jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1906162 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET VEYSSADE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2019, la SELARL Docteur A, représentée par Me Desmoineaux et Me Rivet, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercice clos en 2013, 2014 et 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les dépenses correspondant aux déplacements réguliers entre Paris et Tel-Aviv de son gérant constituent des charges déductibles pour la détermination de l'impôt sur les sociétés dès lors que l'intéressé, contraint de s'installer en Israël avec sa famille, fait état de circonstances justifiant l'éloignement de sa résidence avec le siège de la société en région parisienne ;
- ces dépenses présentent ainsi un caractère exclusivement professionnel ;
- elle est fondée à se prévaloir de l'instruction référencée BOI-BIC-CHG-40-20-40 du 12 septembre 2012.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2019, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B ;
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Docteur A, dont le siège est situé à Vincennes et l'activité est la chirurgie dentaire, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices clos les 31 décembre 2013, 2014 et 2015. A l'issue de ces opérations de contrôle, l'administration fiscale a notamment estimé que les frais de déplacement en avion du gérant de la société, au cours des années 2013 à 2015, entre Paris et son lieu de résidence fixé en Israël, ne constituaient pas des charges déductibles, et lui a notifié des rehaussements en matière d'impôt sur les sociétés par une proposition de rectification du 15 décembre 2016. Ces rectifications ont été maintenues par une lettre du 28 mars 2017 à la suite des observations de la société, formulées le 16 janvier 2017. Par une décision du 17 juin 2019, l'administration fiscale a partiellement rejeté la réclamation d'assiette présentée par la requérante le 25 octobre 2018. Par la présente requête, la SELARL Docteur A sollicite la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés laissées à sa charge et correspondant à la remise en cause de la déductibilité de ces charges.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 39 du code général des impôts, applicable à l'impôt sur les sociétés en application de l'article 209 du même code : " Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : 1° Les frais généraux de toute nature () 5. Sont également déductibles les dépenses suivantes : / () ; / b. Les frais de voyage et de déplacements exposés par ces personnes (). Les dépenses ci-dessus énumérées peuvent également être réintégrées dans les bénéfices imposables dans la mesure où elles sont excessives et où la preuve n'a pas été apportée qu'elles ont été engagées dans l'intérêt direct de l'entreprise ". Pour être admis en déduction des bénéfices imposables, les frais et charges doivent être exposés dans l'intérêt direct de l'exploitation ou se rattacher à la gestion normale de l'entreprise, correspondre à une charge effective, être appuyés de justifications suffisantes et être compris dans les charges de l'exercice au cours duquel ils ont été engagés.
3. Il résulte de l'instruction que le service a réintégré au résultat des exercices clos en 2013, 2014 et 2015, les sommes respectives de 16 258 euros, 22 591 euros et 15 673 euros que la société requérante avait comptabilisées en charges déductibles, correspondant à des trajets allers-retours effectués par son gérant, entre Paris et Tel-Aviv, où il réside avec sa famille, au motif que ces dépenses présentaient un caractère personnel et qu'au surplus, une partie de ces frais correspondait à des voyages réalisés par des personnes n'exerçant aucune fonction au sein de la société. Si la société soutient que son gérant a été contraint avec sa famille, de confession israélite, de quitter la France pour s'installer en Israël en raison de la montée de l'antisémitisme et de la survenance d'attentats sur le sol français visant particulièrement les membres de sa communauté religieuse, de telles dépenses constituent des dépenses personnelles non engagées dans l'intérêt de la société, ce choix de résider à l'étranger relevant d'une convenance personnelle. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a estimé que les sommes en cause ne constituaient pas des charges déductibles et les a réintégrées au bénéfice imposable de la société au titre des années 2013 à 2015.
4. En second lieu, si la société requérante se prévaut de l'instruction BOI-BIC-CHG-40-20-40, n°60, celle-ci ne comporte pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle dont il a été fait application dans le présent jugement.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à obtenir la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés demeurées à sa charge au titre des exercice clos en 2013, 2014 et 2015. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SELARL Docteur A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SELARL Docteur A et à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal d'Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La rapporteure,
M. B
La présidente,
I. BILLANDON
Le greffier,
G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026