jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1904525 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | TOURROU PHILIPPE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 17 mai 2019, le 23 septembre 2019 et le 21 avril 2021, M. C B, représenté par Me Tourrou, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014, 2015 et 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-le service n'apporte par la preuve qu'il était résident fiscal français au sens de l'article 4B du code général des impôts pour les années considérées ;
- les procédures de taxation d'office ne pouvaient être légalement entreprises, dès lors que les déclarations de revenus au titre des années litigieuses ont été reçues par le service des non-résidents le 15 novembre 2017, dans le délai de trente jours suivant les mises en demeure notifiées le 19 octobre 2017 ; l'envoi de telles mises en demeure était nécessaire dès lors qu'il n'entre pas dans le cas prévu par l'article L. 67 et le second alinéa de l'article L. 68 du livre des procédures fiscales ; ces mises en demeure ont été envoyées alors que le service n'avait pas la preuve de sa résidence fiscale en France ;
-les éléments sur lesquels le service s'est fondé pour déterminer sa résidence fiscale, ni la provenance de ces éléments, n'ont été portés à sa connaissance à aucun des stades de la procédure de rectification, et pas avant la mise en recouvrement, malgré ses demandes en ce sens formulées dans ses observations du 31 janvier 2018 et du 30 mai 2018, en méconnaissance de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales ;
- M. B n'était pas soumis à l'obligation de déclaration de la valeur locative de son habitation en France dès lors qu'il habitait aux Etats-Unis sur la période litigieuse, et en tout état de cause, d'une part cette obligation prévue à l'article 164 C du code général des impôts a été supprimée à compter de l'imposition des revenus de 2015, d'autre part, pour l'année 2014, la documentation administrative BOI-IR-DOMIC-10-20-10 n° 20 publiée le 25-2-2013 indique que les contribuables domiciliés dans un pays ayant conclu avec la France une convention tendant à éviter les doubles impositions échappent à l'imposition forfaitaire en fonction de la valeur locative des habitations dont ils ont la disposition en France.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 25 juillet 2019, le 4 juin 2020 et le
14 décembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 1er décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
16 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Vergnaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Nkot Mapouma, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1.M. B a fait l'objet d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle à l'issue duquel lui ont été notifiées, selon la procédure de taxation d'office, des cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2014, 2015 et 2016 et la majoration prévue par l'article 1728 1. b du code général des impôts. Par la présente requête, M. B demande au tribunal la décharge des impositions mises à sa charge ainsi que des majorations correspondantes.
Sur la domiciliation fiscale de M. B :
2. Aux termes de l'article 4 A du code général des impôts : " Les personnes qui ont en France leur domicile fiscal sont passibles de l'impôt sur le revenu en raison de l'ensemble de leurs revenus. / Celles dont le domicile fiscal est situé hors de France sont passibles de cet impôt en raison de leurs seuls revenus de source française ". Aux termes de l'article 4 B du même code : " 1. Sont considérées comme ayant leur domicile fiscal en France au sens de l'article 4 A : / a) Les personnes qui ont en France leur foyer ou le lieu de leur séjour principal ; / () ". Pour l'application de ces dispositions, le foyer d'un contribuable célibataire, sans charge de famille, s'entend du lieu où il habite normalement et a le centre de sa vie personnelle, sans qu'il soit tenu compte des séjours effectués temporairement ailleurs en raison des nécessités de la profession ou de circonstances exceptionnelles.
3. Il résulte de l'instruction que les relevés de comptes bancaires détenus par M. B auprès de la banque postale et de la caisse d'épargne, communiqués au service dans le cadre de l'examen de la situation fiscale personnelle, révèlent de nombreux achats effectués régulièrement en France, et notamment en Seine-et-Marne, par M. B sur l'ensemble de la période d'imposition litigieuse. En outre, M. B était, au cours des années litigieuses, associé d'une société civile immobilière possédant un bien immobilier, également situé en Seine-et-Marne. Ainsi, l'administration a pu à bon droit considérer que ce dernier, qui était alors célibataire sans enfant à charge, avait établi son foyer en France au titre des années d'imposition considérées. Par suite, c'est à bon droit que le service l'a considéré comme ayant sa résidence fiscale en France, et soumis en tant que tel à obligation déclarative pour les années 2014, 2015 et 2016.
Sur la régularité des procédures de taxation d'office :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 170 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " 1. En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, toute personne imposable audit impôt est tenue de souscrire et de faire parvenir à l'administration une déclaration détaillée de ses revenus et bénéfices, de ses charges de famille et des autres éléments nécessaires au calcul de l'impôt sur le revenu () ". Aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : / 1° à l'impôt sur le revenu, les contribuables qui n'ont pas déposé dans le délai légal la déclaration d'ensemble de leurs revenus (), sous réserve de la procédure de régularisation prévue à l'article L. 67 () ". Aux termes de l'article L. 67 du même livre : " La procédure de taxation d'office prévue aux 1° et 4° de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure () ".
5. D'une part, il résulte de l'instruction que le service a notifié à M. B le
19 octobre 2017 trois mises en demeure de déposer, sous 30 jours, les déclarations de revenu au titre respectivement des années 2014, 2015 et 2016. M. B soutient que le service ne disposait pas, au stade de l'envoi des mises en demeure, des éléments permettant de déterminer qu'il était soumis à obligation déclarative en France, la décision de rejet de réclamation du
28 mars 2019 faisant état d'éléments provenant du contrôle sur pièces de la SCI Monakab et de l'examen de situation fiscale personnelle engagés postérieurement à ces envois. Toutefois, en l'absence de dispositions le prévoyant, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'envoi des mises en demeure de souscrire ses déclarations fiscales aurait dû être précédé par un examen préalable de sa situation fiscale ou que l'administration ne détenait pas des indices suffisants au regard des dispositions des articles 4 A et 4 B du code général des impôts. Il résulte par ailleurs de ce qui a été dit au point 3 du présent jugement que le service a pu, à bon droit, considérer que ce dernier avait établi son foyer en France au titre des années d'imposition considérées et était par suite soumis à l'obligation de souscrire une déclaration de revenu. Il en résulte qu'est indifférente la circonstance que l'obligation déclarative prévue à l'article 164 C du code général des impôts ne lui était pas applicable.
6. D'autre part, si M. B soutient que le service ne pouvait engager de procédure de taxation d'office dès lors que des déclarations de revenus ont été enregistrées au service d'imposition des particuliers des non-résidents de Noisy-le-Grand le 15 novembre 2017, il résulte de l'instruction, d'une part, que ces déclarations ont, sans raison valable, été adressées non pas au service indiqué dans la mise en demeure, à savoir la 4ème brigade de vérification de Meaux, ni au centre des impôts compétent en raison de la résidence de l'intéressé, et d'autre part, qu'aucun revenu n'était mentionné dans ces déclarations. Au surplus, M. B s'est abstenu de répondre au courrier notifié le 22 novembre 2017, précisant que faute de déclaration déposée dans le délai imparti par la mise en demeure, la procédure de taxation d'office serait engagée à son encontre.
7. Il résulte de tout ce qui précède que c'est à bon droit que le service a mis en œuvre les procédures de taxation d'office au titre des revenus des années 2014, 2015 et 2016.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet () de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ". Il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, et au plus tard avant la mise en recouvrement, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des renseignements obtenus auprès de tiers qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour permettre à l'intéressé de demander que les documents qui contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent. Cette obligation ne s'impose que pour les seuls renseignements effectivement utilisés pour fonder les rectifications, et qui ne sont pas directement et effectivement accessibles au contribuable dans les mêmes conditions qu'à l'administration.
9. M. B soutient que le service n'a pas communiqué les éléments provenant du contrôle de la SCI Monakab et du régime social des indépendants sur lesquels le service se serait fondé pour établir sa résidence fiscale en France, malgré ses demandes envoyées le
31 janvier 2018 et le 30 mai 2018. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 3 du présent jugement, le service ne s'est fondé, pour établir la résidence fiscale de M. B, que sur les éléments bancaires, dont la teneur et l'origine ont été communiqués à M. B par courriers datés du
21 novembre 2017 pour l'année 2014, et du 30 janvier 2018 pour les années 2015 et 2016. Dans ces conditions, le service n'était pas tenu, sur le fondement de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales, de communiquer les éléments provenant du contrôle de la SCI Monakab et du régime social des indépendants évoqués pour la première fois dans la décision de rejet de réclamation datée du 28 mars 2019, postérieurement aux demandes de communication formées par le requérant.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la décharge, en droits et pénalités, des cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à sa charge au titre des années 2014, 2015 et 2016.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. B au titre des frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Allègre, premier conseiller,
M. Pradalié, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 6 avril 2023.
Le rapporteur,
E. ALLEGRELe président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026