vendredi 10 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1905470 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CHELLY SZULMAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 juin 2019, Mme C B, représentée par Me Chelly-Szulman, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2012 et 2013 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens.
Elle soutient que :
- à défaut de viser le texte applicable à l'exonération relative aux zones franches urbaines, la proposition de rectification est insuffisamment motivée au regard de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ; la proposition de rectification à laquelle il est renvoyé n'a pas été reçue et, en tout état de cause, un simple renvoi sans reproduction des motifs de cette autre proposition de rectification est insuffisant ;
-elle était fondée à se prévaloir en 2012 et 2013 de l'exonération d'impôt prévue à l'article 44 octies A du code général des impôts, dès lors qu'elle réalisait plus de 25% de son chiffre d'affaires en zone franche urbaine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2019, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 1er décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
16 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Vergnaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a entendu placer l'exercice de son activité d'infirmière libérale sous le régime d'exonération prévu à l'article 44 octies A du code général des impôts. A l'issue d'une vérification de comptabilité au titre de la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2014, l'administration a remis en cause ce régime et en a tiré les conséquences sur son revenu global, en mettant à sa charge des suppléments d'impôt sur le revenu, dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, imposables à l'impôt sur le revenu au titre des années 2012 et 2013.
Mme B demande au tribunal la décharge de ces suppléments d'imposition, en droits et pénalités.
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales :" L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être
motivée ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition () ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les rectifications envisagées, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile.
3. En l'espèce, la proposition de rectification du 10 décembre 2015 envoyée à
Mme B au titre des années 2012 à 2014, indiquait, en préambule, que les revenus déclarés à l'impôt sur le revenu étaient modifiés suite à la vérification de comptabilité dont a fait l'objet Mme B pour son activité professionnelle d'infirmière libérale dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, et précisait le montant des rectifications envisagées au titre de chaque année. La proposition de rectification n°2120 renvoie par ailleurs à la proposition de rectification n°3924 du même jour, qui reprend, d'une part, la procédure utilisée, à savoir une procédure de rectification contradictoire au titre de 2012 et d'évaluation d'office au titre de 2013, de deuxième part, les rehaussements envisagés dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, de troisième part les conditions d'exonération de la zone franche urbaine (ZFU), enfin l'application au cas d'espèce et les montants des rehaussements envisagés ainsi que les conséquences financières à l'impôt sur le revenu. Si la requérante soutient n'avoir pas reçu la proposition de rectification n°3924, il résulte de l'instruction que cette proposition a été adressée à son adresse professionnelle au 120, rue Camille Groult à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) par courrier recommandé dont elle a accusé réception le 15 décembre 2015. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation des propositions de rectification et de l'irrégularité de la procédure d'imposition suivie doivent être écartés.
4. Aux termes des dispositions de l'article 44 octies A du code général des impôts, dans leur rédaction applicable au présent litige : " I. - Les contribuables qui, entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2014, créent des activités dans les zones franches urbaines définies au B du 3 de l'article 42 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995 (.), ainsi que ceux qui, entre le
1er janvier 2006 et le 31 décembre 2011, exercent des activités dans les zones franches urbaines définies au deuxième alinéa du B du 3 de l'article 42 de la même loi sont exonérés d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés à raison des bénéfices provenant des activités implantées dans la zone jusqu'au 31 décembre 2010 pour les contribuables qui y exercent déjà une activité au 1er janvier 2006 ou, dans le cas contraire, jusqu'au terme du cinquante-neuvième mois suivant celui du début de leur activité dans l'une de ces zones () / Lorsque l'activité non sédentaire d'un contribuable est implantée dans une zone franche urbaine mais est exercée en tout ou partie en dehors d'une telle zone, l'exonération s'applique si ce contribuable emploie au moins un salarié sédentaire à temps plein ou équivalent, exerçant ses fonctions dans les locaux affectés à l'activité, ou si ce contribuable réalise au moins 25 % de son chiffre d'affaires auprès de clients situés dans les zones franches urbaines () ". Par ailleurs, il résulte du II de l'article 44 octies A du code général des impôts précité, et des articles 97 et 175 du même code que le redevable ne peut entrer dans le cadre du dispositif d'exonération que s'il a régulièrement déposé dans les délais légaux sa déclaration de bénéfices non commerciaux.
5. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable remplit les conditions légales d'une exonération.
6. Les contribuables qui, lorsqu'ils possèdent des locaux situés à l'intérieur d'une zone franche urbaine tout en réalisant des actes en rapport avec cette activité en dehors de cette zone, exercent une activité de type non sédentaire, peuvent se prévaloir de ce dispositif fiscal de faveur, sous réserve que leur activité soit réellement effectuée dans la zone. Lorsqu'un redevable ne réalise pas au moins 25 % de son chiffre d'affaires auprès de clients situés dans les zones franches urbaines, l'implantation d'une activité dans une telle zone s'apprécie, pour le bénéfice de l'exonération prévue par l'article 44 octies A du code général des impôts, au regard de l'emploi d'au moins un salarié sédentaire à plein temps ou équivalent, exerçant ses fonctions dans les locaux affectés à l'activité.
7. Il résulte de l'instruction que Mme B a déposé ses déclarations de bénéfices non commerciaux le 30 septembre 2013 au lieu du 3 mai 2013 pour l'année 2012, et le
21 octobre 2015 au lieu du 5 mai 2014 pour l'année 2013. Ces déclarations ayant été déposées en dehors des délais légaux, la requérante ne peut se prévaloir du bénéfice des dispositions de l'article 44 octies A du code général des impôts. Au surplus, la requérante, qui a partagé des locaux communs avec d'autres infirmiers situés dans la zone franche urbaine " Grand Ensemble Ouest et Est de Vitry-sur-Seine " mais n'a pas employé de personnel dans ce cabinet, l'ensemble des prestations étant réalisé au domicile des patients, n'apporte pas d'élément suffisant permettant d'estimer qu'elle aurait rempli les conditions prévues par les dispositions précitées pour bénéficier d'une exonération. A cet égard, d'une part, Mme B ayant déclaré ne conserver aucune trace de ses prestations, elle n'a pu, lors de la vérification de comptabilité, fournir aucune preuve de ce qu'elle avait réalisé au moins 25 % de son chiffre d'affaires auprès de clients situés dans les zones franches urbaines au cours des années vérifiées. D'autre part, le service a fait usage de son droit de communication auprès du prestataire de service de
Mme B, " Allo service infirmiers ", de la CNAM et de la CPAM. Suite à l'analyse des différents documents recueillis, le service a retenu que le ratio de 25% était dépassé pour l'année 2014, mais qu'il n'était que de 16,62 % pour 2012 et de 24,86 % pour 2013. Si Mme B soutient que l'administration n'identifie pas quelles seraient les adresses des patients qui seraient situées hors zone franche urbaine, le service avait annexé à la proposition de rectification n°3924 précitée les tableaux des prestations, fournis en réponse au droit de communication, identifiant pour chacune d'elles si le patient réside ou non en zone franche urbaine. Si ces documents communiqués au service ne sont que partiels, la requérante s'est abstenu de produire des documents plus complets. Par suite, et en tout état de cause, c'est à bon droit que le service a remis en cause le bénéfice des exonérations au titre des deux années d'imposition en litige.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander décharge, en droits et pénalités, des suppléments d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mis à sa charge au titre des années 2012 et 2013. Par suite, la requête de Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions relatives aux frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 16 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Allègre, premier conseiller,
M. Pradalié, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 10 mars 2023.
Le rapporteur,
E. ALLEGRELe président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026