente, délibérément minorée, sans que cet écart de prix comporte de contrepartie, l'avantage ainsi octroyé doit être requalifié comme une libéralité représentant un avantage occulte constitutif d'une distribution de bénéfices au sens des dispositions précitées du c. de l'article 111 du code général des impôts, alors même que l'opération est portée en comptabilité et y est assortie de toutes les justifications concernant son objet et l'identité du cocontractant, dès lors que cette comptabilisation ne révèle pas, par elle-même, la libéralité en cause. La preuve d'une telle distribution occulte doit être regardée comme apportée par l'administration lorsqu'est établie l'existence, d'une part, d'un écart significatif entre le prix convenu et la valeur vénale du bien cédé, d'autre part, d'une intention, pour la société, d'octroyer, et, pour le cocontractant, de recevoir, une libéralité du fait des conditions de la cession, sans que cet avantage ne soit assorti d'une contrepartie. Dans le cas où le vendeur et l'acquéreur sont liés par une relation d'intérêts, l'intention d'octroyer et de recevoir une libéralité est présumée.
13. Pour établir qu'en ayant acquis le 25 septembre 2013 un bien immobilier mixte désigné sous l'intitulé de lot n°5, d'une surface de plancher de 122 m², comprenant des bureaux et un appartement à usage d'habitation, situé 15 bis avenue Poincaré à Villeneuve-le-Roi, au prix de 90 000 euros, M. A C avait bénéficié d'une libéralité consentie par la SARL Claresco Immo, venderesse, et ainsi réalisé un revenu qui lui a été distribué de manière occulte, le service fait valoir que le prix de vente du m² pour ce lot n°5 était de 738 euros par m², alors que le prix de cession moyen des quatre autres lots du même ensemble immobilier était en moyenne de
2 970 euros le m². L'administration fiscale fait également valoir en dernière analyse, qu'elle s'est conformée à l'avis de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires rendu le 6 septembre 2017 dans l'affaire opposant le service à la SARL Claresco Immo au sujet de cette même vente, en retenant un prix au mètre carré de 1 188 euros, soit un total de 144 936 euros pour 122 m². Ainsi, le service retient, d'une part, un écart de 37,87 % entre le prix de vente et la valeur vénale du bien acquis et, d'autre part, la circonstance que M. A C, associé au sein de la SARL Claresco Immo, est le fils de M. D C qui avait, à la date de la vente, la qualité de gérant et d'associé de celle-ci.
14. D'une part, M. C soutient que l'administration fiscale a surestimé la valeur du lot n° 5 dès lors qu'il s'agissait du dernier lot d'une opération qui ne trouvait pas d'acquéreur facilement auprès de professionnels du quartier susceptibles d'avoir un intérêt pour ces locaux à usage de bureaux, que l'administration fiscale a surestimé la valeur du lot n° 5 dès lors qu'il a accepté d'y loger les bureaux de la SARL Clareso Immo à titre gracieux pour une durée minimum de 3 ans, que "le lot n° 5 n'a pas la même structure de bâti que le reste de l'ensemble immobilier servant de base de comparaison à l'administration fiscale", que ce lot lui a été vendu à l'état brut et qu'il nécessitait, contrairement aux autres lots, des travaux de finitions en matière de revêtements de sols, de peintures, de carrelage et d'électricité. Le requérant ajoute que le lot n°5 ne serait qu'un local de bureaux aménagé dans une partie de l'immeuble auparavant inutilisable (surface de grenier sans hauteur sous plafond suffisante), alors que le marché était très déprimé. Toutefois, alors que ces éléments ont été pris en compte par la commission départementale de conciliation du Val-de-Marne, saisie par l'intéressé, lors de sa séance du
20 mars 2017 ou par la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, lors de sa séance du 6 septembre 2017, le requérant n'établit pas que les éléments retenus en dernier lieu par l'administration seraient au-delà des prix du marché. En particulier, il résulte de l'instruction que l'administration s'est fondée sur le prix moyen au mètre carré de cession des autres lots de l'immeuble auquel elle a appliqué une décote pour tenir compte des travaux qui restaient à réaliser respectivement de 40 % et de 60%, ce qui conduit à retenir une valeur vénale du bien de 1 188 euros le m², soit un total de 144 936 euros pour 122 m². Ainsi, l'écart avec le prix de 90 000 euros auquel a été cédé le bien atteignant 37,87 %, l'administration établit l'existence d'un écart significatif entre le prix d'acquisition du bien et sa valeur vénale.
15. D'autre part, il est constant que M. A C, associé au sein de la SARL Claresco Immo, est le fils de M. D C qui avait, à la date de la vente, la qualité de gérant et d'associé de celle-ci, laquelle exerçait une activité de marchand de biens immobiliers. Dans ces conditions, et eu égard aux relations d'intérêts entre les parties, l'administration fiscale apporte la preuve d'une intention de la SARL Clareso Immo d'accorder, et de M. A C de recevoir, une libéralité sous la forme d'une minoration du prix de cession du bien immobilier.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C aux fins de décharge des impositions supplémentaires auxquelles il a été assujetti au titre des années 2012 et 2013 doivent être rejetées.
En ce qui concerne les pénalités:
S'agissant des intérêts de retard:
17. Aux termes de l'article 1727 du code général des impôts: "I.- Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard ()".
18. L'intérêt de retard est dû de plein droit et n'implique aucune appréciation par l'administration fiscale du comportement du contribuable. Dès lors, il n'a pas le caractère d'une sanction et n'a pas à être motivé. Par suite, la circonstance que les décisions du service de mettre à sa charge des intérêts de retard seraient insuffisamment motivées sont sans influence sur la régularité de la procédure d'imposition.
19. En outre, l'intérêt de retard est dû indépendamment des motifs pour lesquels la créance fiscale n'a pas été acquittée à temps et quelle que soit, par suite, la bonne ou mauvaise foi de l'intéressé. Par suite, la circonstance que l'administration fiscale ne démonterait pas la mauvaise foi de l'intéressé est sans influence sur le bien-fondé d'une mise à sa charge des intérêts de retard.
S'agissant de la majoration de 40% pour manquement délibéré :
20. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts: "Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ()". Aux termes de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au présent litige : "Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées au sens de la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public, quand un document ou une décision adressés au plus tard lors de la notification du titre exécutoire ou de son extrait en a porté la motivation à la connaissance du contribuable".
21. En premier lieu, la proposition de rectification, qui vise l'article 1729 a du code général des impôts, mentionne, d'une part, que le contrôle sur pièces du dossier fiscal de
M. C relève que celui-ci n'a pas soumis aux contributions sociales les revenus qu'il a perçus et, d'autre part, que l'immeuble acquis auprès de la SARL Claresco Immo, dont il est associé et dont le gérant est M. D C, son père, l'a été à un prix nettement sous-évalué par rapport à sa valeur vénale, que le différentiel, constitue une distribution de revenus au profit de M. A C et qu'il appartenait à celui-ci de la déclarer au titre de l'imposition de ses revenus de l'année 2013. Ainsi rédigée, la décision de majoration de 40% comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, et elle est dès lors suffisamment motivée.
22. En second lieu, d'une part, l'administration relève, sans être contredite, que, chaque année, M. A C omet régulièrement de soumettre aux contributions sociales les revenus qu'il perçoit. D'autre part, eu égard au montant et aux conditions d'acquisition du local en litige, situé à Villeneuve-le-Roi, l'administration établit l'intention délibérée du contribuable d'éluder l'impôt. Par suite, M. C n'est pas fondé à demander la décharge de la majoration de 40% prévue à l'article 1729 du code général des impôts.
23. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au directeur du contrôle fiscal d'Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Allègre, premier conseiller,
M. Dumas, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2022.
Le rapporteur,
M. DUMAS Le président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°1902725
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026