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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-1903984

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-1903984

jeudi 8 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-1903984
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantCABINET ROBERT ANDREOTTI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 avril 2019, la société par actions simplifiée (SAS) Parcs et Jardins, représentée par Me Andréotti, demande au tribunal :

1) de prononcer la décharge des impositions et pénalités figurant sur les avis de mise en recouvrement du 24 septembre 2018 ;

2) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requérante soutient qu'il appartient à l'administration de justifier que l'objet de la convention de prestation de services signée avec la société A Expansion fait double emploi avec les fonctions qu'exerce M. A.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2019, le directeur de contrôle fiscal Ile-de-France conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que le moyen développé n'est pas fondé.

Vu :

- la décision par laquelle le directeur de contrôle fiscal Ile-de-France a statué sur la réclamation préalable ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 novembre 2022 :

- le rapport de M. B ;

- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société par actions simplifiée Parcs et Jardins A, spécialisée dans l'entretien de parcs et jardins, terrains de sport et espaces verts a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre des exercices clos les 30 septembre 2012, 2013 et 2014, à l'issue de laquelle elle a été rendue destinataire de propositions de rectification les 21 décembre 2015 et 21 avril 2016. Des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre de la période précitée ont été mis en recouvrement le 24 septembre 2018. Par décision du 21 avril 2019, le directeur de contrôle fiscal Ile-de-France a rejeté la réclamation d'assiette présentée par la société le 15 octobre 2018. Par la requête précitée, la société demande la décharge de ces impositions.

Sur le bien-fondé des impositions :

2. Aux termes du 1 de l'article 39 du code général des impôts dont les dispositions sont applicables à l'impôt sur les sociétés en vertu du I de l'article 209 de ce même code : " Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : 1° Les frais généraux de toute nature (). Toutefois les rémunérations ne sont admises en déduction des résultats que dans la mesure où elles correspondent à un travail effectif et ne sont pas excessives eu égard à l'importance du service rendu. Cette disposition s'applique à toutes les rémunérations directes ou indirectes, y compris les indemnités, allocations, avantages en nature et remboursements de frais ". En vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, s'il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits nécessaires au succès de sa prétention, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant du montant des charges qu'il entend déduire du bénéfice net que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. En ce qui concerne les charges, pour être admises en déduction du résultat imposable, les charges doivent être exposées dans l'intérêt direct de l'exploitation ou se rattacher à la gestion normale de l'entreprise et être appuyées de justifications suffisantes. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée.

3. Il résulte de l'instruction que la société Parcs et Jardins A a comptabilisé au titre des trois années en litige des charges correspondant à des prestations réalisées par la société holding A Expansion, sa société-mère et son actionnaire majoritaire, et se rattachant à une convention d'assistance conclue entre les deux sociétés le 1er avril 2007, prévoyant que la société A Expansion effectuerait des missions de direction générale, de direction comptable, de direction financière, de direction de services généraux et de gestion du personnel en contrepartie d'une redevance représentant 7 % du chiffre d'affaires hors taxe de sa filiale. L'administration fiscale a, après avoir suivi l'avis de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires du 20 septembre 2017, remis en cause la déductibilité de ces charges à concurrence de la moitié des rémunérations perçues par M. A, gérant de la société Parcs et Jardins A, en faisant état que les prestations facturées faisaient pour partie double emploi avec les fonctions de dirigeant incombant à ce dernier au motif que la rémunération de ces prestations ne pouvait pas être regardée comme relevant d'une gestion normale.

4. Il est constant que la société requérante n'a pas rémunéré son gérant, M. A, au cours des trois années en litige. Ainsi, la société a pris une décision de gestion qui lui est opposable et qui faisait obstacle à ce qu'elle puisse déduire de son résultat les charges correspondant aux sommes payées à sa société-mère pour une telle rémunération. Pour contester les impositions en litige, la requérante se borne à faire valoir que M. A assume la visite puis l'état des lieux avant la réalisation du chantier, l'organisation et le suivi des chantiers jusqu'à leur facturation, la réalisation des devis et chiffrages et l'assistance aux réunions de chantier et que la convention du 1er avril 2007 fait l'objet de rapports sans réserve des commissaires aux comptes des sociétés et a toujours été approuvée par les actionnaires lors des assemblées générales annuelles, sans produire aucun élément permettant d'établir que les prestations réalisées par M. A seraient, pour plus de la moitié de sa rémunération, distinctes des tâches inhérentes aux fonctions normales de dirigeant de société, Dès lors, le service était fondé à remettre en cause la déductibilité de ces prestations à hauteur de 50 % de cette rémunération.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par la SAS Parcs et Jardins A tendant à la décharge des impositions émises à son encontre doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SAS Parcs et Jardins A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Parcs et Jardins A et au directeur de contrôle fiscal Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 25 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Billandon, présidente,

M. Meyrignac, premier conseiller,

Mme Van Daële, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.

Le rapporteur,

P. B La présidente,

I. BILLANDON

Le greffier,

G. NGASSAKI

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°°1903984

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