jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1907189 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MARSHALL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 août 2019 et 16 mars 2020, la société à responsabilité limitée (SARL) Agence des consommations énergétiques, représentée par Me Marshall, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2014 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure d'imposition méconnaît les dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales dès lors, d'une part, que la proposition de rectification ne comporte aucune précision sur l'origine et la teneur des renseignements et documents obtenus de tiers et sur lesquels l'administration fiscale s'est fondée pour établir l'imposition en litige, d'autre part, que ne lui ont été communiqués que des extraits des pièces obtenues de tiers par l'administration ;
- ces documents lui ont été communiqués postérieurement à la réponse aux observations du contribuable, en méconnaissance du caractère contradictoire de la procédure ;
- les rehaussements d'impôt sur les sociétés et les rappels de taxe sur la valeur ajoutée ne sont pas fondés dès lors que toutes les factures émises par les sociétés Charopro et Ref Info correspondent à des prestations réelles, payées et comptabilisées ; à cet égard notamment, l'augmentation de son chiffre d'affaires démontre qu'elle ne pouvait qu'avoir recourt à des prestations externes ; l'objet social des sociétés prestataires est en lien avec les prestations facturées ; l'absence avérée de personnel salarié ou de local ne constitue pas une preuve du caractère fictif de la prestation ;
- elle produit les éléments de nature à démontrer l'existence des prestations en cause ;
- la majoration de 40 % pour manquement délibéré n'est pas fondée.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 10 janvier 2020 et 23 juin 2021, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal d'Île-de-France conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens soulevés par la société Agence des consommations énergétiques ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Van Daële ;
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Agence des consommations énergétiques, créée en 2013, est spécialisée dans le secteur d'activité des travaux d'installation d'équipements thermiques et de climatisation, auprès des particuliers. Ses clients sont démarchés, au préalable, par des sociétés exerçant une activité de centre d'appel. A l'issue d'une vérification dont elle a fait l'objet sur la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2014, étendue jusqu'au 31 décembre 2015 en matière de taxe sur la valeur ajoutée, l'administration a réintégré dans ses résultats imposables de l'exercice clos en 2014 les charges afférentes aux factures émises par onze sociétés supposées réaliser des prestations de démarchage, au motif qu'elles ne correspondaient à aucune prestation effectivement réalisée, et remis en cause la déductibilité de la taxe sur la valeur ajoutée ayant grevé ces factures. Par une proposition de rectification du 27 décembre 2016, l'administration lui a notifié, selon la procédure contradictoire, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés, assortis de la majoration de 40 % pour manquement délibéré prévue à l'article 1729 du code général des impôts et des pénalités de retard. Le 22 mai 2017, les rectifications envisagées ont été partiellement maintenues en réponse aux observations de la société du 24 février 2017, la déductibilité des factures ayant été admise pour neuf des onze sociétés prestataires. Les impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 31 octobre 2017, à hauteur des sommes de 68 823 euros en droits et 31 992 euros en pénalités. La réclamation d'assiette de la société du 10 décembre 2018 a été rejetée par l'administration fiscale le 6 juin 2019. Par la requête susvisée, la société Agence des consommations énergétiques demande au tribunal la décharge, en droits et pénalités, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice clos le 31décembre 2014 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015, à hauteur de la somme de 100 815 euros demeurant à sa charge.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ".
3. En application de ces dispositions, il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, et au plus tard avant la mise en recouvrement, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des renseignements obtenus auprès de tiers, qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour permettre à l'intéressé, notamment, de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements, soient mis à sa disposition avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent.
4. D'une part, la société Agence des consommations énergétiques soutient que, pour fonder les rectifications litigieuses, l'administration fiscale s'est fondée sur des renseignements obtenus de tiers, sans l'informer de leur origine et de leur teneur dès la proposition de rectification. Toutefois, si la proposition de rectification du 27 décembre 2016 ne mentionne pas de telles informations, il résulte de l'instruction que la réponse aux observations de la contribuable du 23 janvier 2017 a précisé la teneur et l'origine des renseignements et documents obtenus dans le cadre d'autres vérifications de comptabilité et de la mise en œuvre du droit de communication auprès de l'union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales (URSSAF) et de l'autorité judiciaire, soit avant la mise en recouvrement des impositions le 31 octobre 2017.
5. D'autre part, ces documents ont été transmis à la société requérante, à sa demande, le 5 juillet 2017, avant la mise en recouvrement des impositions. Si certains d'entre eux n'ont pas été communiqués dans leur intégralité, en ce qui concerne notamment les procès-verbaux d'audition du gérant de la société Charopro, communiqués sous forme d'extraits, il ne ressort pas de la proposition de rectification et de la réponse aux observations du contribuable que d'autres renseignements ou éléments ne figurant pas dans les extraits ainsi transmis auraient été utilisés par l'administration pour l'établissement des impositions supplémentaires en litige. Par ailleurs, la société, qui n'a en tout état de cause pas été privée d'un débat oral et contradictoire, ne saurait soutenir qu'elle n'aurait pas disposé du temps nécessaire avant la mise en recouvrement, intervenue pourtant plus de trois mois plus tard, pour discuter des éléments ainsi communiqués.
6. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme ayant satisfait aux obligations qui lui incombait en application de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée :
7. En vertu des dispositions combinées des articles 271, 272 et 283 du code général des impôts, un contribuable n'est pas en droit de déduire de la taxe sur la valeur ajoutée dont il est redevable à raison de ses propres opérations, la taxe mentionnée sur une facture établie à son nom par une personne qui ne lui a fourni aucun bien ou aucune prestation de services. Dans le cas où l'auteur de la facture était régulièrement inscrit au registre du commerce et des sociétés et assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée, il appartient à l'administration, si elle entend refuser à celui qui a reçu la facture le droit de déduire la taxe qui y était mentionnée, d'établir qu'il s'agissait d'une facture fictive ou d'une facture de complaisance et que le contribuable le savait ou ne pouvait l'ignorer. Si l'administration apporte des éléments suffisants permettant de penser que la facture ne correspond pas à une opération réelle, il appartient alors au contribuable d'apporter toutes justifications utiles sur la réalité de cette opération.
8. En l'espèce, dans le cadre de la mise en œuvre de son programme " Eco + ", décrit comme un programme consistant à " aider les propriétaires de maisons particulières à effectuer une transition énergétique ", la société Agence des consommations énergétiques a eu recours à plusieurs centres d'appel pour démarcher ses clients potentiels. L'administration a refusé la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée, opérée par la société requérante, figurant sur des factures émises par les sociétés Charopro et Ref Info, au motif qu'elles ne correspondaient à aucune prestation effectivement réalisée.
S'agissant de la société Charopro :
9. Pour refuser la déduction par la société requérante de la taxe sur la valeur ajoutée facturée par la société Charopro, l'administration a relevé, après avoir exercé son droit de communication et s'être notamment fondée sur les éléments relevés dans le cadre de la vérification de comptabilité dont cette société a fait l'objet, comme elle pouvait le faire, que, de création récente, cette société ne disposait ni des moyens humains nécessaires à l'exécution des prestations, en l'absence de personnel, ni de moyens matériels et d'équipements qui lui auraient permis de réaliser les prestations facturées. Elle a relevé que la société n'avait effectué aucune déclaration de résultat ni de taxe sur la valeur ajoutée depuis sa création, et qu'il n'existait aucun échange de correspondances entre les deux sociétés. Elle a également constaté que, bien que son objet mentionne une activité de " call center " (centre d'appel), elle était enregistrée sous le code NAF " Commerce de détail d'ordinateurs, d'unités périphériques et de logiciels en magasin spécialisé ", sans lien avec les prestations facturées à la société requérante. L'administration a eu en outre accès aux pièces du dossier pénal constitué lors de l'enquête diligentée par le pôle financier de Paris concernant des faits d'opérations de blanchiment en bande organisée reprochés au gérant de la société Charopro. Il ressort des procès-verbaux d'audition du gérant de cette société, qui établissent les éléments précédemment relevés, que celui-ci a déclaré au service national de douane judiciaire n'employer aucun salarié, ne disposer d'aucun moyen matériel, n'exercer qu'une activité " d'achat vente de matériel informatique " et ne pas connaître la société Agence des consommations énergétiques. L'administration a également constaté que la requérante n'avait pas été en mesure de fournir des documents de travail émanant de son prestataire permettant d'identifier de façon précise les clients contactés ou démarchés et l'identité des personnes ayant effectué ces démarchages ou prospections, et que les factures en cause ne comportaient aucun détail sur les prestations facturées. Pour contester ces éléments, suffisants pour remettre en cause le caractère réel des opérations facturées, la société requérante soutient que les prestations réalisées par la société Charopro, inscrite au registre du commerce et des sociétés et assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée, ne présentaient pas de caractère fictif. Si, à l'appui de cette allégation, elle produit un contrat signé avec cette société le 15 novembre 2014, un tableau récapitulatif, établi par ses soins, des prestations fournies par la société retraçant les rendez-vous clients, et se prévaut d'une augmentation de son chiffre d'affaires à compter de 2014, ces seuls éléments ne permettent pas de démontrer l'existence des prestations en cause, eu égard aux constatations précitées effectuées par l'administration fiscale. En se limitant par ailleurs à soutenir que les échanges avec la société ont eu lieu via des partages de fichiers (" Dropbox "), n'ayant donc pas vocation à être conservés, la société, qui ne conteste du reste pas l'absence de moyens humains et matériels de la société prestataire, n'apporte pas de justifications suffisantes de l'existence des prestations facturées au titre desquelles elle a déduit la taxe sur la valeur ajoutée. Dans ces conditions, en l'absence de réalité des prestations facturées, ce que la société Agence des consommations énergétiques ne pouvait ignorer, celle-ci n'est pas fondée à contester la remise en cause du droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée déductible afférente aux factures émises par la société Charopro.
S'agissant de la société Ref Info :
10. Pour refuser la déduction par la société requérante de la taxe sur la valeur ajoutée facturée par la société Ref Info, agence de communication, l'administration a relevé, après avoir exercé son droit de communication auprès de l'URSSAF et s'être notamment fondée sur les éléments relevés dans le cadre de la vérification de comptabilité dont cette société a fait l'objet, que cette société, de création récente, ne disposait pas des moyens matériels et humains nécessaires à l'exécution des prestations facturées. Elle a relevé que la société Ref Info n'avait effectué aucune déclaration de données sociales et ne disposait d'aucun local d'exploitation susceptible de déployer une activité en cohérence avec les encaissements dont elle a bénéficié. A cet égard, l'examen de ses relevés de comptes a permis de constater l'absence de paiement de loyers pour l'occupation d'un local et l'absence d'un quelconque règlement au titre d'une consommation d'électricité, de frais de téléphonie ou de déplacement. L'administration a également observé que la société n'avait effectué aucune déclaration de résultat ni de taxe sur la valeur ajoutée depuis sa création, et qu'il n'existait ni contrat, ni échange de correspondances entre les deux sociétés. Elle a en outre constaté, comme pour la société Charopro, que la requérante n'avait pas été mesure de fournir des documents de travail émanant de son prestataire permettant d'identifier de façon précise les clients contactés ou démarchés et l'identité des personnes ayant effectué ces démarchages ou prospections, et que les factures en cause ne comportaient par ailleurs aucun détail sur les prestations facturées. Pour contester ces éléments, suffisants pour remettre en cause le caractère réel des opérations facturées, la société requérante soutient que les prestations réalisées par la société Ref Info, inscrite au registre du commerce et des sociétés et assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée, ne présentaient pas de caractère fictif. Elle produit à cet effet un tableau récapitulatif des prestations fournies par la société et des échanges de mails avec la société. Cependant, ces éléments ne permettent pas de démontrer l'existence des prestations en cause, alors que les échanges de courriels demeurent succincts, limités et ne permettent pas d'identifier avec exactitude la société Ref Info, et que le tableau retraçant les rendez-vous clients, qu'elle a elle-même confectionné, n'est corroboré par aucune autre pièce. La requérante n'apporte pas davantage de justifications suffisantes en expliquant que les échanges avec la société ont eu lieu via des partages de fichiers (" Dropbox "), n'ayant donc pas vocation à être conservés, et en faisant état d'une augmentation de son chiffre d'affaires, qui n'aurait pu selon elle qu'être réalisée grâce à ses prestataires, alors qu'il résulte de l'instruction qu'elle a fait appel à une dizaine d'autres sociétés de démarchage au cours de la période contrôlée. Dans ces conditions, en l'absence de réalité des prestations facturées, ce que la société Agence des consommations énergétiques ne pouvait ignorer, celle-ci n'est pas fondée à contester la remise en cause du droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée déductible afférente aux factures émises par la société Ref Info.
En ce qui concerne l'impôt sur les sociétés :
11. Aux termes du 1 de l'article 39 du code général des impôts, applicable pour la détermination de l'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 209 du même code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : 1° Les frais généraux de toute nature () ".
12. Si, en vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant du montant des charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du même code que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite à l'administration, si elle s'y croit fondée, d'apporter la preuve de ce que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive.
13. En vertu de ces principes, lorsqu'une entreprise a déduit en charges une dépense réellement supportée, conformément à une facture régulière relative à un achat de prestations ou de biens dont la déductibilité par nature n'est pas contestée par l'administration, celle-ci peut demander à l'entreprise qu'elle lui fournisse tous éléments d'information en sa possession susceptibles de justifier la réalité et la valeur des prestations ou biens ainsi acquis. La seule circonstance que l'entreprise n'aurait pas suffisamment répondu à ces demandes d'explication ne saurait suffire à fonder en droit la réintégration de la dépense litigieuse, l'administration devant alors fournir devant le juge tous éléments de nature à étayer sa contestation du caractère déductible de la dépense. Le juge de l'impôt doit apprécier la valeur des explications qui lui sont respectivement fournies par le contribuable et par l'administration.
14. En l'espèce, l'administration fiscale a refusé la déductibilité des factures émises par les sociétés Charopro et Ref Info au motif que ces factures ne correspondraient pas à des prestations réellement servies par ces dernières, au profit de la requérante, et les a ainsi réintégrées dans son résultat imposable. Ainsi qu'il a été dit aux points 9 et 10 du présent jugement, ces factures émises doivent être regardées comme correspondant à des prestations fictives. Par suite, l'administration fiscale était fondée a réintégré dans le résultat imposable de la société Agence des consommations énergétiques les charges afférentes à ces factures.
Sur les pénalités :
15. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ".
16. Pour justifier l'application de ladite majoration, prévue en cas de manquement délibéré par les dispositions du a. de l'article 1729 du code général des impôts, l'administration a relevé que la société Agence des consommations énergétique avait comptabilisé en charges des factures émises par plusieurs sociétés et déduit la taxe sur la valeur ajoutée y afférente, alors qu'il ne s'agissait pas de prestations réelles, et que la société ne pouvait ignorer qu'elle procédait de manière répétée à des déductions de taxe mentionnée sur des factures fictives. En se fondant sur ces éléments, l'administration établit l'intention délibérée de la société d'éluder l'impôt et, par suite, le bien-fondé de cette majoration.
17. Il résulte de tout ce qui précède que la société Agence des consommations énergétiques n'est pas fondée à solliciter la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquels elle a été assujettie au titre de la période en litige. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Agence des consommations énergétiques est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Agence des consommations énergétiques et à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal d'Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
La rapporteure,
Signé : M. VAN DAËLE
La présidente,
Signé : I. BILLANDON
Le greffier,
Signé : G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026