vendredi 9 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1903246 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DIZIER ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés le 8 avril 2019, le
26 août 2019, et le 9 novembre 2021, Mme C E épouse B et
M. D B, représentés par la SELARL Dizier et associés, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge et la restitution, à concurrence d'un montant total de
86 112 euros des cotisations supplémentaires de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2008, assortie des intérêts de retard à compter du paiement ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme et M. B soutiennent que :
En ce qui concerne la recevabilité de la requête:
- leur requête n'est pas tardive ;
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition:
- le législateur n'a interdit l'emploi des sommes versées sur un plan épargne en actions (PEA) à l'acquisition de titres détenus hors de ce plan par le titulaire du plan ou son conjoint que par l'article 94 de la loi n°2016-1918 du 29 décembre 2016 ; il en résulte qu'une telle opération était parfaitement licite avant cette date et ne constituait pas un abus de droit ; dès lors, l'administration fiscale ne pouvait considérer qu'il n'était pas possible de bénéficier de l'application du régime spécifique des PEA puisque la cession des titres détenus sur un compte- titre ordinaire, pour en déposer le prix dans les jours qui suivent sur le PEA dans le but de racheter ces titres pour les placer sur le PEA, s'analysait comme un transfert pur et simple des mêmes titres exclu par la loi ; c'est donc à tort qu'ils ont fait l'objet d'une procédure de rectification sur leurs revenus de 2008.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 mai 2019 et le 14 décembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne fait valoir, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la requête est tardive ;
- la requête est irrecevable, dès lors que les requérants ont conclu le 10 octobre 2013, avec l'Etat, une transaction mettant fin à ce litige.
Par une ordonnance du 14 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au
17 décembre 2021.
Les 4 et 20 octobre 2022, des pièces ont été enregistrées pour le service, en réponse aux demandes qui lui avaient été adressées sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, lesquelles ont été communiquées aux requérants sur le même fondement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de Mme Vergnaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a ouvert un plan d'épargne en actions (PEA) le 10 janvier 2008. L'intéressée a entendu bénéficier, sur le fondement des dispositions du 5° bis de l'article 157 du code général des impôts, de l'exonération d'imposition de plus-values d'un montant de
303 795 euros réalisées à la suite de la cession, le 12 mars 2008, de l'intégralité des actions de la société anonyme (SA) Financière Juret inscrites sur son compte-titres du PEA. A la suite d'une procédure de redressement contradictoire, le service a remis en cause, en recourant à la procédure de répression des abus de droit prévue par l'article L. 64 du livre des procédures fiscales, l'exonération dont Mme B avait entendu bénéficier, au motif que l'intéressée avait, en méconnaissance des objectifs de la législation sur le PEA, transféré sur son compte de PEA des titres placés sur un compte-titres ordinaire, qu'elle avait ainsi simulé une souscription de titres nouveaux et qu'elle était titulaire, à l'issue de ces opérations, de titres dont elle était autrefois détentrice. Par une proposition de rectification en date du 24 février 2011, le service a notifié en conséquence à Mme et M. B des rappels de contributions sociales au titre de l'année 2008. Les cotisations supplémentaires en résultant ont été mises en recouvrement le
31 décembre 2013 pour un montant de 86 112 euros. La réclamation préalable de Mme et
M. B, en date du 28 décembre 2018, a fait l'objet d'une décision de rejet du 7 février 2019. Mme et M. B demandent la décharge des cotisations supplémentaires de contributions sociales mises à leur charge au titre de l'année 2008, ainsi que la restitution desdites sommes, assorties des intérêts et de la capitalisation de ces intérêts.
2. Aux termes de l'article L. 251 du livre des procédures fiscales: " Lorsqu'une transaction est devenue définitive après accomplissement des obligations qu'elle prévoit et approbation de l'autorité compétente, aucune procédure contentieuse ne peut plus être engagée ou reprise pour remettre en cause les pénalités qui ont fait l'objet de la transaction ou les droits eux-mêmes () ".
3. Il résulte de l'instruction qu'une transaction a été conclue le 10 octobre 2013 entre, d'une part, Mme et M. B et, d'autre part, l'Etat représenté par le directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne. Aux termes de cette convention, ayant pour objet les cotisations supplémentaires de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2008, Mme et M. B se sont engagés à se désister de toute action contentieuse concernant ces impositions supplémentaires moyennant une diminution des majorations encourues d'un taux de 80 % à un taux de 40%. Il résulte ainsi clairement des termes de la transaction, que les intéressés ont renoncé à toute action tendant à remettre en cause les impositions et pénalités visées. Dans ces conditions, dès lors que les obligations que comportait cette transaction ont été exécutées, sa signature et son exécution faisaient obstacle à la présentation d'une réclamation, rendant irrecevable tout recours juridictionnel ultérieur. Par suite, les conclusions des requérants ne peuvent qu'être rejetées.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme et M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme et M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E épouse B et
M. D B, et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Allègre, premier conseiller,
M. Dumas, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2022.
Le rapporteur,
M. DUMAS Le président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°1903246
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026