lundi 13 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1905326 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | ACHACHE PHILIPPE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 juin 2019, Mme A C, représentée par Me Achache, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge du rappel de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de l'année 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- elle n'a pas dûment été informée par l'acte de vente, en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-1 et L. 133-2 du code de la consommation, de l'existence de la condition selon laquelle elle était obligée de résider principalement pendant dix ans dans le logement nouvellement acquis pour bénéficier du taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée ;
- l'administration ne justifie pas des modalités de calcul qu'elle a retenues.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2019, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision de rejet de la réclamation préalable ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 janvier 2023 :
- le rapport de M. B ;
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a acquis en indivision avec son frère un bien immobilier situé à Choisy-le-Roi par un acte de vente en état futur d'achèvement du 14 novembre 2014, en bénéficiant du taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée. Par une proposition de rectification du 3 avril 2018, l'administration a remis en cause le bénéfice de ce taux réduit en se fondant sur l'absence de respect par l'intéressée de l'engagement d'affectation de ce bien à sa résidence principale. Dans le cadre de la réponse aux observations du contribuable en date du 7 mai 2018, le service a admis que la condition d'affectation avait été respectée jusqu'au 6 septembre 2017, de sorte que le bénéfice du taux réduit lui a été accordé pendant une durée de deux ans. Un rappel de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2017 a été mis en recouvrement du 17 juillet 2018. La réclamation d'assiette présentée le 10 septembre suivant a été rejetée par décision du directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne en date du 10 avril 2019. Par la requête précitée, Mme C demande la décharge du rappel en cause.
2. Aux termes de l'article 278 sexies du code général des impôts : " La taxe sur la valeur ajoutée est perçue au taux réduit de 5,5 % en ce qui concerne : () 1. Les livraisons d'immeubles et les travaux réalisés en application d'un contrat unique de construction de logements dans le cadre d'une opération d'accession à la propriété à usage de résidence principale, destinés à des personnes physiques dont les ressources à la date de signature de l'avant-contrat ou du contrat préliminaire ou, à défaut, à la date du contrat de vente ou du contrat ayant pour objet la construction du logement ne dépassent pas les plafonds prévus à la première phrase du huitième alinéa de l'article L. 411-2 du code de la construction et de l'habitation et situés dans des quartiers faisant l'objet d'une convention prévue à l'article 10 de la loi n° 2003-710 du 1er août 2003 précitée ou entièrement situés à une distance de moins de 300 mètres de la limite de ces quartiers () ". Le II de l'article 284 du même code prévoit que : " II.- Toute personne qui s'est livré à elle-même, a acquis ou s'est fait apporter des terrains à bâtir, des logements, le droit au bail à construction, ou des droits immobiliers démembrés de logements au taux prévu aux 2 à 12 du I ainsi qu'au II de l'article 278 sexies est tenue au paiement du complément d'impôt lorsque les conditions auxquelles est subordonné l'octroi de ce taux cessent d'être remplies dans les quinze ans qui suivent le fait générateur de l'opération. Ce délai est ramené à dix ans lorsque l'immeuble fait l'objet d'une cession, d'une transformation d'usage ou d'une démolition dans les conditions prévues au chapitre III du titre IV du livre IV du code de la construction et de l'habitation. Il est également ramené à dix ans lorsque le logement a été acquis par des personnes physiques dans les conditions prévues aux 4 et 11 du I de l'article 278 sexies. Toutefois, le complément d'impôt n'est pas dû lorsque les conditions cessent d'être remplies à la suite de la vente à leurs occupants, dans les conditions prévues par la loi n° 84-595 du 12 juillet 1984 définissant la location-accession à la propriété immobilière, de logements mentionnés au 4 du I de l'article 278 sexies ou de terrains à bâtir. Pour les livraisons des logements visés aux 4 et 12 du I de l'article 278 sexies, le complément d'impôt dû est diminué d'un dixième par année de détention au-delà de la cinquième année. Toutefois, lorsque le logement a été acquis par des personnes physiques dans les conditions prévues aux 4 et 11 du même I, il est diminué d'un dixième par année de détention à compter de la première année () ".
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction qu'après achèvement et livraison du bien immobilier en cause en octobre 2015, Mme C a affecté celui-ci à sa résidence principale jusqu'en septembre 2017.
4. En premier lieu, si la requérante soutient que l'obligation d'affecter le bien à sa résidence principale pendant une durée de dix ans pour bénéficier du taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée n'a pas été indiquée dans les clauses de l'acte notarié de vente du 14 novembre 2014, une telle circonstance est sans influence sur le bien-fondé de l'impôt qui est fonction, non pas des mentions d'un tel acte notarié, mais des dispositions précitées des articles 278 sexies et 284 du code général des impôts. Ce moyen est donc inopérant et doit être écarté.
5. En second lieu, l'intéressée soutient que l'administration ne justifie pas des modalités de calcul du rappel de taxe sur la valeur ajoutée émis à son encontre. Il résulte, toutefois, des mentions de la réponse aux observations du contribuable du 7 mai 2018 que le service a précisé le calcul du rappel en cause, après avoir admis le bénéfice du taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée pendant les deux années durant lesquelles le bien immobilier a constitué l'habitation principale de Mme C et rappelé pour les huit années suivantes la taxe sur la valeur ajoutée en appliquant, à hauteur de sa quote-part dans l'indivision avec son frère, la différence entre le taux normal et le taux réduit. Le moyen précité doit ainsi être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge des impositions doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions au titre des frais de justice doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête présentée par Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2023.
Le rapporteur,
P. B La présidente,
I. BILLANDON
Le greffier,
G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026